Nous ouvrons la porte et pénétrons dans La Lumière Collective, une grande pièce ouverte et lumineuse entourée d’affiches de films, d’œuvres d’art et de concerts. Une vieille télévision à tube évidée est entourée de livres et de disques au fond de la pièce. Des sièges de cinéma rouges sont disposés sur le côté, au milieu de la pièce, et un projecteur est suspendu au-dessus.

« Alors, ça y est », dit Jean Néant, en accrochant son manteau d’hiver, orné de la police de caractères classique du jeu vidéo DOOM. Néant crée des collages musicaux expérimentaux et électroniques sous le nom de scène de Joni Void. L’album, Every Life Is A Light, est également lié à cet espace, et il est donc logique que son lancement (qui ne sera pas un lancement d’album typique) ait lieu ici le samedi 12 avril avec Quinton Barnes.

Depuis 2016, ce collectif La Lumière est un vivier de créativité – le jour, un studio d’artiste partagé et un espace de résidence avec diverses ressources de production, et la nuit, un microcinéma qui présente des films d’artistes locaux et internationaux et d’autres œuvres vidéo. Néant y a organisé un événement audiovisuel avec son label/plateforme de capsules temporelles, Everyday Ago, en mai 2018. Pendant le set, ils ont collaboré avec Sonya Stefan, l’une des fondatrices de La Lumière Collective, en utilisant un projecteur avec du verre pour illustrer la réfraction de formes abstraites et psychédéliques.
« Nous ne nous connaissions même pas, mais elle jouait des boucles de films 16 mm en direct, tandis que je travaillais avec le projecteur, et c’est ainsi qu’a commencé une collaboration plus longue. Nous avons fait le deuxième album, Mise en Abyme, et tous les éléments visuels étaient d’elle. »
Peu après, Néant est devenu membre du collectif et a déménagé son matériel de musique dans l’espace. À un moment donné, ils ont même vécu dans l’espace pendant un mois. « Le nouvel album est une sorte de capsule temporelle de mes années 2022 à 2023 et est vraiment lié aux événements que j’ai pu faire ici après l’enfermement en 2022. Même le titre est une sorte de référence. »

Espace commun La Lumière

Dans le cadre de leur démarche artistique, Néant est également un grand cinéphile (ils ont quitté la France pour s’installer à Montréal afin d’étudier le cinéma il y a une dizaine d’années), liant toujours un élément visuel et cinématographique à leur musique par le biais des titres des chansons ou des vidéos qui les accompagnent. L’album précédent, Everyday Is A Song, comporte des titres intitulés Present Day Montage et Post-Credits Scene et le début de cet album commence par Everyday – A Sequel , poursuivant ainsi l’univers cinématographique de Joni Void. Ce genre de cinéma autoréférentiel est présent chez Néant depuis la sortie du premier album, bande originale d’un film qui n’existe pas, en 2011, sous le pseudonyme de johnny_ripper.

Néant est aussi documentariste, enregistrant sur le terrain divers sons qui sont souvent transformés en échantillons et utilisés pour alimenter les chansons qui touchent au downtempo, au trip-hop, à l’ambient, au drone et à bien d’autres choses encore. Et comme il s’agit de l’album le plus calme et tranquille de Joni Void à ce jour, avec des chansons qui ne dépassent jamais les 100 bpm, on a droit aux échantillons suivants du genre: le métro de Montréal, les voitures qui passent, les sirènes, le vent et les bavardages indéchiffrables des gens sont vraiment prédominants – tous dans la piste Du Parc (avec N NAO).

Néant cite l’émission documentaire DIY How To With John Wilson comme une « récente influence cruciale ». Cette émission traite de la découverte de soi et des observations culturelles de John Wilson, reflétant presque le travail d’enregistrement sur le terrain et l’identité musicale de Joni Void, l’influence est donc tout à fait logique. Ils citent également comme influence Tsai Ming-Liang, pionnier malaisien du « cinéma situationnel ».

« Je crée de la musique comme je ferais un documentaire. C’est pour documenter, mais aussi de manière imparfaite, parce que j’utilise la musique comme un médium », explique Néant.

« Je sors un disque de 45 minutes et je ne peux pas utiliser tous les enregistrements de Walkman que j’ai eus. La qualité est souvent épouvantable. Même avec l’appareil photo Polaroid, c’est l’idée de l’image imparfaite. L’appareil est très sensible à la lumière, et il y a un flash qui fait savoir à tout le monde que je suis en train de prendre la photo. Ces petites tranches de vie, la documentation que je peux intégrer dans une œuvre, donnent un sens à ces petits moments ».

Sur le plan sonore, Every Life Is A Light est l’album le plus « musical » de Joni Void. « Il y a beaucoup plus d’instruments et on peut distinguer la guitare, la ligne de basse ou la batterie. Les autres sont beaucoup plus abstraits », explique Néant. « L’intention était de faire un album musical.

L’un des aspects les plus forts de Every Life Is A Light réside dans les collaborations musicales qui le caractérisent, presque un pastiche des anciens collaborateurs artistiques et héros de Néant – dans le cas du rappeur Pink Navel sur le morceau Story Board. Il y a aussi la voix drone, dub et minimaliste de N Nao sur Du Parc, et la pop urbaine japonaise deTime Zone de Haco, sorte de légende dans le monde underground de l’avant-pop japonaise avec son groupe After Dinner, et qui se trouve être maintenant un ami en ligne de Néant.

« Bien sûr, je connaissais déjà N NAO parce que nous avions déjà collaboré ensemble sur Mise En Abyme et sur la cassette Simulateur de rêve lucide, mais beaucoup de ces collaborations étaient des coups dans le noir », expliquent-ils.

« Sook-Yin Lee, avec qui j’avais fait un concert, hors de l’enfermement, est devenue une grande amie et il était naturel que nous fassions une chanson ensemble, mais elle m’a vraiment surpris en ajoutant la batterie et la basse. Je ne m’attendais qu’à des voix et, bien sûr, elle a fait une sorte de vidéo musicale avec Dylan. »

Ils poursuivent : « Pour Pink Navel, je suis un grand fan de Ruby Yacht, le collectif de rap de R.A.P. Ferreira dont Pink Navel faisait partie, et qui a pris sa retraite. Pink Navel, qui s’appelle maintenant Devin Music, a fait un live stream en 2020, et je l’ai regardé ici à La Lumière Collective, et je me suis senti comme un enfant regardant les dessins animés du samedi matin avec leur musique. C’est juste, c’est juste que ça parle tellement de l’énergie maniaque d’un enfant. Je m’attendais à une énergie plus maniaque, mais ils sont revenus avec une énergie beaucoup plus discrète, axée sur les jeux de mots, et j’ai adoré.

Joni Void II par Quinton Barnes

Une autre collaboration chère au cœur de Joni Void provient de Joni Sadler Forever , une chanson hommage à la regrettée Joni Sadler, décédée en 2021, qui était un pilier de la communauté musicale montréalaise, portant de nombreux chapeaux en tant que coordinatrice musicale de CKUT, travaillant et faisant du bénévolat avec Suoni Per Il Popolo, Pop Montreal, Lux Magna, et faisant partie de l’équipe légendaire qui a réservé, rassemblé et rendu célèbre la Brasserie Beaubien. Elle a également travaillé chez Constellation Records et était une amie très chère de Néant. Elle a également été une batteuse redoutable pour le groupe Lungbutter, et son jeu de batterie est présent sur la chanson de clôture de Every Day Is A Light.

Pour le concert à La Lumière, Néant ne se produira pas, mais animera une séance de projection de quelques anciennes vidéos expérimentales et de séquences qu’il a prises avec des amis lors de spectacles à La Lumière et d’autres vidéos, comme une petite de son chat Muffin – qui a également une chanson hommage qui lui est dédiée, et qui est décédé en 2024 à l’âge de 20 ans.

« J’ai toujours plaisanté, même à l’époque de ma sortie, Selfless, qu’avec ma musique, le but était de vous faire danser au cinéma et de vous faire regarder des films expérimentaux en boîte », s’amuse Néant.

« Et je l’ai fait, j’ai réussi avec ce spectacle. C’est comme si vous regardiez des films expérimentaux dans la première moitié avec des chaises, et qu’ensuite nous nous débarrassions des chaises, et que vous dansiez le Quinton ».


A/V Co-Release Event for Quinton Barnes CODE NOIR & Joni Void Every Life Is A Light

Photo d’ouverture par Soledad Rosas

Marcus Printup, troisième trompette du Jazz At the Lincoln Center Orchestra, pédagogue du jazz , interprète prolifique et leader d’innombrables enregistrements en studio, donnera une classe de maître et collaborera avec le Big Band de l’Université de Montréal – les 15 et 16 avril respectivement. Le programme comprendra de nombreux arrangements réalisés par Printup lui-même, ainsi que certaines de ses compositions originales. PAN M 360 a eu la chance de correspondre avec M. Printup pour lui demander ce qu’il pensait de la pédagogie, du répertoire et même des routines d’entraînement avant ces deux événements. Cet entretien a été réalisé par Vitta Morales.

PAN M 360 – J’ai appris que vous donnerez une masterclass le 15. Étant donné que vous êtes très sollicité dans le domaine de l’éducation, qu’est-ce qui fait, selon vous, une bonne pédagogie du jazz ? Y a-t-il des leçons ou des approches que vous jugez primordiales pour transmettre des compétences en matière de jazz ?

Marcus Printup : Ma principale préoccupation est d’écouter les maîtres et d’imiter ce qu’ils ont fait. Si je devais lancer un programme de jazz dans une université, l’un des premiers cours que j’intégrerais serait un cours d’écoute. Non seulement j’apporterais de la musique, mais je demanderais aussi à chaque étudiant de présenter de la musique pour notre cours d’écoute. Il y a tant de musique à apprendre. Nous sommes parfois trop pris par l’étude de la théorie… qui est tout aussi importante ! Le simple fait de s’asseoir et d’écouter… d’éteindre le côté analytique du cerveau et de se concentrer sur les oreilles est sublime.

PAN M 360 – Vous avez déclaré précédemment que Amazing Grace était l’un de vos morceaux préférés et qu’en outre, votre exposition à la musique gospel vous a appris très tôt à jouer avec des inflexions de blues. Y a-t-il des hymnes ou des airs du répertoire gospel avec lesquels vous pensez que les gens devraient être plus familiers ?

Marcus Printup : L’un de mes albums préférés est AMAZING GRACE d’Aretha Franklin. Tout le monde devrait connaître ce disque ! Un autre hymne que j’aime est WHAT A FRIEND WE HAVE IN JESUS. Le préféré de ma mère était GOD IS REAL (Dieu est réel). Écoutez Mahalia Jackson la chanter !

PAN M 360 – Le Big Band de l’UdeM interprétera deux mouvements de The Journey Suite; une pièce que vous avez écrite, en partie, sur vos expériences universitaires. En repensant à cette période, y a-t-il un conseil que vous donneriez aux jeunes musiciens qui commencent ou qui sont en train de commencer leurs études musicales ?

Marcus Printeup : Ma devise est d’aller au-delà de ce qui est nécessaire. J’étais toujours le dernier à quitter la salle d’entraînement, généralement vers 3 heures du matin ! Je ne le recommande pas, mais à un moment donné, j’ai compris qu’il fallait aller au-delà de la norme pour atteindre la grandeur. Soyez assidus dans votre pratique et humbles, ayez une grande soif d’apprendre afin de pouvoir exprimer toute la beauté que Dieu vous a donnée.

PAN M 360 : Le répertoire du concert avec le Big Band de l’UdeM est très varié et comprend des arrangements d’œuvres de Max Roach, Antonio Carlos Jobim, Ron Carter, Marcus Miller et d’autres. Avez-vous un penchant pour une époque en particulier en ce qui concerne le répertoire de jazz ?

Marcus Printeup : J’aime TOUTE la musique. Chacun a quelque chose d’unique à exprimer, mais j’ai un faible pour Miles Davis. Il évoluait avec son temps, changeant constamment sa façon de composer et d’interpréter. Ce qu’il jouait, c’était la vie. Écoutez « So What » sur KIND OF BLUE (1959), puis écoutez-la cinq ans plus tard, en 1964, sur l’album FOUR AND MORE. Cette version de « So What » date de quelques mois après l’assassinat du président John F. Kennedy. Notre pays était en pleine tourmente à cause de cet événement et de bien d’autres problèmes. Miles était très conscient du racisme qui existait et on peut l’entendre dans sa musique. Cet enregistrement de 1964 de « So What » (et FOUR) est plus rapide et parfois en colère. Il pleure, il crie. Très intense. Je trouve aussi que c’est plutôt cool que trois des quatre noms que vous avez mentionnés dans votre question aient joué avec Miles !

PAN M 360 : Il a été dit à plusieurs reprises que le mentorat que vous avez reçu du pianiste Marcus Roberts a été extrêmement formateur ; le mentorat fait-il partie intégrante de la tradition du jazz telle que vous la concevez ? Le mentorat fait-il partie intégrante de la tradition du jazz telle que vous la concevez ? Comment le mentorat et la compétition coexistent-ils dans le jazz ?

Marcus Printup : Sans aucun doute. Marcus Roberts est celui qui m’a aidé à canaliser mon éducation gospel dans ma façon de jouer du jazz. Il m’a appris à plier les notes, à chanter à travers ma trompette, ce qui est une marque de fabrique de mon son. Tout cela, c’est grâce à cet homme. Je lui dois tout. J’ai également de nombreux étudiants que j’encadre. C’est l’accomplissement le plus gratifiant que l’on puisse réaliser en aidant les autres à trouver leur voie.

Quant à la compétitivité du mentorat, je n’y vois rien de valable. Nous sommes des musiciens. Nous faisons de la musique pour que les gens se sentent bien. Peut-être qu’une concurrence saine est une bonne chose. Tant qu’elle ne se transforme pas en envie. C’est formidable d’être poussé par quelqu’un de meilleur que soi. Mais en fin de compte, nous essayons tous de faire de la musique et d’exprimer notre âme.

PAN M 360 : Votre routine d’entraînement a-t-elle changé entre le début de votre carrière et aujourd’hui ? Si oui, à quoi ressemble ce changement ?

Marcus Printup : J’apprends de nouvelles choses tous les jours. En fait, ce que je fais le plus, ce sont les sons longs où je parfais mon son. Les sons longs m’aident à développer ma sonorité, à renforcer mon endurance, à obtenir une attaque solide et à améliorer ma tessiture, qui est basse, moyenne et haute.

J’ai beaucoup d’exercices de tonalité longue. Je fais aussi beaucoup d’exercices de langue pour garder ma langue forte, car c’est un muscle qui a besoin d’être utilisé et renforcé. Il en va de même pour les coins de mon embouchure. J’ai des exercices où je renforce les côtés de ma bouche. Les gens me voient faire cela en public et pensent que je suis fou ! Comme je l’ai dit précédemment, l’écoute est un élément essentiel de ma pratique. J’enseigne également beaucoup et je crois fermement qu’il est important de jouer avec mes élèves. Il est important pour moi de montrer à mes élèves que j’ai toujours envie d’apprendre et de progresser !

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Six ans et une pandémie après avoir présenté son dernier album, Pascale Picard revient en force avec son nouvel album aux mélodies accrocheuses Bigger Kids, Bigger Problems,  sorti le vendredi 4 avril dernier. Sur celui-ci, on retrouve dix chansons qui arrivent à point pour le printemps, remplies de soleil et de vent sur le visage.  Country-folk, basse funky, tonalités plus blues par moments… un beau sentiment de liberté et d’auto-affirmation se dégage de l’œuvre. On y passe par l’espoir de maintenir l’émotion bien vivante, par l’envie de s’émanciper, le besoin de dénoncer et la grâce du laisser-aller. Alors que les extraits Jaded , Your Jacket et Bigger Kids, Bigger Problems  tournent déjà depuis quelques mois avec leurs clips respectifs par le duo féminin Agrume Agrume, on a fait le tour des collaborations, des inspirations et des projets à venir de Pascale, qui sort également son premier roman cette année – La note de passage.

PAN M 360: Tu viens de dévoiler le deuxième single à la douceur printanière Your Jacket après avoir lancé Jaded. C’est vraiment une chanson remplie de lumière! D’où t’est venue l’inspiration?

Pascale Picard: Je me suis donné le défi de composer une chanson d’amour heureuse, en n’ayant pas peur que ça soit kétaine. Souvent, mes premières ébauches de chansons, les premières idées sont très simple et « catchy », et puis je me mets à réfléchir, j’ajoute des nouvelles suites d’accords et souvent, ça finit par tuer la magie. Pour Your Jacket  , j’ai choisi de cultiver le côté léger et de rester tout le long sur les mêmes trois accords. Le texte parle de la naissance d’une relation entre deux personnes, quand on sent qu’il y a quelque chose mais qu’on y va encore à tâtons.

PAN M 360: L’album a été réalisé par ton complice et bassiste Alexandre Lapointe. Comment avez-vous trouvé ensemble l’identité de l’album? 

Pascale Picard: Alex et moi nous étions croisés à plusieurs reprises et nous avions plein d’amis en commun, mais nous nous connaissions peu avant de commencer à travailler sur l’album. Je lui ai fait entendre mes chansons en version guitare-voix et ensuite, on a écouté de la musique pendant 2 jours, et parlé des influences à donner à chacune d’elle.  

PAN M 360: Qu’avais-tu envie d’explorer et de partager cette fois, à travers ces dix nouvelles chansons? 

Pascale Picard: J’avais envie de parler des questionnements et des constats qu’on fait  à la mi-parcours, quand on a l l’impression d’avoir atteint la plupart de nos buts. Prendre un moment pour voir si on est heureux où on est et réaffirmer, ou pas, ce dont on a envie pour la suite.  

PAN M 360: Dirais-tu que les longues pauses/périodes d’incubation entre tes albums sont des périodes de décantation nécessaires à ton processus créatif?

Pascale Picard: Pour avoir envie de composer et écrire des chansons, j’ai besoin de sentir que j’ai vécu des expériences et que j’ai des choses à dire. 

PAN M 360: Généralement, composes-tu plus à partir de la musique ou de la voix?

Pascale Picard: Je pars presque toujours avec la mélodie de la voix. Elle peut aussi venir à la guitare, au piano, parfois juste dans ma tête sans instrument. Et la mélodie porte souvent une intention ou une émotion qui m’inspire le thème de la chanson et des paroles.

PAN M 360: Tu parles de la vie qui évolue et qui change, de la capacité à s’en détacher aussi, avec les chapitres qui se terminent et les pages qui se tournent. Dirais-tu que tu avais un besoin de laisser-aller dans cet album? De lâcher prise?

Pascal Picard: Probablement, oui. Je l’ai fait à mon rythme, parce que j’en avais envie, sans aucune pression.  J’ai eu du plaisir tout au long du processus, tout s’est fait naturellement et simplement et je crois que ça s’entend.

PAN M 360: Tu as travaillé avec Charline Clavier et Daphnée Pageau d’Agrume Agrume pour les vidéoclips de chacun des extraits, est-ce que ça a été un coup de cœur?

Pascale Picard: Toute une révélation pour moi! Je connaissais déjà un peu leur travail grâce aux réseaux sociaux, mais la collaboration a été super fluide, naturelle et humaine. C’est une belle gang de la ville de Québec et j’ai pas le choix de dire que j’ai souvent un a priori positif à travailler avec des femmes. Le milieu de la musique que j’ai connu il y a 20 ans était très masculin et les occasions de travailler avec des femmes étaient plus rares. Ça fait du bien de voir que ça change pour le mieux.

PAN M 360: Comment dirais-tu que ton rapport à la musique a évolué, à travers ta carrière?

Pascale Picard: La musique a toujours été un besoin et une passion pour moi. Au début de la vingtaine, elle est devenue le moyen de payer les factures et j’ai réalisé que c’était parfois plus difficile d’entretenir mon amour pour elle quand j’étais « obligée d’en faire ». J’ai plusieurs fois trouvé d’autres moyens pour payer les comptes, parce que je sais que quand je prends une pause, la musique finit toujours par revenir. 

PAN M 360: Tu ajoutes en 2025 une nouvelle corde à ton arc avec la parution de ton premier roman de fiction. Comment ce nouveau projet a-t-il pris vie? 

Pascale Picard: C’est né de l’envie de créer par un autre moyen que la composition de chansons. Pendant la pause imposée au début de la pandémie, je me suis imposé la discipline  d’écrire tous les jours de 9h à 16h pendant 1 mois, sans toutefois avoir d’objectif clair en tête. Au terme de cette période, j’avais en main un beau fouillis d’environs 35 000 mots : c’était le premier jet de mon roman. 

PAN M 360: Qui dit nouveau disque dit nouvelle tournée. As-tu hâte de fouler de nouveau les scènes québécoises, une pandémie et six année écoulées depuis  The Beauty We’ve Found ? 
Pascale Picard: Nous avons monté le spectacle il y a deux semaines avec la formation qui partira avec moi sur la route, et j’ai vraiment hâte d’aller à la rencontre du public aussi bien entourée. C’est le réalisateur de l’album, Alex Lapointe, qui assure la direction musicale du spectacle et qui jouera la basse. Marie-Pierre Bellefeuille (claviers et chœurs) qui joue avec moi depuis 2018, Kenton Mail (batterie) et Endrick Tremblay (guitare) complèteront le band. Aussi, Endrick assurera toutes les premières parties en nous faisant découvrir les chansons de son projet Endrick and The Sandwiches.

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Lucas Debargue est pianiste de concert, mais aussi compositeur et de plus en plus connu en tant que libre penseur du jeu pianistique dont il choisit d’explorer l’univers tonal. Les libertés qu’il prend à interpréter les grandes œuvres lui valent les éloges de ses pairs (révélé par un 4ᵉ prix au Concours Tchaïkovski en 2015) mais aussi les foudres de critiques patentés, pas plus tard que cet hiver lors d’un récital donné à la Philharmonie de Paris. À l’évidence, le musicien français ne laisse personne indifférent. Alain Brunet l’avait interviewé une première fois à l’automne 2017 pour La Presse à la veille d’un récital donné à la Maison symphonique, Debargue revint jouer à Montréal en 2020 et le voilà de retour, cette fois à la salle Pierre-Mercure (dimanche 13 avril, 15h) pour un récital à la mesure de ses goûts et ambitions. Avant son arrivée au Québec, il nous fait la gracieuseté d’un long entretien pour la communauté PAN M 360.

PAN M 360 : Vous ne cadrez pas parfaitement avec l’idée qu’on se fait d’un pianiste de concert. On vous fait plaisir en affirmant cela?

Lucas Debargue : Oui absolument. Les artistes auxquels je m’attache sont ceux qui peuvent créer une singularité. Ce qui me motive à poursuivre ma voie, ce n’est pas une recherche de la singularité en tant que telle. Au fur et à mesure que je déroule cette pelote de mes recherches personnelles autour de l’interprétation et de la composition, y a beaucoup de choses qui viennent et que je veux  aussi exprimer par la parole et par l’écriture. J’écris énormément, je cherche à mettre en forme par un texte, au mieux d’un livre digne d’être partagé et servir à d’autres personnes. Cependant, il ne s’agit pas de donner mon avis, car on donne  aujourd’hui beaucoup trop d’importance aux opinions personnelles à mon avis. L’opinion personnelle n’est intéressante que si elle nourrit une réflexion. Si je pense quelque chose par rapport à une œuvre qui puisse amener des réponses, une réflexion, et me faire avancer aussi, alors là je partagerai. 

PAN M 360 : Vous vous opposez ainsi à tout discours péremptoire sur la qualité d’une œuvre et de son mode d’interprétation.

Lucas Debargue : Certains critiques en musique n’expriment que leurs normes sans expliquer, et cette façon exprimer ses opinions sans partage est répandue sur tous les réseaux sociaux de nos jours. Il vaut mieux nuancer et laisser place à l’incertitude, une des valeurs les plus importantes. En art, l’incertitude, c’est à peu près tout. Si on n’accepte pas que l’on sache peu de choses au départ, on est mal parti. Si on n’éprouve pas cet infini des possibles, ce vertige, on n’est pas interprète. Qu’est-ce que je vais croire et choisir en approfondissant une œuvre et comment je vais choisir une interprétation à partir d’éléments jugés solides, viables. C’est proche de la recherche. Je me suis passionné pour l’interprétation musicale après l’avoir fait pour la littérature et l’analyse de textes. Alors je ne crois pas que l’analyse d’une œuvre en réduit le plaisir de l’écouter; bien au contraire, elle l’augmente. Tout en assumant que le mystère d’une œuvre restera toujours entier, même si on en comprend de nouvelles dimensions. Idem en science : aucun scientifique ne vous dira comment fonctionne la vie! En musique, beaucoup de choses restent irrationnelles, mystérieuses, très difficiles à expliquer. Mais je crois que ce qui peut être expliqué doit l’être et ces explications doivent être partagées.

PAN M 360 : L’interprète doit-il alors aussi fournir des explications dans son approche de l’œuvre?

Lucas Debargue : La formation de l’interprète est curieusement organisée. On met l’accent sur le travail instrumental, l’approche de l’instrument, le doigté, l’exécution, etc. Mais du point de vue du développement de l’oreille, on s’arrête assez vite à un certain niveau où ça devient de l’écriture. Et comme on travaille sur un texte, ça devient difficile d’aller plus loin dans l’interprétation d’un texte sans soi-même être capable de produire un texte. Quand on fait de la rhétorique, c’est difficile d’incarner un texte si on n’est pas capable d’en produire un. Or en musique classique, l’interprétation et la composition sont deux circuits différents à emprunter. Si vous vous destinez à l’interprétation, vous n’atteindrez qu’un niveau faible dans la compréhension de la composition. Pour moi, au contraire, un interprète doit se rapprocher au maximum des compositeurs à partir de ce qu’ils nous ont laissé, d’abord la partition et autres éléments – biographiques, etc.. Il faut savoir plusieurs niveaux de lecture d’une partition. 

PAN M 360 : Soulignez-vous ainsi que les interprètes ne  s’en tiennent qu’à un seul niveau de lecture d’une partition?

Lucas Debargue : Si l’interprète n’est pas capable d’entrer dans les processus de composition, il y a un problème. Ça deviendra difficile de faire la part des choses entre la partition noire de notes et une information brute, soit la trame harmonique de la pièce qui guide les choses. La base d’une pièce est sa trame harmonique, la dominante, la tonique. Autre chose importante : la partition qu’on lit est le dernier degré de réalisation. Il faut alors remonter le temps, enlever différentes couches et trouver l’intrigue. L’intrigue, c’est l’harmonie, autour de laquelle il y a une orchestration du piano. »

PAN M 360 : Et vous laissez entendre que l’interprète n’est pas incité à faire cette démarche de rapprochement avec le compositeur. 

Lucas Debargue : Au début du 20e siècle, on avait encore Rachmaninov, Prokofiev, Medtner… Ça s’est arrêté dans la deuxième partie du 20e siècle, parce que vous avez eu une offensive moderniste très importante. Cette offensive est digne de mention dans l’histoire de la musique, mais elle a eu de graves conséquences, dont l’ultra-spécialisation. Un compositeur est devenu seulement un compositeur qui n’a plus de connexion avec la réalité instrumentale. Le compositeur se met à écrire des choses qui ne sont pas possibles à jouer sur un instrument. L’instrumentiste devient alors complètement déconnecté de la composition, jusqu’à devenir un serviteur, un exécutant soumis à la partition, sans regard critique.

Pour moi c’est un gros problème, c’est terrible et c’est complètement malhonnête de dire « moi je suis un humble interprète-serviteur de la musique ». Mais non, on ne peut pas se mettre comme ça en tant qu’interprète. Évidemment, il faut beaucoup de charisme sur scène pour incarner les œuvres; on se retrouve au centre à un moment, même si on n’est pas le compositeur. Or, au centre, on ne peut pas jouer l’humble serviteur. Vous n’imaginez pas un acteur dire « je suis l’humble serviteur de Shakespeare quand il joue Hamlet ». Non, il doit être Hamlet, sinon ça ne marche pas.

Et donc, il faut à la fois se rapprocher des compositeurs techniquement, en se rapprochant de l’écriture, en ayant davantage de connaissances et de maîtrise de ces éléments-là, et puis en prenant le rôle de l’interprète beaucoup plus au sérieux dans la place qu’il a dans la création d’une œuvre. L’œuvre reste muette quand l’interprète n’est pas là pour son emparer. 

Quand on joue du Beethoven, on fait équipe avec Beethoven, même si Beethoven n’est plus là, pour redonner, enfin, recréer une sonate de Beethoven pour le public. Et le but, c’est que ça soit un choc pour le public. Ce n’est pas de redonner encore, d’imiter la version d’untel ou d’untel. Ça doit être un choc.  

PAN M 360 : Parlons du programme de dimanche à Montréal : Fauré, Ravel, Scriabine et une œuvre de vous-même. Peut-être n’y a-t-il pas de raison justifiant ces choix de programme, mais posons quand même la question :  pourquoi jouer une œuvre composée par un pianiste qui n’a pas 30 ans en 2025, et d’autres  œuvres composées à la fin du 19e et au début du 20e, soit plus ou moins 125 ans avant l’époque actuelle?

Lucas Debargue : Superficiellement, je dirais que Ravel et Fauré avaient un lien dans leur vie puisque Ravel a suivi les classes de composition de Gabriel Fauré, pas pour très longtemps. Il a dit dans sa correspondance que Fauré lui a apporté beaucoup plus que des aspects techniques. 

Ravel a fait ça avec André Gedalge, son professeur d’harmonie et d’écriture, apparemment un génie en matière de pédagogie parce qu’il a aussi formé Darius Milhaud et plusieurs générations de compositeurs. Geldage était un esprit apparemment très très libre et qui arrivait à transmettre l’essentiel en matière de construction de pièces de musique, de logique, de composition, tout en respectant vraiment les individualités des compositeurs. C’est-à-dire qu’il n’était pas du tout comme des professeurs d’harmonie comme Théodore Dubois ou Ambroise Thomas, très raides sur ce que devait être l’harmonie. Gedalge était vraiment très ouvert d’esprit et Fauré l’était également, d’ailleurs beaucoup plus que son ami Saint-Saëns – 

bien sûr, Saint-Saëns est aussi un compositeur génial, mais je pense que le fait qu’il ait été très peu tolérant vis-à-vis de la modernité.

Ainsi, Ravel a dédié à Gabriel Fauré ses Jeux d’eau que je joue dans le programme de Montréal et je trouvais intéressant de les mettre ensemble. Ces deux hommes se connaissaient, qui étaient d’une génération différente –  Fauré était né en 1845 et Ravel en 1875.

Et c’était intéressant de voir la trajectoire d’un Fauré, donc là j’ai choisi cinq pièces de périodes différentes de la vie de Fauré, pour qu’on voit sa trajectoire d’un romantisme de salon assez familier vers une forme de modernité, la tonalité poussée dans ses derniers retranchements, des choses assez expérimentales, très dissonantes. Et les recherches d’un Ravel, lui a trouvé son langage très vite et finalement n’a plus trop évolué à partir de là. C’est-à-dire qu’il est dans les œuvres de la fin de sa vie, mais sa langue harmonique, avec certaines de ses premières pièces, et il y a certaines des caractéristiques du langage de Ravel dans les Jeux d’eau et dans la Sonatine qui font partie de ses premières grandes pièces pour piano.

Déjà pour moi c’était intéressant de mettre dans un même programme, dans deux parties différentes, une œuvre écrite à la même période, une sonate écrite à la même période, qui a des objectifs communs, des intentions communes de la part du compositeur, mais par des moyens différents, qui vont chercher par des moyens différents. La sonatine de Ravel est une sonate.

Une sonatine, c’est une sonate, mais c’est une sonate miniature. Et Ravel a écrit cette sonatine à un moment où Paul Dukas écrivait sa gigantesque sonate pour piano de 45 minutes, et où il y avait cette espèce de surenchère romantique ou post-romantique qu’on voyait dans les symphonies de Mahler par exemple. Chez Ravel, il y a eu très vite une volonté de passer à l’essentiel, moins de temps pour tout dire, aller vers la concision.

Et dans cette sonatine, il montre ça avec brio, parce que c’est vraiment une sonate, c’est même une sonate cyclique, avec les trois mouvements qui sont basés sur les mêmes matériaux thématiques. Tout ça est basé sur le même matériau thématique, on est dans un univers harmonique homogène, dans les trois mouvements et,  en 12 ou 13 minutes, tout est dit. 

PAN M 360 : Et que vient faire Scriabine dans le programme?

Lucas Debargue : J’aime bien mettre cette sonatine de Ravel dans le même programme que cette œuvre de Scriabine. Déjà, elles sont dans la même tonalité, (fa dièse et fa dièse mineur), et c’est intéressant de voir comment les deux compositeurs ont résolu les problèmes différemment. J’ai aussi fait ce choix parce que Scriabine aussi voulait écrire une sonate pour piano qui n’ait pas besoin de 40 ou 45 minutes pour tout dire. Donc il arrive à faire tenir sa sonate en 20 minutes, quatre mouvements. Ce qui est extraordinaire chez Scriabine, malgré cette brièveté, c’est qu’il arrive à donner à cette sonate une dimension symphonique, avec un parcours du premier mouvement au dernier mouvement, un parcours qui est vraiment symphonique et philosophique, métaphysique. Scriabine était très inspiré par Nietzsche, donc il y a cette philosophie là de cette transcendance par la souffrance, par les épreuves, d’arriver en fait à passer des ténèbres vers la lumière. Il y a toute cette espèce d’ésotérisme qui est là, et auquel Scriabine cherche déjà à donner des traductions musicales.

PAN M 360 : Entre, d’une part Fauré-Ravel, et de l’autre, Scriabine, il y a votre œuvre. Alors?

Lucas Debargue: C’était pour me sentir au chaud, d’être bien entouré. Ravel, Fauré et Scriabine font partie de mes influences, bien sûr. Et j’ai aussi, dans cette pièce, utilisé des éléments néo-baroques. Il y a un menuet, comme il y en a dans la sonatine de Ravel, il y a des danses, comme certaines des pièces de Fauré que je vais jouer. Derrière l’apparence d’une suite néo-baroque, d’un parcours, du début à la fin, il y a aussi des liens thématiques entre les cinq parties. Or, ce n’est pas ce qu’on a traditionnellement dans une suite de danses baroques, il n’y a pas forcément des motifs en commun. Là, toute ma suite est construite sur les mêmes matériaux et les mêmes tendances harmoniques. Il y a vraiment une progression de l’ouverture jusqu’à la gigue finale.

PAN M 360 : Au-delà de cette insertion, peut-on parler d’une thématique pour ce programme?

Lucas Debargue : C’était pour moi l’idée de mettre ma propre composition, ma première grande composition pour piano en plusieurs mouvements, au milieu d’œuvres qui partagent, c’est plutôt cette pièce de moi qui partage avec ces autres œuvres, le souci d’une espèce de transformation. C’est un programme qui pourrait s’appeler Transformation, parce que chez Fauré, c’est moins au sein des pièces qu’entre les pièces, où on peut mesurer tout le parcours qu’il y a entre le jeune Fauré et le Fauré de la fin, comment il a développé son langage harmonique. Et dans les autres pièces, c’est vraiment comment Ravel organise une forme sonate parfaite, à partir d’un même matériau thématique qui est transformé, varié de manière très subtile, et comment chez Scriabine, il y a vraiment cette quête de l’absolu, cette transformation.

PAN M 360 : Il y a 125 à 150 ans d’écart par rapport aux œuvres du répertoire que vous allez interpréter et la vôtre. C’est à dire que le piano, la musique, les concepts de l’harmonie, enfin tout a vraiment évolué au maximum depuis le début du 20e siècle jusqu’à maintenant, et vous vous inscrivez quand même dans une esthétique pianistique qui correspond à cette époque-là. Comment négociez-vous votre façon d’aborder le piano, la composition pianistique et l’époque actuelle dans laquelle vous vous trouvez? 

Lucas Debargue :  Je comprends ce que vous dites et en même temps… Je ne cherche pas à démontrer quelque chose idéologiquement quand j’écris de la musique; j’écris vraiment la musique que j’entends, la musique qui me vient. De mon côté, je reprends l’histoire là où elle s’est un peu arrêtée pour moi. Je fais ce qui me semble le plus sincère, le plus honnête et le plus excitant.

J’ai envie d’écrire une musique que j’aimerais découvrir moi-même comme pianiste. Je trouve trop d’excitation dans ce qu’on appelle la langue tonale, même ce qu’on appelle pour être plus précis la langue fonctionnelle.Ce qui compte ici, c’est ce qui me fascine: maîtriser la langue de Bach et de Ravel et de Chopin. C’est ça que je veux maîtriser. Beaucoup plus que la langue de compositeurs plus récents qui, pour moi,  parlent une autre langue. Je ne sais pas qui parle cette langue-là… pas moi en tout cas.

Programme

Saison Prodige – Lucas Debargue, piano

MAURICE RAVEL, Jeux D’eau, M.30

MAURICE RAVEL, Sonatine, M.40 

GABRIEL FAURÉ, Mazurka en si bémol majeur, op. 32

GABRIEL FAURÉ, Barcarolle no.9, op.101

GABRIEL FAURÉ, Nocturne no.12, op.107 

GABRIEL FAURÉ, Impromptu no.5, op. 102 

GABRIEL FAURÉ, Valse caprice no.4, op. 62

-ENTRACTE-

LUCAS DEBARGUE, Suite en ré mineur 

LUCAS DEBARGUE, Prélude 

LUCAS DEBARGUE, Pantomime 

LUCAS DEBARGUE, Sarabande 

LUCAS DEBARGUE, Menuet Guerrier 

LUCAS DEBARGUE, Gigue

ALEXANDRE SCRIABIN, Sonate no.3 en fa dièse mineur, op. 23.

BILLETS ET INFOS ICI

Après plusieurs années de silence, Laurence Hélie revient en pleine lumière avec un nouvel EP intitulé Tendresse et bienveillance — un titre évocateur qui résume bien l’état d’esprit de l’artiste. Celle qui s’était fait connaître au début des années 2010 avec deux albums de country-folk acclamés, avant de faire un virage indie sous le nom de Mirabelle, reprend aujourd’hui son nom d’origine. Un retour aux sources empreint de lucidité, d’émotion et de maturité.

Ses premiers albums intitulés Laurence Hélie (2011) et À présent le passé (2013) présentaient des sonorités country-folk alliés à la voix mélodieuse de l’artiste. Après ce deuxième album, Laurence s’est éloignée de la scène musicale pendant plusieurs années. Elle est réapparue en 2019 sous un nouveau nom : Mirabelle. Optant pour un son indie rock avec des accents folk, elle fait paraître l’album Late Bloomer (2020), suivi du EP Flickering Lights (2023) sous ce pseudonyme. 

Pour se recentrer, revenir à l’essentiel, et aller de l’avant, elle revient aujourd’hui à nous en tant que Laurence Hélie avec Tendresse et bienveillance, un titre illustrant plutôt bien dans quel esprit elle entreprend de se réconcilier avec sa propre histoire.

PAN M 360 a eu le plaisir de s’entretenir avec Laurence Hélie autour de la création de cet EP, de ses collaborations, de ses influences, et de ce que signifie pour elle ce nouveau chapitre. Une rencontre honnête, chaleureuse, tout en vulnérabilité, à l’image de sa musique.

PAN M 360: Bonjour Laurence, félicitations pour ton nouvel EP. Ça s’écoute très bien, je trouve durant un souper aux chandelles, ou en conduisant durant une journée grise.

Laurence Hélie: Merci 🙂 Je suis contente qu’on écoute ma musique lors de soupers aux chandelles. Très hot!

PAN M 360: Dans quel contexte as-tu créé cet EP?

Laurence Hélie:  J’ai de grands élans de musique qui durent quelques mois, pour ensuite se calmer et puis plus rien pendant un bout. Ces élans apparaissent souvent à l’automne. Je m’enferme avec ma guitare et un dictaphone – pour ne pas dire mon maudit cell que j’ai envie de lancer au bout de mes bras le 3/4 du temps – même si en même temps je ne pourrais pas passer une journée sans et c’est ce qui me fait halluciner! Désolée pour ce rant

Cette fois-ci, je n’avais pas trop de ligne conductrice pour débuter. J’étais dans une période assez sombre. J’étais constamment fatiguée. Certains médecins m’ont dit que j’avais sûrement la COVID longue. Je me demandais si je ne faisais pas une dépression. C’était pas vraiment fun et je pensais que toutes mes idées de chansons n’étaient pas terribles. J’ai donc envoyé tous mes bouts de tounes à Navet Confit. Et petit à petit il m’a aidée à construire les casse-têtes et un jour je me suis réveillée et j’avais 5 chansons que j’aimais! J’ai écrit tous les textes une fois les chansons enregistrées. C’était vraiment bizarre de travailler ainsi mais en même temps, les musiques m’ont vraiment full inspirée pour les textes.

PAN M 360: Pourquoi retourner au nom Laurence Hélie? Quelle est la différence entre ce projet et Mirabelle?

Laurence Hélie: Je ne sais pas trop. Au fond, y’a pas tant de différence sauf que je n’ai pas eu le choix de faire le projet Mirabelle pour me défaire de plein de nœuds que j’avais en tant que Laurence Hélie. Je n’aimais plus ce que je faisais, ou du moins, je me sentais prise, je n’avais pas confiance en moi et je ne pouvais plus avancer. Me donner un nouveau nom m’a permis d’explorer, de lâcher prise, et de me faire confiance à nouveau en tant que compositrice, en tant que musicienne, et en tant qu’autrice. C’est comme si je voulais rendre fière la Laurence ado et ses rêves de musique. Maintenant que je suis de retour sur la bonne voie, pourquoi ne pas reprendre mon nom? 🙂

PAN M 360: Comment c’était de travailler avec Karolane Carbonneau et Navet Confit? Comment ces collaborations ont vu le jour?

Laurence Hélie: Je n’arrivais pas à décider avec qui travailler à la réalisation. J’ai donc demandé à Navet Confit (un ami de longue date – on faisait de la musique ensemble au secondaire en Beauce!), Karolane Carbonneau (on s’est connues lorsqu’elle était au son pour mon show de Mirabelle au Lion d’Or en 2021 et ensuite elle a joué de la guitare et de la basse en spectacle avec moi) et Pierre-Guy Blanchard (on a fait deux chansons de noël ensemble avec Navet et ça a été le coup de foudre musical) s’ils aimeraient qu’on forme un genre de monstre dysfonctionnel à 4 têtes. Haha! 

Je sais que dans certaines situations, ça aurait pu être un échec cuisant, tous ces égos, toutes ces sensibilités différentes, mais dans notre cas, ça a été vraiment trop cool. Dès les premières prises, y’a vraiment eu une magie qui s’est installée. Franchement, j’y retournerais demain matin!

PAN M 360: Quelles sont tes influences pour ce EP? Pourrais-tu me nommer 2-3 chansons que tu as écoutées durant sa conception?

Laurence Hélie:  Y’a la toune Boys de Amen Dunes. J’adore ce mec. Je me sens comme full en sécurité quand j’écoute ses chansons. C’est bizarre ha!

J’ai écouté bien du Eric’s Trip parce que… roulement de tambour… j’étais quand même bien passée à côté jadis. C’est Pierre-Guy et Navet qui en ont longuement parlé lorsqu’on était en studio. C’était cool de découvrir quelque chose de nostalgique. Sinon, c’est très éclectique, Sinead O’Connor, Fugazi, SZA, Frank Ocean, Cat Power, Kendrick Lamar, Madlib et beaucoup d’Olivia Rodrigo et du Fredz (j’ai une fille de 9 ans haha!).

PAN M 360: Que représentent les mots Tendresse et bienveillance dans le contexte de ton Ep?

Laurence Hélie: C’est Navet, lors d’une session d’enregistrement qui nous a sorti cette phrase avant une prise: « tendresse et bienveillance les amis». On a parfois tendance à être durs avec nous-même en studio, les émotions à fleur de peau. C’est devenu notre mantra à Navet, Pier-Guy, Karolane et moi. Et c’est devenu le titre d’une chanson et du EP parce qu’effectivement, il en faut partout de la tendresse et de la bienveillance.

PAN M 360: À qui parles-tu dans la chanson Mes sympathies?

Laurence Hélie:  Je parle à une personne qui m’a fait du mal. Et j’ai mis des années à comprendre ce qui était arrivé. Et écrire ce texte m’a permis de panser mes plaies. De passer à autre chose.

PAN M 360: De quel jeu vidéo serait-il question dans Last Chance Lake?  Y a-t-il certains jeux vidéo avec lesquels tu es familière?

Laurence Hélie:  Haha, non! J’adorais Zelda quand j’étais jeune, mais ça me stresse trop les jeux vidéos. Je ne veux pas me faire subir plus d’angoisse que je n’en vis normalement tous les jours 😉 Je mentionne les jeux vidéos dans la chanson plus pour illustrer à quel point nous ne sommes presque plus jamais dans l’instant présent, synchrones avec les autres. Toujours un foutu device dans les mains (on revient à mon amour-haine du téléphone cellulaire).

PAN M 360: Qui fait le saxophone sur Last Chance Lake?

Laurence Hélie: CHRISTOPHE LAMARCHE-LEDOUX!!! Je voulais à tout prix réunir mes collaborateurs de l’époque Mirabelle sur le EP. Je savais que Christo jouait du saxo, mais j’étais loin de m’attendre à ce qu’il nous ponde ce solo de la mort qui tue! (Et y’a Warren Spicer qui chante avec moi sur  More Thrill

PAN M 360: Pour la plupart de tes projets, tu écris autant en français qu’en anglais. Y a-t-il une différence quant à la façon d’aborder l’écriture dans une langue vs l’autre? 

Laurence Hélie:  Souvent on dirait que le sujet impose sa langue. Mais j’adore les deux. Je ne voudrais pas avoir à choisir.

PAN M 360: Qu’est ce qu’on peut te souhaiter pour la suite de ton parcours de vie et dans la musique?

Laurence Hélie:  D’avoir la chance de pouvoir continuer. D’avoir la liberté au jour le jour de prendre le temps d’écrire. De garder cet espace mental malgré tout ce qui se passe autour. Dans le monde. Dans l’incertitude à grande et petite échelle. Tendresse et bienveillance les amis! 

PAN M 360 : Y a-t-il un lancement à surveiller et des spectacles prévus pour toi ce printemps et cet été ?

Laurence Hélie:  Je garde les doigts croisés, pour le moment je ne sais pas.

PAN M 360: Merci pour ton temps et à la prochaine j’espère 🙂

Laurence Hélie:  Merci pour les super questions! Ça a été un plaisir d’y répondre 🙂

Luciano Berio (1925-2003) est le premier nom italien qui vient en tête lorsqu’il est question de musique contemporaine de la seconde tranche du 20e siècle. Surtout pour sa musique instrumentale mais aussi pour ses explorations en territoire électroacoustique, Berio s’est taillé une réputation monumentale dans les avant-gardes institutionnelles, soit à travers ses résidences américaines, françaises, et italiennes il va sans dire. De 1947, année de son entrée dans la vie publique avec l’exécution d’une suite pour piano de son cru, à sa mort en 2003. Berio aura composé cinq quatuors à cordes superbement maîtrisés dans le cas qui nous occupe. Le Quatuor Molinari a mis le temps pour approfondir ces œuvres, les jouer devant public et finalement les enregistrer.  L’intégrale des quatuors à cordes a été rendue publique sous étiquette Atma Classique, profitons de cette sortie encore récente pour en causer à Olga Ranzenhofer, premier violon et directrice artistique du Molinari. L’entretien a été mené par Alain Brunet pour PAN M 360.

PAN M 360: Rappelez-nous l’historique du Molinari avec ces œuvres jouées devant public avant qu’elles fussent enregistrées.


Olga Ranzenhofer :
En effet, nous vivons avec ces œuvres depuis deux ans. Nous avons joué l’intégrale des cinq quatuors de Luciano Berio pour la première fois en mai 2023. Il est toujours bon de laisser dormir des œuvres puis de les reprendre. Nous les avons retravaillées au cours de l’été 2024, puis les avons jouées en concert à l’automne juste avant de les enregistrer. L’année 2025 est celle du centenaire du compositeur et nous allons refaire l’intégrale cette fois pour un important colloque qui se tiendra à l’université McGill en octobre prochain et intitulé Gestures, Words, Sounds: The Creative Worlds of Cathy Berberian and Luciano Berio. C’est vraiment satisfaisant de pouvoir rejouer ces chefs-d’œuvre plusieurs fois, car à chaque reprise on sent que notre interprétation prend de la maturité, on on devient de plus en plus à l’aise avec les quatuors.


PAN M 360 : Aux lendemains de la 2e Guerre mondiale les premières œuvres de Berio sont rendues publiques, son premier quatuor à cordes l’est en 1952 : Study. Où en était alors le compositeur associé encore aujourd’hui à cette vague de musique contemporaine de l’Après-Guerre?

Olga Ranzenhofer: Comme le laisse entendre le titre, c’est une œuvre de jeunesse, une étude. Écrite durant un stage d’été à Tanglewood en 1952, c’est celle d’un jeune compositeur dont la main est déjà sûre, mais qui n’a pas encore trouvé sa propre voix. On y retrouve les éléments d’une écriture classique du quatuor à cordes : mélodie accompagnée, imitations, homorythmie, richesse harmonique, contresujet, etc. Berio a dit de ce quatuor qu’il était même un peu empreint d’un esprit viennois.


PAN M 360: Quelles en sont les caractéristiques? Quels sont les enjeux de l’exécution?


Olga Ranzenhofer:  C’est une œuvre très délicate à jouer : certains nuances étant très douces, il faut trouver la bonne sonorité et une couleur transparente tandis que d’autres passages sont très forts et intenses et en homorythmies. Study est une œuvre courte et pleine de contrastes qui est très agréable à jouer et à entendre.


PAN M 360 : En 1956, était créé Quartetto per archi.  On peut qualifier cette musique de « sérialisme généralisé », qu’en dites-vous?  Comment cette œuvre est-elle construite Comment l’aborde le Molinari?


Olga Ranzenhofer: Quel chemin parcouru en quatre années depuis Study! C’est le système d’écriture qui domine sur la thématique dans cette œuvre. Je vois cette œuvre comme du Webern exposant 10! Comme dans la musique de Webern, chaque note est essentielle et revêt une importance primordiale. La caractéristique principale du sérialisme est que toutes les notes suivent un ordre prédéterminé, qui s’appelle une série. Dans cette œuvre, même les nuances suivent cette méthode. De plus, il n’y a pas d’hiérarchie, toutes les notes sont égales; au niveau des nuances, un ppp est aussi important qu’un fff !
Il y a tellement de paramètres à maîtriser dans une œuvre comme celle-ci : les notes, les rythmes, les nombreux changements de tempo, les articulations, les mode de jeu, les nuances, les vitesses de vibrato, etc. 

Pour réussir à dominer toutes ces informations, on doit commencer par beaucoup de travail personnel. Une des grandes difficultés est aussi de sentir les changements de tempo ensemble, en tant que quatuor. Pierre-Alain, notre violoncelliste nous a créé un «click-track», c’est-à-dire une piste métronomique incorporant tous les changements de vitesse. Ça été un outil essentiel pour pouvoir bien intégrer la rythmique changeante de l‘œuvre.
Lorsqu’on arrive à dominer tous les paramètres, la satisfaction et le plaisir sont très grands. Ça devient même enivrant!


PAN M 360 : En 1964, l’œuvre Sincronie voyait le jour. On dit de cette œuvre qu’elle est issue d’une période de « grande euphorie créatrice ». Au coeur des années 60, Berio était aussi parmi les pionniers de l’électroacoustique, sans toutefois délaisser la musique instrumentale. Comment « l’euphorie créatrice » a-t-elle fait son œuvre dans Sincronie? Quels sont les défis de cette œuvre pour chaque interprète du Molinari?


Olga Ranzenhofer: Il n’est plus question de mélodie ou d’harmonie dans cette œuvre. Tout ce qu’il reste des quatuors précédents ce sont les jeux de timbre très évolués de Quartetto per archi. La préoccupation première de Berio dans Sincronie est le geste. Cet élan est tantôt synchrone dans les 4 instruments, tantôt tous semblent évoluer dans des mondes différents.
Berio exprime très clairement la notion de synchronie : « les quatre participants élaborent la même séquence de blocs harmoniques en disant simultanément la même chose de manière différente ».
L’œuvre est divisée en de nombreuses sections contrastantes. Celles-ci sont parfois presque inaudibles, d’une grande douceur ou méditatives tandis que d’autres sont d’une violence extrême et très fortes.
Cette œuvre est probablement la plus difficile que le Molinari ait jouée. Techniquement, les défis de chaque instrumentiste sont énormes puis à cela s’ajoutent les rythmes complexes à jouer en homorythmie et tous les changements de tempo. Une fois ces défis maîtrisés, le résultat est très impressionnant.


PAN M 360 : En 1993, était créée Notturno (Quartetto III), une commande du Quatuor Alban Berg, dédiée au chef d’orchestre Lorin Maazel. On observe un écart de 29 ans entre cette œuvre et la précédente. Comment cela s’explique?


Olga Ranzenhofer: Pendant ces presque trente années entre Sincronie et Notturno, Berio a beaucoup écrit pour la voix. Même ses œuvres instrumentales deviennent plus vocales, plus expressives. Avec Notturno, son chef-d’œuvre pour quatuor, la voix est celle des victimes de l’Holocauste. En exergue de la partition, Berio cite Paul Celan, écrivain et survivant de cette horreur : « À vous la parole réduite au silence». Le quatuor fait entendre des chuchotements, des soupirs, des bribes de conversations étouffées ainsi que des cris et des affrontements dramatiques. Cette œuvre porte une grande charge émotive. Berio indique les caractères souhaités dans chaque nouvelle section : lontano e parlando, agitato, dolcemente e semplice, deciso, misterioso, obsessivo, immobile, sospeso, etc.
Les nuances extrêmes de pppp irriguent la partition tout comme les jeux de couleurs obtenues par le bariolage sur plusieurs cordes d’une même note créant ainsi un effet de fragilité. L’expression est au cœur de cette œuvre d’une grande beauté.


PAN M 360: En 1997 paraît Glosse. Quelles sont les différences formelles entre cette dernière partie de sa vie et celle des années 40-50-60? Comment cela se manifeste-t-il dans l’écriture de ce quatuor?

Olga Ranzenhofer: Le dernier quatuor de Berio est une pièce de concours. Il avait déjà mis sur papier des esquisses pour une nouvelle œuvre lorsqu’on lui a demandé d’écrire la pièce imposée pour le concours de quatuors à cordes Borciani. Il est donc parti de ses esquisses et les a assemblées sans chercher à créer des liens entre les différentes sections ou à créer une partition homogène et structurée. Bien évidemment, une pièce de concours comprend de grandes difficultés techniques et d’ensemble en plus de mettre en évidence les qualités de chaque instrumentiste du quatuor. Berio a dit de cette œuvre que c’était un commentaire sur un quatuor virtuel, une œuvre qui n’existe pas. On ne peut que sourire lorsqu’on pense qu’au moment d’écrire Glosse en 1997, nous n’étions qu’aux débuts de cette ère nouvelle où le virtuel est devenu omniprésent dans toutes les sphères de la vie quotidienne.

Fin mars, Ariane Moffatt sortait Airs de jeux contre toute attente. Vu la qualité évidente de l’offrande, qualité observée et ressentie, cet album surprise occupe une place de choix sur PAN M 360. Cette nouvelle matière sera d’ailleurs jouée sur scène très bientôt, et ce pour l’année qui suit. Avant quoi Ariane accorde cette interview à Félicité Couëlle-Brunet, riche conversation axée sur le jeu sous toutes ses facettes, dans une vie de création musicale et aussi dans une vie d’interaction avec les humains qui l’entourent, de ses enfants à ses collègues et à son public.

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AIRS DE JEUX SUR SCÈNE

Ariane sera accompagnée en spectacle par Fabienne Gilbert à la basse, Maxime Bellavance à la batterie et Guillaume Guilbault aux claviers et à la direction musicale. 

24 AVRIL 2025 | MINOTAURE | GATINEAU (COMPLET)

8 ET 9 MAI 2025 | BEAT & BETTERAVE | FRELIGHSBURG (COMPLET)

11 MAI 2025 | FESTIVAL SANTA TERESA | SAINTE-THÉRÈSE

23 MAI 2025 | LE ZARICOT | SAINT-HYACINTHE (COMPLET)

13 JUIN 2025 | FESTIVAL DE LA CHANSON | TADOUSSAC

29 JUIN 2025 | SCÈNE DU FLEUVE LOTO-QUÉBEC | TROIS-RIVIÈRES

4 JUILLET 2025 | CHAPITEAU QUÉBECOR | PETITE-VALLÉE

22 AOÛT 2025 | FESTIVAL SUPERFOLK | MORIN-HEIGHTS

11 OCTOBRE | POINTE-VALAINE | OTTERBURN PARK

16 OCTOBRE 2025 | CENTRE NATIONAL DES ARTS | OTTAWA

23 OCTOBRE 2025 | MTELUS | MONTRÉAL

25 OCTOBRE 2025 | IMPÉRIAL BELL | QUÉBEC

7 NOVEMBRE 2025 | THÉÂTRE GRANADA | SHERBROOKE

15 NOVEMBRE 2025 | THÉÂTRE BELCOURT | BAIE-DU-FÈBVRE

21 NOVEMBRE 2025 | LE CARRÉ 150 | VICTORIAVILLE

27 JANVIER 2026 | SALLE DESJARDINS | LA SARRE

28 JANVIER 2026 | THÉÂTRE TÉLÉBEC | VAL D’OR

29 JANVIER 2026 | THÉÂTRE DES ESKERS | AMOS

30 JANVIER 2026 | THÉÂTRE DU CUIVRE | ROUYN-NORANDA

31 JANVIER 2026 | THÉÂTRE DU RIFT | VILLE-MARIE

6 FÉVRIER 2026 | THÉÂTRE DE LA VILLE | LONGUEUIL

25 FÉVRIER 2026 | SALLE ANDRÉ-MATHIEU | LAVAL

26 FÉVRIER 2026 | SALLE ALBERT-DUMOUCHEL | VALLEYFIELD

27 FÉVRIER 2026 | THÉÂTRE HECTOR-CHARLAND | L’ASSOMPTION

13 MARS 2026 | THÉÂTRE LE PATRIOTE | SAINTE-AGATHE-DES-MONTS

14 MARS 2026 | THÉÂTRE DU VIEUX-SAINT-JEAN | SAINT-JEAN-SUR-RICHELIEU

20 MARS 2026 | L’ENTREPÔT | LACHINE

28 MARS 2026 | THÉÂTRE MANUVIE | BROSSARD

2 AVRIL 2026 | THÉÂTRE PALACE | JONQUIÈRE

4 AVRIL 2026 | PAVILLON DE L’ÎLE | CHÂTEAUGUAY

16 AVRIL 2026 | THÉÂTRE DU VIEUX TERREBONNE | TERREBONNE

Arion Orchestre Baroque accueille ce week-end le luthiste français Thomas Dunford, authentique virtuose du luth et chef invité. Citoyen français aux origines franc-américaines, Thomas Dunford est unique en son genre, en ce sens qu’il sait marier les musiques anciennes et baroques au répertoire moderne, des Beatles à Leonard Bernstein, en plus de composer et d’interpréter du matériel original de son cru. Le programme concocté pour les deux représentations à la Salle Bourgie couvre 4 siècles de musique occidentale, soit du luthiste et compositeur anglais John Dowland (1563-1626) à Berstein (1918-1990) en passant par Henry Purcell (1659-1695) et Georg Friedrich Handel (1685-1759). Éclaté, pensez-vous ? À vivre en temps réel avant de se prononcer, soit samedi 19h30 et dimanche, 14h30, à la Salle Bourgie. Pour un avant-goût, visionnez cette conversation avec le bassoniste et maestro Mathieu Lussier, directeur artistique d’Arion Orchestre Baroque interviewé par Alain Brunet.

INFOS ET BILLETS ICI

PROGRAMME:



John Dowland
« Come Again » tiré du First Book of Songs or Ayres
Lachrimae
King of Denmark’s Galliard
« Now, O, now, I needs must part » tiré du First Book of Songs or Ayres

Henry Purcell
The Fairy-Queen, Z.629 (extraits)
« When I am laid in earth » (Dido and Aeneas, Z. 626)

Georg Frideric Handel
Suite nº 4 in en ré mineur, HWV 437 (extraits)
« Guardian Angels » (The Triumph of Time and Truth, HWV 71)
« No, no I’ll take no less » (Semele, HWV 58)

Leonard Bernstein
West Side Story (extraits)

ARTISTES:

THOMAS DUNFORD:  luth et direction
MARIANNE LAMBERT soprano

Arion Orchestre Baroque

Pour conclure sa saison 2024-2015, l’Ensemble Caprice et son chef Matthias Maute, en collaboration avec l’Ensemble ArtChoral, s’offrent La Passion selon saint Jean de Bach, juste à temps pour les fêtes pascales, alors que nous sommes dans l’année liturgique en pleine période de Carême. Œuvre phare du Kantor de Leipzig aux côtés de son autre Passion, celle selon saint Matthieu, à l’effectif choral plus imposant, le récit de la Passion de Christ est magnifié dans cet opéra sacré où la musique de Bach vient accompagner et soutenir avec expressivité et symbolisme les paroles de Jean, de Pilate, de Pierre et de Jésus. Alexandre Villemaire s’est entretenu avec Matthias Maute au sujet de cette œuvre.

PAN M 360 : Pourquoi avoir choisi de conclure la saison de l’Ensemble Caprice avec cette Passion de Johann Sebastian Bach?

Matthias Maute : La Passion selon saint Jean de Bach est une œuvre où se mêlent récits, chœurs et une musique d’une grande profondeur, un vrai opéra sacré qui met en scène une action portée par une musique riche, offrant une conclusion forte à la saison.

On pourrait dire qu’avec sa dramaturgie et son intensité, les musiciens de l’Ensemble Caprice et de l’Ensemble ArtChoral se sentent comme chez eux !

PAN M 360 : Quelle est l’histoire derrière la création de cette œuvre emblématique de Bach?

Matthias Maute : Johann Sebastian Bach a composé La Passion selon saint Jean en 1724, peu après son arrivée à Leipzig, pour être interprété lors du service du Vendredi saint à l’église Saint-Nicolas. S’appuyant sur l’Évangile selon saint Jean, l’œuvre alterne récitatifs, airs et chœurs, créant une narration musicale qui met en valeur le drame de la Passion du Christ. Remaniée à plusieurs reprises au cours de la vie de Bach, cette Passion reflète son engagement à allier profondeur théologique et expressivité musicale.

PAN M 360 : Quel a été votre premier contact personnel avec l’œuvre et qu’est-ce qui vous avait marqué à ce moment-là?

Matthias Maute : Comme musicien, mon premier contact avec cette œuvre a eu lieu dans un orchestre aux États-Unis. Suzie LeBlanc chantait l’air Zerfließemeine Herze et je jouais la partie de flûte. Cet air est un moment sublime, inoubliable.

PAN M 360 : La Passion selon saint Jean est un oratorio, ce qui se rapproche le plus d’un opéra dans le catalogue Bach. De quelle manière le récit des derniers instants du Christ est mis en scène musicalement dans la structure de l’œuvre? 

Matthias Maute : La Passion selon saint Jean alterne récitatifs, airs et chœurs pour porter le récit avec intensité. Les récitatifs racontent l’histoire, les airs expriment les émotions des personnages, et les chœurs incarnent la foule, renforçant le drame. L’orchestre soutient l’ensemble avec une écriture expressive qui souligne les moments clés.

PAN M 360 : Présentez-nous les solistes qui vous accompagneront dans ce concert. Quels rôles revêtiront-ils?

Matthias Maute : La soprano Janelle Lucyk, une étoile montante sur la scène canadienne, interprétera le rôle d’Ancillae. Le contreténor Nicholas Burns tiendra la partie d’alto dans plusieurs arias. Le rôle de l’Évangéliste sera tenu par le ténor Philippe Gagné, alors que le baryton Dion Mazerolle incarnera l’apôtre Pierre et Pilate. Finalement, le rôle de Jésus sera tenu par la basse William Kraushaar.

PAN M 360 : Tout comme dans un opéra, le chœur joue aussi un rôle actif sur le plan musical, mais aussi sur le plan de la dramaturgie. De quelle manière sa participation s’insère-t-elle dans le récit?

Matthias Maute : Dans la Passion selon saint Jean, le chœur joue un rôle central, à la fois narratif et dramatique. Il incarne la foule, intervenant dans les dialogues pour exprimer la ferveur, l’indignation ou le désarroi. Il interprète également les chorals, qui offrent des moments de réflexion et de recueillement, et les grands chœurs d’ouverture et de clôture, encadrant l’œuvre avec solennité et intensité.

PAN M 360 : Y a-t-il des défis particuliers, tant pour les instrumentistes que pour les chanteurs, dans l’interprétation de l’œuvre?

Matthias Maute : Oui, l’interprétation de la Passion selon saint Jean présente des défis pour les instrumentistes et les chanteurs. Pour les instrumentistes, la maîtrise de la grande variété de styles et de textures orchestrales, notamment avec des instruments anciens comme le hautbois da caccia, exige une grande précision. Pour les chanteurs, le défi réside dans l’expression des émotions profondes à travers des récitatifs et des airs exigeants vocalement, tout en maintenant la clarté du texte. De plus, l’équilibre entre les solistes, le chœur et l’orchestre doit être constamment surveillé pour préserver la fluidité du drame musical.

PAN M 360 : Que pouvez-vous nous dire sur la prochaine saison de l’Ensemble Caprice?

Matthias Maute : Une saison haute en couleur vous attend, avec trois concerts exceptionnels à la Maison symphonique. Au programme, le Magnificat de Bach, la Messe en do de Mozart, le Concerto pour violon de Mendelssohn-Bartholdy, la Cinquième Symphonie de Beethoven, la première cantate de l’Oratorio de Noël de Bach, ainsi que des extraits du Messie de Haendel, le tout interprété sur des instruments d’époque. En complément, une série de concerts au mythique 9e, et pour ouvrir la saison, un concert vibrant avec Vivaldi en feu, toujours au 9e.

En plus d’être présenté à Montréal le 4 avril à la Maison symphonique, le concert sera présenté à Québec au Palais Montcalm le 5 avril.

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De Fabreville, Laval, Shawn Volcy est devenu Shreez tout en renonçant aux 400 coups. Ça fait un moment, d’ailleurs: converti au rap à temps complet, Shreez a gagné un prix Socan en 2021 pour son premier album On Frap, suivi de Je Suis Canicule, nommé en 2023 pour l’album rap de l’année à l’ADISQ. Nous voilà au printemps 2025 et les 14 titres de On Frap II sortent sous étiquette 7ième Ciel. Il s’agit d’une sorte de fiction autobiographique couchée sur le gros beat et les grosses basses trap ou drill, aussi sur les riffs mélodiques. Le tout infusé dans un français afro-antillais typique du hip-hop montréalais. En outre, l’opus est assorti de collaborations avec les rappeurs français Jogga et La Kadrilla, sans compter Salgrimo et Jujuu on That Beat qui montent dans le rap montréalais. ALAIN, son fidèle complice, assure la majeure partie du beatmaking pour le texte et ses transitions instrumentales. Peu avant la sortie officielle de On Frap II, Shreez a accordé une interview vidéo à Alain Brunet pour PAN M 360.

Avec Obsession, la violoniste Marie Nadeau-Tremblay propose un nouvel album envoûtant où la répétition, la variation et une intensité obsessionnelle servent de fils conducteurs. Dans cette entrevue avec PAN M 360, elle revient sur la genèse du projet et sur la démarche d’enregistrement. Son jeu, affirmé, moderne et d’une grande sensibilité, s’épanouit pleinement dans cet album entièrement en tonalités mineures. Enregistré par ATMA Classique en l’église Saint-Augustin de Mirabel, l’album séduit par la qualité de sa prise de son, qui met en valeur les variations de textures et la chaleur du violon.

PAN M 360 : En quoi le titre de votre album, Obsession, se transpose-t-il dans celui-ci?

Marie Nadeau-Tremblay : Le Cambridge English Dictionary définit l’obsession comme étant « something or someone that you think about all the time » [quelque chose ou quelqu’un à quoi ou à qui vous pensez tout le temps]. Merriam Webster propose autre chose : « a persistent disturbing preoccupation with an often unreasonable idea or feeling » [une préoccupation dérangeante et persistante concernant une idée ou un sentiment souvent déraisonnable]. Le Larousse, de son côté, définit l’obsession comme une « idée répétitive et menaçante, s’imposant de façon incoercible à la conscience du sujet, bien que celui-ci en reconnaisse le caractère irrationnel ». 

C’est sans doute cette définition, plus exhaustive, qui résume le mieux le thème de cet album, s’il est seulement possible de tout condenser sous un seul thème. Ces pièces ont beaucoup en commun. Chacune présente des caractéristiques obsessionnelles :  un thème et ses variations [« La Furstemberg », La Folia, Une jeune fillette], une ligne de basse continue répétée [les pièces de Buxtehude et de Biber], ou un thème de rondo envoûtant qui revient sans cesse de manière obsédante [Francœur]. 

Le choix des tonalités est également restreint, chaque composition étant écrite en , sol ou la mineur. Cela dit, je n’ai rien contre les tonalités majeures : beaucoup de mes œuvres préférées mettent en valeur ces tonalités capables selon moi d’exprimer des émotions infiniment plus complexes que les tonalités mineures, qui sont naturellement plus directes et sans ambivalence. Prenez, par exemple, le « Kyrie » de la Messe en do mineur de Mozart, l’une des plus grandes œuvres musicales jamais écrites, à mon sens. Le ton décidément menaçant, lugubre et funèbre du thème initial, la marche lente des cordes et l’entrée du chœur arrivant comme un jugement divin inexorable ne laissent planer aucune ambiguïté. Ce sont des lignes musicales sombres, parmi les plus sombres jamais écrites. Pourquoi donc est-ce seulement à l’arrivée d’un thème majeur porté par la soprano solo, à la 34e mesure, qu’une émotion incroyablement puissante envahit l’auditeur, si complexe qu’il est presque impossible de la mettre en mots ? Je ne peux penser qu’à un oxymore comme « chagrin lumineux » pour la décrire. Tel est le pouvoir des tonalités majeures. Cet album, cependant, en est complètement dépourvu, abstraction faite de neuf brèves mesures en mi bémol majeur dans le Lento de la Sonate en trio, BuxWV 261, de Buxtehude. Il y avait quelque chose dans l’homogénéité d’un album constitué uniquement de compositions en mineur qui me captivait, du fait surtout que l’album parle d’obsession, d’enfermement dans des répétitions en boucle. Je voulais qu’il se dégage de l’ensemble des œuvres un effet de transe. J’espère que le récit que j’ai ainsi tenté de tisser est convaincant.

Je possède certains traits d’une personnalité obsessionnelle, et cet album, conçu selon mes goûts et mes inclinations, en est le reflet. Enfant, j’aimais tellement les gommes à effacer qu’à l’âge de dix ans, j’ai fabriqué plus de 200 petits personnages avec des gommes et des agrafes, chaque personnage ayant son étiquette nominative. Pendant mon adolescence, j’aimais tellement les olives que mes parents m’en ont offert à Pâques plutôt que le chocolat traditionnel. Pour mes 17 ans, mes camarades de classe m’ont préparé un « gâteau aux olives », un tas d’olives surmonté de glaçage. Cette année, je ne saurais dire combien de fois j’ai écouté l’enregistrement des Variations Goldberg (1981) de Glenn Gould, des centaines de fois certainement. Toute ma vie, j’ai été fascinée par les insectes, au point de partager librement ma maison avec des mantes religieuses en liberté et d’autres créatures. J’ai toujours été comme ça. Bien que cela puisse poser problème à certains égards, cette caractéristique peut sans doute être mise à profit dans la réalisation d’un produit artistique achevé. C’est du moins ce que j’ai essayé d’accomplir avec cet album. 

(Réponse tirée du livret de l’album.)

PAN M 360 : Comment avez-vous sélectionné les pièces de cet album? Y a-t-il des œuvres dont vous avez pris un plaisir particulier à redécouvrir?

Marie Nadeau-Tremblay : Je choisis toujours du répertoire qui me plaît et que j’ai envie d’écouter et de jouer. Je choisis aussi des pièces pour lesquelles il n’y a pas déjà un enregistrement qui me plaise assez pour que je ne pense pas pouvoir en produire un que j’aime davantage. (Je ne dis pas que ma version soit “meilleure”, car, heureusement, ce concept ne veut rien dire en musique. Simplement que, personnellement, je préfère mon interprétation. Et cela ne réussit pas toujours, mais c’est du moins mon ambition.)

PAN M 360 : Pour ce projet, vous êtes entourée de musicien·nes d’exception, dont Mélisande Corriveau, Eric Milnes et Kerry Bursey. Comment s’est fait le choix des interprètes ?

Marie Nadeau-Tremblay : Je connais et collabore avec ces musiciens depuis plusieurs années. Nous nous connaissons donc bien musicalement, et je savais que leur jeu et leur vision exceptionnels seraient des atouts majeurs pour ce répertoire. 

PAN M 360 : Pouvez-vous nous parler du processus d’enregistrement ? Où et comment l’album a-t-il été enregistré ?

Marie Nadeau-Tremblay : Il a été enregistré par ATMA Classique à l’église Saint-Augustin de Mirabel, un endroit chouchou d’ATMA. Comme c’est la norme avec ce genre de projet, nous avions 3 jours pour tout enregistrer. Après, il y a eu une longue période d’attente d’un an et demi avant la sortie de l’album, période pendant laquelle j’attendais impatiemment d’entendre le résultat. Finalement, je suis contente. Cet album représente bien qui j’étais au moment de l’enregistrer. 

PAN M 360 : Avez-vous une approche particulière quant à la sonorité ou à l’acoustique recherchée?

Marie Nadeau-Tremblay : Oui. Je recherche un son de velours lumineux. 

PAN M 360 : Vous avez réalisé un vidéoclip sur La Foliade Michel Farinel. Avez-vous d’autres projets similaires en cours ou des occasions à venir où l’on pourra entendre l’album Obsession?

Marie Nadeau-Tremblay : L’album est sur toutes les plateformes d’écoute. Nous avons eu un très beau lancement le 25 octobre 2024 à Tokyo, au Japon. Je reviens tout juste d’une tournée avec les Jeunesses musicales avec Kerry Bursey, dans laquelle nous avons joué quelques pièces de l’album, avec notre collègue Tristan Best à la viole. D’autres projets viendront.

crédit photo : William Kraushaar

Kizaba, qui signifie savant ou philosophe en lingala, incarne bien son nom. Toujours en quête d’expériences nouvelles, il n’a pas peur d’être avant-gardiste dans tout ce qu’il fait. Avec Future Village, il nous propose un retour à l’ancestral, toujours avec sa touche électronique et afro-futuriste. Celui qui est constamment sur la route, entre Asie et Amérique latine en passant par l’Afrique, se posera à Montréal le temps du lancement de son troisième album le 12 avril au Théâtre Fairmount. Pour l’occasion, il nous réserve plusieurs surprises, entre autres une peinture live, un pop-up avec des vêtements de sa future collection ainsi que des performances de danse. Bref, tous les ingrédients qu’il faut pour une soirée à l’image de l’artiste, mêlant musique, danse et mode. Notre journaliste Sandra Gasana a pu s’entretenir avec Kizaba pour PAN M 360.

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