Éric Dion a posé les bases de son art chansonnier au sein du duo gaspésien Dans l’Shed qu’il constitue avec André Lavergne, ce qu’il précise davantage dans le volet solo de sa carrière. Éric Dion a fait paraître cet hiver L’origine du vent, autoproduction en licence sous étiquette acadienne Le Grenier musique. Coréalisé avec Martin Hogan et Éric Blanchard et enregistré au Studio Hogan de Grande-Rivière, cet opus a fait grandir Éric Dion dans sa quête « gaspericana » pour reprendre le titre de son album précédent avec Dans l’Shed (2018), néologisme inspiré de cette catégorie consacrée sur ce continent, americana, que PAN M 360 qualifie souvent de « kebamericana » lorsqu’il s’agit de ce style priorisé en chanson keb franco. En voilà une déclinaison régionale ! Les chansons de cet album sont des diffractions poétiques d’une existence vécue dans le bled natal d’Éric Dion, New Richmond, dans la Baie des Chaleurs, et aussi en d’autres lieux évocateurs de sa Gaspésie bien-aimée. Une vie mise en rime, quoi : amours, passions, ruptures, amitiés, parentalité, fuites et escapades en nature gaspésienne. Joint chez lui pour une interview vidéo, il nous cause des origines de ses chansons qui sont tout sauf du… vent.

Le samedi 4 avril au club Dièse Onze à Montréal, le trompettiste Jacques Kuba Séguin recevra trois excellents musiciens issus de la riche scène jazz polonaise. Rafał Sarnecki à la guitare, Piotr Lemańczyk à la contrebasse et Adam Golicki à la batterie fouleront pour la première fois une scène canadienne. Et ce ne sera que le début d’une tournée canadienne qui les mènera ensuite à Halifax, Edmonton, Calgary, entre autres. J’ai parlé avec ‘Kuba’’ de cette tournée et du programme polonais qui soutient l’exportation internationale de ses meilleurs talents musicaux, une source d’inspiration, peut-être, pour le Québec. 

DÉTAILS ET BILLETS

La pianiste Gentiane MG sort son quatrième album le 27 mars 2026. Can You Hear the Birds? reprend le format cher à l’artiste québécoise, soit le trio jazz classique (piano-contrebasse-batterie). Discussion avec Gentiane pour qui les oiseaux deviennent la métaphore d’une écoute plus attentive du monde qui nous entoure. En plus d’une tournée européenne en avril, Gentiane fera aussi une tournée canadienne en novembre, avec un avant-goût à Québec au mois de mai.

Tournée canadienne

21/05 – Québec – Palais Montcalm

05/11 – Vancouver

06/11 – Edmonton

07/11 – Calgary

08/11 – Saskatoon

13/11 – Toronto

14/11 – Waterloo

À la base, ce morceau, qui avait été écrit il y a plusieurs années, devait figurer dans l’album de David Cairol mais à la suite d’un coup de fil de Taïro, une nouvelle version plus dub est née, rajoutant une note d’espoir à la version originale. Et cette chanson tombe à point dans le contexte mondial actuel.

Pour ses deux premiers albums, David Cairol, auteur-compositeur-interprète originaire de la côte basque, était plutôt en mode solo. Mais depuis lors, il enchaine les collaborations. Avec ses nombreux voyages en Jamaïque, il a créé de forts liens au fil des années et a eu l’occasion de rencontrer plusieurs grands noms du reggae jamaïcain.

Après un premier single « Building Bridges » qui a ensuite donné naissance à une série d’EP intitulée « Bridges », le morceau « Ticket pour Mars » figure dans la série « French Bridges ». Notre journaliste Sandra Gasana a pu échanger avec l’artiste, en direct de Biarritz, pour en savoir plus sur le morceau mais aussi son parcours artistique.







Sauf un projet parallèle lancé en 2018 (Avenues), K.Maro avait ralenti la cadence dès 2010, année de la sortie de l’album 01.10. On était déjà loin de la gloire engendrée en 2002 par les tubes de l’album I Am à l’ancienne, suivi de La good life en 2004 et de Perfect Stranger en 2008.

Place de Loréane Vol.1 n’est pas un album hip-hop, c’est une autre vie de K.Maro qui s’exprime à travers un alliage de chanson française et de synth-pop/synthwave sans renier les arômes hip-hop de ses vies antérieures. K.Maro voit dans cette nouvelle inspiration « un voyage rétro futuriste qui explore les intersections entre les machines et l’organique, la technologie et l’analogue et surtout, qui nous replonge dans les années 80/90 tout en étant irrésistiblement moderne et actuel. »

En 2025, Cyril Kamar (de son vrai nom) a d’abord tourné avec un spectacle commémoratif de son époque glorieuse où le Montréalais d’origine libanaise enflammait (surtout) l’Europe francophone. Des années d’implication dans le monde de la production et de l’enregistrement ont suivi, et le revoilà de retour à la création, mais cette fois sous la forme de chansons pop de qualité, aux textes soignés, et porteurs d’un réalisme inquiet et préoccupé.

 K.Maro est aussi de retour sur scène, cette fois dans des dimensions plus intimes. Le 1er avril à Ausgang Plaza, K.Maro interprétera la matière de son nouvel album, le tout persillé de classiques assurément souhaités par ses fans.Ceinturé de samplers, beatboxes et autres synthés analogiques, K.Maro se produira aux côtés d’Olivier Pépin dit Jalouse, ainsi que de la claviériste Sheenah Ko. Rendez vous Place de Loréane sur… la Plaza Saint-Hubert !

Pour en savoir davantage sur K.Maro, visionnez cette grande interview!

BILLETS ET INFOS ICI

Que reste-t-il de beauté en cette époque formidable? La pianiste et compositrice montréalaise Gentiane MG pose la question : Can You Hear the Birds? Et y répond par 8 pièces de jazz moderne, aux côtés du contrebassiste Levi Dover et du batteur Mark Nelson, avec qui elle travail depuis un moment déjà et avec qui elle a créé sa signature en tane que pianiste, compositrice, leader. L’album paraît le 27 mars, sous étiquette Effendi qui en assure la distribution.

Une expérience « ancrée dans la confiance, l’intuition et l’expression collective », disent avec raison les notes promotionnelles. Quatrième album de Gentiane, Can You Hear the Birds? est l’album de l’heure côté trio jazz québécois, côté groove, côté richesse harmonique, côté cohésion, côté son d’ensemble.

Entre autres informations bien senties sur son œuvre, vous observerez dans cette interview vidéo que Gentiane MG a initié une méthodologie singulière pour cet album , c’est-à-dire à partir « d’un processus créatif basé sur l’écoute plutôt que sur une construction intellectuelle, donnant à la musique un sentiment d’immédiateté, de fluidité et d’expérience vécue ». Cela s’est manifesté par une première transmission orale de ses souhaits compositionnels, pour ensuite se structurer autour de partitions.

Bref, regardez cette interview!

Publicité panam

“Spiritual” and “content” are two words that, when paired together, form an ironic, flattened preface to a musical album. But for a band like Sunglaciers, whose music is somewhere between art-pop and punk, contradictions are inherent to the process.

Spiritual Content, released today on Mothland Records, is no deviation from this band’s previous spirit of experimentation.

As they explain, their newest album brings something entirely new to their songwriting: an other-oriented approach, one that tells stories unrelated to themselves. In this way, the songs are more personally detached, yet strangely, more intimate. Accentuated by a vast spectrum of styles, Spiritual Content suggests a feeling of “universality” that ties the narrative together. Slowly, the album’s title begins to take its full meaning.

A fully fledged instrumental album that holds together almost seems like a miracle in today’s musical industry. Was it by some chance coincidence, a force of nature? Following this interview, I’m beginning to suspect it’s none of the above, as Sunglaciers’ lifelong dedication to their craft simply means they have a heightened instinct for musical poetry.

PAN M 360 : First of all, congratulations. 

Sunglaciers : Thank you! We are proud of it an excited to share. 

PAN M 360 : Spiritual Content arrives two years after Regular Nature. Is that timing a coincidence, or is there a connection between the two?

Sunglaciers : Actually, our last 3 records (Subterranea, Regular Nature, and now Spiritual Content) all have release dates in late March, two years apart. Maybe it’s a coincidence; or maybe we’re the ones responsible for giving you spring fever (or allergies).

PAN M 360 : The album credits are shared among Evan Resnik, Mathieu Blanchard, and Nyssa Brown. What did the songwriting process look like, from initial idea to studio recording?

Sunglaciers : Kyle Crough is in there too! Can’t forget about our Road King. The Illuminator. He and Nyssa are the best! This collection of songs started with Mathieu and I building some grooves and passages with drums and bass. Once we had the structures, it was easier to add vocal melodies and a couple of instruments to the mix. We wanted to take the same approach with each song to build a sonic through-line between them and superglue them together. Keep the record sounding consistent. Our sound is always shifting and can be spontaneous; this approach sort of helped us pick a vibe and stay in it.

PAN M 360 : “Future Free” draws on Emily Roebling and other under-recognized historical figures. Was there a specific catalyst -or an accumulation of events- that made this theme essential to the album?

Sunglaciers : Mathieu has been a driver of my own learning for a few years now. He’s really good at suggesting interesting directions for us to take, and it was his idea to take our songwriting outside of our individual selves for this record, and tell some inspiring stories. A lot of that came from reading books about history, music, and musicians, and watching documentaries and television. Roebling’s story is essentially that she became the worlds first female field engineer in the early 1900s. She ended up being the cheif engineer of the Brooklyn Bridge, sort of in secret at first, when her husband got the bends, but when he never recovered she officially took over. For Eddy it was a combination of his genre-bending and pioneering approach to production, along with all the roadblocks he faced as a person of colour in an unfamiliar place. While he’s known for Electric Avenue, which is sic, he also produced and wrote a ton of cool stuff for others.

PAN M 360 : I was surprised to see J Dilla listed as an inspiration for “Dead Stop.” What about his work resonated with you?

Sunglaciers : Yeah same kinda thing! Dilla was obviously a sampling virtuoso, and sampling is something we developed a keener interest while recording our first LP on Mothland, Subterranea. Just the ability to create something totally magical and brand new out of a few chopped up segments of forgotten art, that is something I find super interesting. He also had unstoppable work ethic. He was relentless in everything he did. Relentless approach to experimentation, new ideas, and just putting in the work, even on his deathbed. We’ve been developing a stronger and more intimate relationship with music since we started this band and creating alot of it is something we’re gonna do until the very end!

PAN M 360 : What kept you motivated to push through the difficult moments and complete this album?

Sunglaciers : Gratefulness for where we’re at as a band, our growing friendship and the love we feel from our label and community. The stories mentioned above, and learning more  history helps put things in perspective as well. This is it, this is our thing. Not Sunglaciers, necessarily, but music creation in general. And people have tried to do this in one form or another for thousands of years, thousands! Anything worth doing, you learn pretty early on that you’re going to have to take the setbacks that come along with it in stride. I’m not gonna let some inconvenience, disappointment, or a disagreement get in the way of anything on a larger scale. Life’s too short to let the little shitty things weigh on you – there’s shit to do! 

PAN M 360 : Sunglaciers has been described as “post-everything art pop with a punk attitude.” Was there a particular moment when you felt you truly found the band’s sound?

Sunglaciers : I think there was a moment when we found some “essence” in how our individual creative tendencies interact with each other. And I think now we’re at a point where we can recognize when we’ve trapped that essence in a song idea and say, “that sounds like it needs to be a song.” It’s not a sound, per se, more of a feeling. If we have a “sound”, I would hope that it’s always in motion while being distinctly us. I want to have many different “sounds” that contain this special, ineffable feeling that makes someone say “Oh, that’s Sunglaciers for sure.” Like Bowie or Cate Le Bon!

La rumba catalane connaît un regain d’énergie avec Maruja Limón, sextuor exclusivement féminin (auquel s’ajoute exceptionnellement un guitariste mâle sur scène) avec deux front women, Sheila Quero et Esther Gonzales. Approche bicéphale ! La vibration de Barcelone! La rumba de cette région, elle provient de la rencontre entre le flamenco gitan et le groove afro-descendant et ses variétés de rumba, congolaise ou cubaine. Depuis très longtemps, la rumba catalane se peaufine de génération en génération. Entre autres exemples marquants, les décennies précédentes ont connu les divertissants Gypsy Kings (côté Arles en France) dans les années 80-90, l’excellent et visionnaire Ojos de Brujos dans les années 90-2000, tant d’autres. De cette rencontre entre la rumba et bulería avec sa gratte frénétique des guitares, mais aussi le son (ancêtre de la salsa et le mambo cubains ou même le rock, la rumba catalane  nous préparent de nouvelles déflagrations.

BILLETS ET INFOS ICI

Peu ou pas connues à Montréal, les musiciennes de Maruja Limón se proposent de  briser les glaces tardives de mars et de les faire fondre au Ministère, ce dimanche 29 mars.

Jointe  mercredi à Cleveland au terme des prises de sons préparatoires au concert de mercredi, la percussionniste Elisenda Fabregas est contactée sur WhatsApp, pour un avant-goût de dimanche.

PAN M 360 :  Maruja Limón  est une formation vraiment explosive! Deux chanteuses aux voix ensablées, machine huilée au quart de tour.

Elisenda Fabregas : Oui, c’est différent. Nous mélangeons la manière traditionnelle de jouer la guitare ou la trompette, ou encore le chant flamenco. Et nous mélangeons le tout avec les nouvelles technologies, les instruments de production électronique. Nous aimons mélanger le traditionnel et le folklore avec les instruments contemporains. 

PAN M 360 :  Il y a clairement une évolution dans la tradition de la rumba catalane.

Elisenda Fabregas :  Oui, bien sûr! Nous avons  d’abord appris à jouer la rumba comme elle était habituellement jouée chez les générations précédentes. Et puis nous nous sommes appuyées sur le présent, et le présent, c’est l’universalisation et donc l’usage d’influx du monde entier, notamment sur le plan des technologies. Nous aimons cette approche.

PAN M 360 : Vous êtes un groupe exclusivement constitué de femmes (sauf un homme guitariste en tournée, Cristóbal Salazar, qui remplace votre collègue Vicky Blum) ce qui est rarissime dans le monde de la rumba. Comment voyez-vous cette contribution pionnière?

Elisenda Fabregas :  Le flamenco et la rumba sont joués par les hommes, les femmes y chantent et y dansent mais ne jouent pas les instruments. Nous sommes différentes en ce sens.

PAN M 360 : Comment cela est-il perçu par le reste de la communauté rumba? 

Elisenda Fabregas : Nous avions commencé en jouant dans les bars flamenco. C’était très traditionnel, avec la guitare, le cajon et les chanteurs. C’était il y a 10 ans, donc vous pouvez imaginer que nous avons eu le temps de changer l’affaire. Maîtriser notre musique et puis offrir des productions plus modernes. Mais notre route provient  toujours de la rumba et du flamenco traditionnels. 

PAN M 360 : Le flamenco est un ancêtre de la rumba qui a eu un rendez-vous avec la musique afro-cubaine et les métissages se poursuivent!

Elisenda Fabregas : Oui,  nous mélangeons la rumba, le flamenco et peut-être d’autres choses aussi, d’autres styles latins et aussi la pop.

PAN M 360 : Mais encore? On écoute votre musique et on remarque d’abord l’usage dynamique des instruments acoustiques ou électriques. Par exemple, l’électronique n’est pas si évidente à l’écoute.

Elisenda Fabregas :  Non, ce n’est pas si évident, effectivement.  S i vous écoutez Miralas, par exemple, c’est un mélange de flamenco et de rumba à l’intérieur duquel nous utilisons des outils électroniques. En live, autre exemple, la basse électrique est couplée à l’électronique, elle peut déclencher d’autres effets sonores. 

PAN M 360 : Autres singularités?

Elisenda Fabregas :  Nous avons deux chanteuses au lieu d’une, ce qui augmente notre puissance de frappe!  Il y a aussi des chorégraphies au programme, car Sheila peut danser!

PAN M 360 : À vue de nez, vous formez un noyau extrêmement solide, on sent que votre machine est huilée au quart de tour!

Elisenda Fabregas : Merci!  Nous ressentons de la fierté pour notre territoire,  pour la culture catalane, pour notre capacité à intégrer  nos traditions dans la culture contemporaine mondiale. C’est important pour nous.

PAN M 360 : Vous êtes toutes de la nation catalane? 

Elisenda Fabregas : Majoritairement, oui. Notre trompettiste vient toutefois de Galicie, au nord-ouest de l’Espagne. Nous sommes toutes installées à Barcelone.

PAN M 360 : Une ville magnifique et tellement vibrante!

Elisenda Fabregas : Oui c’est une très belle ville, j’y suis depuis longtemps!

PAN M 360 : Et toi Elisenda, tu ne joue pas que le cajon, un instrument typique du flamenco et de la rumba. Quelle est ta pratique de la percussion?

Elisenda Fabregas : Je joue de la batterie, mais aussi du cajon, des percussions latines et arabes.  Je joue aussi les percussions dans le groupe  Balkan Paradise Orchestra. 

PAN M 360 :  Quels seront les prochaines étapes pour Maruja Limón ? 

Elisenda Fabregas :  Peut-être plus dans le sens du rock ou même du funk. Nous aimons aussi ajouter de la guitare électrique, un peu comme l’avait fait le groupe prog espagnol Triana dans les années 70 et 80.

PAN M 360 : Jouez-vous essentiellement en Espagne?

Elisenda Fabregas : Nous donnons beaucoup de concerts en Espagne et sur le territoire catalan, mais nous nous en éloignons de plus en plus souvent, en France, en Suisse, en Allemagne. Nous tournons actuellement aux États-Unis, nous sommes à Cleveland et puis nous jouons ce week-end au festival Big Ears à Knoxville avant de venir à Montréal  et London en Ontario, pour la première fois.

PAN M 360 : Alors bonne tournée et bienvenue à Montréal!Elisenda Fabregas : Merci et à dimanche!

Photo : Philippe Remond pour les Transmusicales de Rennes

Publicité panam

Virtuose de l’orgue, l’Anéricain Cameron Carpenter est de retour au Palais Montcalm ! En 2024, il s’était produit à l’occasion du 10e anniversaire de son orgue, proposant un programme mémorable comprenant les Variations Goldberg de J. S. Bach et Les tableaux d’une exposition de Moussorgski. Le 25 avril prochain, il interprétera sa propre bande originale du fameux film muet Le Fantôme de l’Opéra, inspiré du roman de Gaston Leroux. À Québec, il jouera pendant la projection du film dans sa version restaurée avec sous-titres en français. 

Cameron Carpenter est un artiste très particulier : il a développé non seulement une maîtrise et une virtuosité éblouissantes de son instrument, mais aussi un talent indéniable de compositeur et d’arrangeur. Qui plus est, son répertoire d’interprète englobe la musique classique, mais aussi de grands morceaux issus d’autres styles, d’Astor Piazzolla à Burt Bacharach. Et son attitude rock, son look atypique (pour un musicien dit classique) ou sa manière fantaisiste de se produire sur scène ajoutent à la touche finale. 

Joint en pleine tournée, il a répondu aux questions de PAN M 360 et nous a livré de superbes réponses !

BILLETS ET INFOS ICI

PAN M 360 : Lorsque ce film fut présenté en 1925, un siècle, il était accompagné de musiques jouées en temps réel. Au cours de ce siècle, j’imagine que de nombreux morceaux ont été joués en direct, et je suppose également que vous avez effectué des recherches et que certaines d’entre elles ont peut-être influencé votre propre composition.

Cameron Carpenter : La musique jouée en direct a toujours fait partie intégrante du cinéma muet depuis ses débuts, sous des formes plus ou moins sophistiquées selon l’époque et le lieu. Dans les petites salles, on utilisait un piano – ou, parfois, l’étrange « Photoplayer », une combinaison primitive d’orgue, de piano et d’instruments à percussion apparue avant le développement de l’orgue de cinéma. Dans les grandes salles, on a d’abord eu recours à la musique orchestrale, jusqu’à ce qu’elle soit largement remplacée par l’orgue de cinéma, plus efficace (et moins coûteux), principalement tel qu’il a été développé par Wurlitzer.
PAN M 360 : Pourriez-vous nous donner quelques éléments permettant de mieux comprendre votre partition ? Comment l’avez-vous élaborée, en gros ? Y a-t-il une part d’improvisation ?  

Cameron Carpenter : La partition comprend à la fois des éléments composés et des éléments improvisés. 

PAN M 360 : Tous ceux qui suivent votre carrière savent que vous êtes véritablement en train de révolutionner l’art de l’orgue et la composition pour cet instrument. Dans ce programme présenté au Palais Montcalm, quels sont les éléments nouveaux ou inattendus que vous proposez ? 

Cameron Carpenter : Cela dépendrait des attentes propres à chacun. En général, le cinéma muet est intéressant en partie parce qu’il met en parallèle ce qui est familier (le cinéma) et ce qui est inconnu ou nouveau (la musique en direct, et une musique inédite, jouée en direct pour accompagner le film). Même si tout le monde ou presque a vaguement conscience de l’existence du cinéma muet, relativement peu de gens en ont une expérience contemporaine.
PAN M 360 : L’orgue s’accorde parfaitement avec Le Fantôme de l’Opéra. Il a également été utilisé dans de nombreux films d’horreur, de vampires et fantastiques, au point d’être devenu une sorte de cliché. Je suis sûr que vous souhaitez éviter tout cliché ; pouvons-nous donc nous attendre à une approche totalement différente de votre part ?

Cameron Carpenter : Pas forcément. Les clichés peuvent être très utiles, et ce n’est après tout qu’un procédé esthétique parmi d’autres. De toute façon, il est notoirement difficile de s’entendre sur ce qu’est réellement un cliché en musique. Nous vivons, après tout, à une époque où la musique de Florence Price, Ludovico Einaudi et Hans Zimmer attire un public étonnamment vaste.
PAN M 360 : Du génie absolu que fut J. S. Bach à Astor Piazzolla, en passant par Moussorgski ou même Burt Bacharach, votre univers musical est très vaste !  Vous avez une formation et un parcours classiques, mais vous vous situez ailleurs, dans cet espace où tous les genres musicaux vous inspirent. Pouvez-vous décrire les moments clés (ou les périodes) de votre vie artistique qui vous ont distingué des musiciens classiques, et qui ont fait de vous ce que vous êtes aujourd’hui en tant que musicien, arrangeur et compositeur ?  

Cameron Carpenter : On ne le devinerait peut-être pas de l’extérieur, mais je suis un musicien résolument classique et, à bien des égards, une personne plutôt conservatrice dans l’âme. Toute ma formation a été rigoureusement classique. Je suis davantage influencé par ma propre condition de musicien, c’est-à-dire avoir dû tracer un parcours atypique avec un instrument traditionnel. Car, contrairement à la plupart des organistes, je n’occupe aucun poste dans une église, dans l’enseignement ou encore au sein d’un orchestre.
PAN M 360 : En ce qui concerne la perception de votre travail, avez-vous souffert de l’approche « fondamentaliste » de la critique musicale classique ou l’avez-vous toujours ignorée ? 

Cameron Carpenter : Ni l’un ni l’autre, mais pas par force de caractère ou par conviction personnelle. Il s’avère simplement qu’au-delà d’un certain niveau de réussite professionnelle – ou, du moins, d’activité –, cela n’a plus une grande importance. Le besoin d’exprimer une opinion négative, souvent condescendante, n’est généralement lié qu’à une insécurité personnelle, et je crois que la critique musicale a joué un rôle déterminant dans l’évolution d’une carrière pour les dernières fois dans les années 1920 et 1930. 

PAN M 360 : De nos jours, l’orgue connaît un véritable renouveau, et vous en êtes l’un des principaux acteurs – on pense également à Anna Lapwood, Olivier Latry, Ben Bloor, Thierry Escaich, Paul Jacobs, etc. Comment expliquez-vous ce regain d’intérêt ? 

Cameron Carpenter : Il ne s’agit pas d’un retour en force, car l’orgue ne renoue pas avec une période antérieure de son histoire. C’est une nouvelle ère, due en grande partie à la popularisation de l’orgue numérique, ce qui a rendu cet instrument plus accessible à un plus grand nombre de personnes. Statistiquement, on constate également qu’il y a plus de gens que jamais qui étudient la musique classique en général et qui la pratiquent à un niveau plus élevé – tout comme il y a plus d’habitants sur la planète que jamais auparavant. Ce n’est vraiment pas si compliqué.
PAN M 360 : À l’origine, l’orgue avait notamment été conçu pour reproduire le son de petits ou grands ensembles. Aujourd’hui, en 2026, les claviers numériques ou analogiques, voire les logiciels de musique, permettent également de reproduire des œuvres orchestrales. Quel est le nouveau rôle (ou la nouvelle identité) de l’orgue ? 

Cameron Carpenter : Il faut trouver un équilibre entre l’idée d’une « renaissance » de l’orgue et la réalité conjointe selon laquelle tout relève désormais d’une niche : soit on joue principalement de la musique populaire pour un large public, au grand dam de la communauté des organistes (Anna Lapwood), soit on joue de la musique classique pour orgue destinée à cette communauté, au grand désintérêt de tous les autres. Le monde est devenu un endroit étrangement compartimenté. Je ne suis pas sûr qu’il soit possible de prédire quoi que ce soit dans un tel environnement. 

Quant à l’orgue, il existe depuis plus de 2 600 ans et reste impassible, distant, et comme toujours, une simple machine. Il n’a pas besoin de discours creux sur « l’âme de l’orgue », le « roi des instruments », etc. – tout cela n’est que du marketing. L’existence future de l’orgue était déjà assurée sous forme numérique bien avant l’avènement de l’informatique numérique, car l’orgue est lui-même un système d’information fonctionnant en binaire. Les notes sont activées ou désactivées – les registres sont activés ou désactivés – la touche est enfoncée à fond, ou pas du tout. Binaire. Il préfigure l’orgue numérique.
PAN M 360 : L’orgue n’est manifestement pas un instrument statique, et vous incarnez parfaitement son évolution. En 2014, vous avez créé l’International Touring Organ (ITO), un orgue numérique fabriqué sur mesure. Pouvez-vous expliquer à votre public en quoi cet instrument se distingue des autres et comment il a évolué (ou non) depuis une dizaine d’années ?

Cameron Carpenter : Cet orgue n’existe plus depuis 2021. S’il existait encore, je continuerais à en jouer. La Covid a détruit cet orgue, d’abord financièrement, puis – alors que l’on tentait en vain de le mettre à l’abri et de le sauver – physiquement. Je suis sur le point d’annoncer l’acquisition d’un nouvel orgue.

PAN M 360 : Quelles sont les prochaines étapes pour votre instrument ? Et pour vous, en tant que musicien ? En tant que compositeur ? Quels sont vos prochains projets après cette tournée ?

Cameron Carpenter : J’espère m’épanouir davantage en tant que personne, et pas seulement en tant que musicien.

Publicité panam

Le Big Band de l’Université de Montréal accueillera le pianiste cubano-canadien Hilario Durán, ce jeudi, le 26 mars, à 19 h 30, à la Salle Claude Champagne de la Faculté de musique de l’UdeM.

Hilario Durán est un pianiste virtuose, mais également un compositeur et arrangeur primé.

Au cours de sa longue carrière, il a joué avec Dizzy Gillespie, Chucho Valdés, Arturo Sandoval  et Paquito D’Rivera, entre autres musiciens. Notre collaborateur Michel Labrecque a discuté de ce concert très prometteur avec Hilario Durán sous la gouverne du trompettiste Joâo Lenhari, directeur du Big Band. 

BILLETS ET INFOS ICI

PAN M 360: Hilario Duran, vous avez enregistré autant en solo qu’en Big Band et dans beaucoup d’autres configurations. Comment décririez-vous la musique que vous faites? 

Hilario Duran:  C’est du jazz cubain ou afro-cubain, mais j’ai aussi des influences classiques, sud-américaines et caribéennes. Je m’intéresse à tellement de genres, j’adore mélanger les traditions avec les harmonies modernes. 

PAN M 360: Votre dernier album s’intitule Cry Me a River, il est paru en 2023, et c’est un album de big band, est-ce une forme de composition que vous appréciez beaucoup? J’imagine qu’on l’entendra en partie lors du concert de jeudi. 

Hilario Duran:  Oui, un groupe de 18 musiciens à Toronto, où j’habite depuis 30 ans. Ce groupe est constitué autant de musiciens latino-américains que d’origine canadienne. J’adore faire des arrangements pour grands ensembles. Mon ami le saxophoniste Paquito D’Rivera a aussi collaboré à ce disque. On y trouve des standards comme Night In Tunisia de Dizzy Gillespie et aussi des compositions originales. 

PAN M 360: Joâo Lenhari, que représente pour vous la venue de Hilario Durán avec votre Big Band; peut-on parler d’un privilège?

Joâo Lenhari: Nous sommes très excités d’accueillir Hilario, c’est un grand pianiste, mais également un grand arrangeur. C’est très bien pour Montréal, ville de grande diversité, de s’ouvrir à des musiques variées. À la Faculté de musique, nous avons déjà un programme de musique du monde, dirigé par le cubain Julian Gutierrez. Ce sera pour nos étudiants un grand défi, car les arrangements de Hilario sont vraiment savants.

PAN M 360: En quoi la préparation d’un concert comme celui-ci est-elle exigeante?

Joâo Lenhari: Nos jeunes musiciens travaillent très fort. En plus des arrangements, il y a tout le feeling et la particularité du jazz cubain, qui n’est pas facile à assimiler pour des gens du Nord. Personnellement, je veux préparer mes étudiants non seulement au jazz, mais leur ouvrir l’esprit et les oreilles sur plein de musiques, afin qu’ils puissent jouer où leur vie les mènera. 

PAN M 360: Hilario Durán, vous pouvez collaborer avec beaucoup de musiciens célèbres, qu’est-ce que ça représente pour vous de jouer avec des musiciens étudiants?

Hilario Durán: C’est toujours intéressant de transmettre mon savoir. C’est très agréable de collaborer avec des musiciens brésiliens comme Joâo Lenhari. Les Brésiliens et les Cubains ont des cultures musicales tellement riches. Nous allons passer une soirée fantastique. 

PAN M 360: Et qu’allons-nous entendre ce jeudi soir, à la Salle Claude Champagne ?

Hilario Durán: Il y aura beaucoup de matériel de mon récent album, Cry Me A River. Vous entendrez trois compositions de mon compatriote Chucho Valdés, arrangées pour big band par moi-même. Nous jouerons également Angelica, une pièce de feu Emiliano Salvador et de José Miguel Ceruto. 

Joâo Lenhari:  Je recommande à tout le monde d’écouter Cry Me a River avant de venir au concert. Ça vous plongera dans l’atmosphère. Mais vous entendrez aussi un grand pianiste improvisateur, de niveau mondial, Hilario Durán !  Notez aussi qu’il y aura une classe de maître gratuite avec lui, le mercredi 25 mars à 17 heures, à la Salle Serge-Garant. Si vous jouez du piano, vous devriez y assister. 

PAN M 360:  Merci à vous deux ! Rendez-vous à la Salle Claude Champagne à 19:30, le 26 mars, pour le concert du Big Band avec Hilario Durán.

Depuis 1995, les Francouvertes constituent l’événement par excellence pour découvrir les nouveaux talents musicaux d’ici. Axé sur la diversité francophone et autochtone, le concours vitrine a participé à l’éclosion de plusieurs artistes de la relève et est devenu un incontournable de la scène émergente. Les Francouvertes se déroulent du 9 mars au 11 mai 2026 pour présenter sur scène les propositions les plus originales et créatives du moment. 

La sélection 2026 compte 21 participant.e.s qui évolueront jusqu’à la finale du Club Soda où les porte-paroles Stéphanie Boulay et Ariane Roy se produiront. Comme c’est le 30e anniversaire, ce sera aussi l’occasion de redécouvrir des artistes méticuleusement choisis des programmations des trois dernières décennies tels que Fanny Bloom et Mon Doux Saigneur. On s’est entretenu avec la directrice et fondatrice, Sylvie Courtemanche, afin d’en savoir un peu plus sur les surprises de cette année.

CETTE SEMAINE EN RONDE PRÉLIMINAIRE AUX FRANCOUVERTES – ET TOUTE LA PROGRAMMATION


PAN M 360 : Pour les gens qui ne sont pas familiers avec les Francouvertes, comment résumeriez-vous l’expérience?

Sylvie Courtemanche : C’est un concours vitrine de musique francophone et autochtone, où 21 artistes de la relève (formation ou solo) se produisent devant jury et public, qui se partagent les votes. Il y a un beau mélange entre des artistes qui viennent littéralement d’apparaître et d’autres qui sont présents dans la scène émergente depuis un certain temps. Pour les artistes et aussi pour nous, c’est l’aspect vitrine qui est le plus important puisqu’il offre une belle visibilité pour nos participants, à la fois dans les médias et auprès des gens de l’industrie qui suivent l’évènement. Ça leur permet d’avoir des contacts humains avec des acteurs pertinents, de trouver des partenaires potentiels et d’avoir un début de couverture de presse. Pour ce qui est de l’aspect « concours » on essaie vraiment de remettre des prix à tous les paliers, pas juste aux 3 finalistes.

PAN M 360 : Comment se passe la sélection des artistes de l’édition?

Sylvie Courtemanche : Les dossiers envoyés sont tous écoutés par un minimum de 7 personnes (cette année on en a reçu 292) afin de sélectionner les participants(es). On se base sur la créativité, l’originalité, la maturité de la proposition et la qualité de l’interprétation. Ensuite, les 21 sélectionnés entrent dans le processus du concours, qui comporte différents paliers pour lesquels le jury est différent chaque fois. La marque de commerce des Francouvertes c’est d’être ouvert à la diversité musicale alors notre cadre, c’est de ne pas en avoir! Tout le monde est bienvenu et on accepte autant les propositions éclatées que plus commerciales. Notre ligne directrice si on veut, c’est de trouver des propositions artistiques qui se démarquent.

PAN M 360 : Quels sont les artistes invités cette année?

Sylvie Courtemanche : On aime vraiment, chaque année, réinviter des ex-participants dans un autre contexte, pour ouvrir la soirée. Ça permet de prendre des nouvelles et de continuer à les soutenir après leur passage. On a par exemple Mon Doux Saigneur, un retour dans le temps de Kulcha Connection, une nouvelle formation de Polémil Bazar, le Karlof Orchestra, Fanny Bloom en solo… On a également nos porte-paroles qui sont cette année Stéphanie Boulay et Ariane Roy, qui se produiront sur la scène lors de la grande finale du 11 mai.

PAN M 360 : À quoi peut-on s’attendre de différent, par rapport aux autres éditions?

Sylvie Courtemanche : Et bien comme c’est le 30e anniversaire, on a essayé de monter une programmation, étalée sur dix soirs, un peu rétrospective de l’événement. On a été piger dans les trois dernières décennies de programmation et on a même réussi à recréer des formations l’espace d’une soirée! C’est vraiment sympathique et ça donne l’occasion de redécouvrir tous ces artistes!
De plus, on s’est dit que ce serait intéressant de faire une journée de « Rencontres Pro », avec des thématiques qui rejoignent la diffusion de la musique émergente et les initiatives pertinentes. On aura des gens du Phoque OFF, Klô Pelgag, un coaching qui sera là pour les artistes et ça culminera avec un spectacle gratuit de Violett Pi accompagné d’une artiste qui sera bientôt dévoilée!


PAN M 360 : À quel type de public s’adresse l’événement ?

Sylvie Courtemanche : On a un mix de public de gens de l’industrie, de gens qui suivent la scène émergente et fréquentent des salles alternatives, et de l’entourage que chaque artiste emmène aussi de leur côté. On se retrouve avec des amis et des cousins autant qu’avec des tantes, et des grand-parents haha! Il y a tout de même une plus grande tendance vers le 25-35 mais il y a vraiment une belle répartition des groupes d’âge dans la salle. Le seul critère, c’est d’être friand de découvertes musicales! C’est complet presque tous les soirs alors le public est au rendez-vous et on se fait beaucoup dire qu’il y a une belle variété musicale!

PAN M 360 : Quels genres musicaux peut-on s’attendre à retrouver cette année?

Sylvie Courtemanche : Il y a un petit peu plus de R&B cette année que par le passé, on sent une vague inspirée de Rau Ze. On a également de la pop, de l’électro et du rap… même si ça commence à être de plus en plus difficile de catégoriser les genres à l’intérieur d’une case unique haha! Pour les curieux(ses), j’invite les gens à se rendre sur le site des Francouvertes où il est possible d’écouter un extrait musical de chaque participant.e

PAN M 360 : D’où est partie cette belle mission de mettre en lumière la nouveauté musicale?

Sylvie Courtemanche : Ça vient d’un organisme qui s’appelait « Faites de la musique », qui était dans Hochelaga-Maisonneuve et qui avait une petite salle de spectacle, une boîte noire de formule cabaret près du marché. Cet organisme-là a créé les Francouvertes à l’époque en réaction au principal concours qui existait, L’Empire des futures stars (CKOI FM). 

C’était un concours qui avait comme principal critère l’aspect commercial des projets soumis et dans lequel il y avait plusieurs règles et conditions très strictes qui liaient les artistes envers des compagnies de production ou des étiquettes. Le désir d’une plateforme pour donner de la visibilité aux nouvelles propositions musicales de manière plus libre est apparu, un événement où les critères seraient plutôt axés sur la qualité et la créativité de la proposition artistique.

PAN M 360 : De quelle manière réussissez-vous à financer l’événement?

Sylvie Courtemanche : Récemment, on a mis sur pied une campagne de sociofinancement pour essayer d’aller chercher un 30 000$ qui est déjà bien budgété dans l’édition actuelle, vraiment pour consolider et finaliser tout ce qui est en cours. Ça va également nous permettre de respirer en continuant nos démarches pour d’autres types de financement si on veut pouvoir revenir avec une autre édition sans devoir couper d’importantes choses déjà mises en place, comme les capsules vidéo des 21 participants qui leur sont remises. Il y a d’ailleurs des « cadeaux » que les gens peuvent avoir en échange de leur contribution, comme des billets pour La Noce, Le Festif ou Coup de Cœur Francophone et même une œuvre d’art de Marc Séguin! Il est possible de contribuer via le site https://laruchequebec.com/fr/projets/30-ans-de-francouvertes

PAN M 360 : Comment voyez-vous les Francouvertes évoluer dans l’avenir?


Sylvie Courtemanche :
Dans les dernières années, on a vu l’arrivée des langues autochtones, la modification de certaines règles pour permettre l’accueil de formations comme Dead Obies et on a commencé à développer l’avenue de la diffusion en ligne (la série des ex, les capsules des 21).

Également, on a lancé un nouveau site web qui va devenir une plateforme où on va maximiser l’aspect découvrabilité et en profiter pour archiver tout notre contenu. On aimerait vraiment que ça puisse devenir un endroit de référence autant pour les participants que pour les gens de l’industrie et pouvoir utiliser ce site-là pour pérenniser les Francouvertes. Ça va nous permettre aussi de créer du contenu plus actuel, en prenant des nouvelles des artistes et en les diffusant sur notre plateforme pour garder un lien avec eux et continuer à les aider au-delà de leur passage.

On est solides malgré la fragilité financière et l’équipe qui se renouvelle constamment : on cherche vraiment à consolider ce qu’on a, puisqu’on a une formule gagnante!

Les Francouvertes se tiennent jusqu’au 11 mai 2026.

Ce contenu a été réalisé en partenariat avec La Vitrine qui relaie toutes les informations concernant les Francouvertes.

Le chanteur, balafoniste et guitariste originaire de la Guinée-Bissau, Kimi Djabaté, a grandi dans un village musical. En effet, son village natal de Tabato est une bourgade ou la plupart des habitants vivent de la musique et sont griots de génération en génération. L’artiste qui est désormais basé à Lisbonne, a sorti l’album Dindin en 2023, album dont j’ai dit le plus grand bien ici-même sur ce site. 

CRITIQUE DE DINDIN, ALBUM DE KIMI DJABATÉ

Le 2 avril 2026, Kimi Djabaté donnera un concert au club Balattou à Montréal, une première pour l’artiste dans notre ville, qui y a été invité par la chanteuse Maritza (qui lui a demandé de l’accompagner dans son propre événement le 1er avril au Lion d’Or). Pour sa soirée au Balattou, on nous dit même que Daby Touré sera avec Kimi sur scène! Une soirée à laquelle j’ai personnellement très hâte. J’ai parlé avec Kimi de sa jeunesse consacrée totalement à la musique, à sa venue dans la métropole, à sa collaboration avec Madonna, et plein d’autres choses. 

Merci à Jacob Edgar de Cumbancha/Putumayo qui a servi d’interprète, car l’entrevue s’est déroulée en portugais. 

DÉTAILS ET BILLETS POUR LE CONCERT DE KIMI DJABATÉ AU BALATTOU LE 2 AVRIL 2026

PanM360 : Bonjour Kimi. C’est une première à Montréal. Mais êtes-vous déjà venu au Canada?

Kimi Djabaté : Une fois, à Edmonton, pour un seul concert. 

PanM360 : Vous avez grandi dans un petit village de la Guinée-Bissau qui s’appelle Tabato, une village de musiciens (griots). Tout le monde y joue de la musique… Vous n’aviez presque pas le choix…

Kimi Djabaté : C’est vrai que Tabato est un village de griots. C’est un peu la destinée, l’obligation sociale, de ses habitants de jouer de la musique. J’ai été entouré de musique toute ma jeunesse. Les griots sont tenus d’apprendre au moins un instrument et de raconter des histoires avec leur musique. Moi, c’est la balafon (sorte de xylophone traditionnel d’Afrique de l’Ouest) qui a été ma passion dès le début. 

Quand j’avais cinq à huit ans, mes parents m’emmenaient jouer dans des cérémonies de mariage, par exemple. Je suis devenu une sorte de sensation locale, on me trouvait très mignon avec mon instrument que je maîtrisais plutôt bien. Et puis, les commandes se sont multipliées. Parfois, je trouvais ça difficile. On me levait dans la nuit pour voyager et aller jouer. J’apportais des revenus à ma famille, de cette façon, vous comprenez. Moi, parfois, j’avais envie d’être un enfant comme les autres. Je n’ai jamais appris à jouer au foot (soccer)…

PanM360 : Une histoire comme celle de Mozart… Avez-vous déjà eu envie d’arrêter?

Kimi Djabaté : Non, jamais. Néanmoins, à l’adolescence environ, je me suis mis à écouter Africa 1, une station de radio du Gabon. Là, il y avait un programme diffusé toutes semaine, de 2h à 4h du matin, et j’y ai découvert toutes sortes d’autres musiques. J’utilisais mon argent pour aller m’acheter des piles pour l’appareil radio, et pouvoir écouter mon émission! Là, ma passion s’est remise à grandir encore. Mais, non, je n’ai jamais vraiment pensé à ne pas faire de la musique. 

PanM360 : Vous êtes griot de la Guinée-Bissau. Ici à Montréal, nous avons plusieurs griots originaires du Mali, ou du Sénégal. Y a-t-il des différences importantes entre les traditions de ces différents pays?

Kimi Djabaté : Pas vraiment. Toute la culture des griot provient de l’ancien empire mandingue (ou Empire du Mali), qui englobait toute la région à l’époque du Moyen-Âge européen. Ce sont les forces coloniales qui ont par la suite divisé tout cet ensemble en divers pays et apporté de nouvelles langues. Pour le reste, les sources, les codes, demeurent les mêmes. En fait, nous parlons encore fréquemment la même langue d’origine, le mandingue. C’est d’ailleurs la langue de Touré (Lamine), le directeur et propriétaire/fondateur du Balattou!

PanM360 : Lors de ce concert, vous jouerez surtout Dindin?

Kimi Djabaté : Oui, surtout, mais aussi quelques chansons des albums précédents. Daby Touré qui est basé à Montréal viendra aussi sur scène avec moi. C’est un grand honneur. Nous jouerons aussi un concert à Toronto. Et puis, nous jouerons êut-être aussi quelques nouvelle chansons, que nous aurons peut-être eu le temps de travailler à Montréal, car j’y serai pendant quelques semaines. 

PanM360 : Parlez-moi de votre collaboration avec Madonna…

Kimi Djabaté : C’est à travers des amis mutuels que nous nous sommes rencontrés. Madonna a passé un peu de temps à Lisbonne. On s’est rencontré dans un concert privé pour des amis français. Elle est une grande fan de musiques africaines. Par la suite, j’ai été invité à ses fêtes d’anniversaires, et puis elle m’a demadé de jouer une pièce sur son album Madame X. Ça s’appelle Ciao Bella. Je chante, et Madonna fait les chœurs derrière moi!

PanM360 : On a très hâte de vous voir à Montréal et au Québec pour la première fois.

Kimi Djabaté : Moi aussi j’ai hâte d’y être. Ça me fait penser que, il y a de nombreuses années, un Québécois est venu étudier le balafon dans notre village! Il s’appelait Sylvain Panneton. Il a même enregistré une cassette. Je ne sais pas ce qu’il est devenu. Si jamais il peut venir, ce serait très chouette. 

PanM360 : Le message est lancé! Merci. 

ALBUM CASSETTE DE SYLVAIN PANNETON

Inscrivez-vous à l'infolettre