hip-hop / hip-hop alternatif / rap

Osheaga 2025 I Tyler, The Creator, impérial malgré la pluie et la fatigue

par Jacob Langlois-Pelletier

S’il y a bien quelque chose que Tyler, The Creator a prouvé — ou plutôt réaffirmé — avec la sortie récente de son projet dance DON’T TAP THE GLASS, c’est qu’il se moque bien des conventions et ne cherche qu’à créer la musique qui lui plaît. Et c’est dans ce même état d’esprit qu’il est monté sur scène à Osheaga, avec une seule intention : s’éclater avec la foule, malgré la pluie qui a écourté son passage et une fatigue bien palpable.

À peine une semaine après son concert au Centre Bell, Tyler retrouvait sans doute des visages familiers parmi les milliers de spectateurs du parc Jean-Drapeau. Il a fait son entrée sur les notes lourdes et dramatiques de « Big Poe », suivie de l’entraînante « Sugar on My Tongue », perché sur une structure arborant le titre de son dernier album. Il n’en fallait pas plus pour que le public commence à se déhancher, quelques minutes à peine après le coup d’envoi.

Devant et derrière lui, les effets pyrotechniques éclatent au rythme des morceaux, accompagnés d’un éclairage précis, toujours en phase avec les différentes atmosphères de son répertoire. Tyler Gregory Okonma, de son vrai nom, est une véritable bête de scène. Seul sur le vaste plateau, il bondit, se déhanche et incarne chaque pulsation avec intensité.

Après un bref passage dans DON’T TAP THE GLASS, il a enchaîné avec plusieurs titres tirés de CHROMAKOPIA, paru en octobre 2024. L’ambiance s’est assombrie, alors que des faisceaux verts, couleur emblématique du projet, envahissaient la scène. « Sticky » a été l’un des temps forts, la foule scandant à pleins poumons les couplets des rappeuses GloRilla et Sexyy Red. Rarement voit-on un auditoire aussi connecté à son artiste.

À mi-parcours, Tyler a confié qu’il allait puiser dans certains morceaux plus anciens, « cela me permettra de souffler pendant que vous chantez », a-t-il lancé. En reprenant des titres comme « EARFQUAKE » (IGOR) ou « WUSYANAME » (CALL ME IF YOU GET LOST), l’icône du rap alternatif a visé juste. Il n’avait plus qu’à savourer les chants du public.

Plusieurs fois, l’artiste a évoqué son état d’épuisement, admettant être « vidé » vers la fin de son set d’une heure. En tournée depuis février, Tyler approche la fin d’un marathon de plus de soixante concerts. On lui pardonne volontiers cette fatigue, surtout au vu de l’énergie déployée et de la grande majorité de ses textes livrés dans leur intégralité.

Après avoir exploré tous les coins de sa discographie, Tyler a conclu avec la sublime « See You Again », collaboration avec Kali Uchis tirée de Flower Boy (2017). Porté par les voix du public, il a quitté la scène en remerciant chaleureusement ses fans.

Sur « Rah Tah Tah », Tyler, The Creator affirme être le plus grand rappeur de Los Angeles après Kendrick Lamar. Après une prestation aussi solide et une carrière aboutie, on ne peut que lui donner raison. Ce n’est pas de l’arrogance, mais de la lucidité.

Crédit photo: Sophie Mediavilla-Rivard

blues-rock / indie folk / rock alternatif

Osheaga 2025 I La puissance nordique de Kaleo

par Jacob Langlois-Pelletier

En termes d’aura, de charisme et de prestance, Jökull Júlíusson, figure centrale de Kaleo, joue dans une classe à part. En début de soirée samedi, la formation folk-rock islandaise a transporté l’auditoire montréalais au cœur des paysages nordiques, quelque part entre terre et mer.

Chemise entrouverte, chapeau de cowboy et lunettes fumées bien apposées sur le museau, le chanteur incarne le style à lui seul, manifestement inspiré par la vague country qui déferle actuellement sur l’industrie musicale. Dès son entrée, l’ensemble entame les premières notes de « Break My Baby », titre de blues-rock aux accents modernes tiré de Surface Sounds. Les spectateurs comprennent immédiatement qu’ils s’apprêtent à vivre un moment spécial.

La puissance vocale du ténor de 35 ans est difficile à rendre à l’écrit : Júlíusson allie avec maîtrise rugosité et fragilité. L’Islandais peut aussi bien bercer la foule avec une balade comme « All the Pretty Girls » — véritable coup de cœur de la soirée — que la secouer avec le rock de « No Good ».

Entouré de ses quatre musiciens et acolytes, Júlíusson livre une interprétation vibrante et fidèle aux arrangements des compositions studio. Þorleifur Gaukur Davíðsson brille avec ses solos d’harmonica disséminés ici et là, insufflant une touche de nostalgie bienvenue. Ajoutez à cela la soul profonde du chanteur, et le tout forme un mariage musical parfaitement équilibré.

Dix ans après sa sortie, « Way Down We Go » demeure la pièce emblématique du groupe. Il n’y avait pas meilleur choix pour conclure que ce morceau, accueilli avec ferveur par les amateurs massés devant la scène.

Le passage d’un peu plus de 50 minutes de Kaleo a filé comme un coup de vent. L’ensemble a su offrir un moment suspendu, poétique et apaisant. Un baume tout en douceur entre les prestations survoltées des rappeurs Tommy Richman et Smino sur le plateau avoisinant.

Crédit photo: Tim Snow

folk-pop / indie / rock

Osheaga 2025 I Le phénomène Alex Warren débarque en ville

par Jacob Langlois-Pelletier

À l’image de Chappell Roan l’an dernier, Alex Warren fait partie de ces artistes ayant explosé entre leur ajout à la programmation d’Osheaga et leur passage sur scène. Résultat : le parc Jean-Drapeau était déjà plein à craquer vers 15 h pour accueillir le phénomène californien — l’une des foules d’après-midi les plus massives des dernières années.

Trônant au sommet du Billboard depuis huit semaines, « Ordinary » a bouleversé la trajectoire de l’auteur-compositeur-interprète de 24 ans. Bien que Warren publie des morceaux de manière sporadique depuis 2021, c’est véritablement avec la sortie de ce titre, en février, qu’il s’impose comme l’une des nouvelles sensations de la pop américaine.

Dès les premières notes, sa voix puissante frappe de plein fouet. Warren transmet avec finesse les émotions d’un parcours émaillé d’épreuves, notamment la perte de ses deux parents et les soubresauts de sa vie sentimentale.

« Je vais prendre de l’eau et ma guitare, puis jouer une chanson que j’ai écrite pour ma femme », confie-t-il avant d’interpréter la touchante « Catch My Breath ». C’est précisément cette sincérité et cette humilité qui charment son public et expliquent l’ampleur de son succès. Tout au long de sa prestation, l’artiste multiplie les remerciements et les échanges chaleureux avec les spectateurs.

Malgré un répertoire encore limité, il a livré un spectacle généreux, évidemment couronné par « Ordinary », chantée à pleine voix par une foule conquise. Mention spéciale à « Bloodline », sans doute l’un des moments les plus intenses et réussis de son passage.

Alex Warren ne révolutionne peut-être pas le genre, mais il propose une folk-pop soignée, rassembleuse et, surtout, efficace. Et à voir l’engouement qu’il suscite, son ascension ne fait que commencer.

Crédit photo: Tim Snow

bedroom pop / folk-pop / indie pop

Osheaga 2025 I La magie de Gracie Abrams

par Sophie Mediavilla-Rivard

Gracie Abrams a brillé lors de la deuxième soirée d’Osheaga devant un public conquis d’avance, malgré une fin de concert écourtée par les conditions météorologiques. « C’est irréel », a-t-elle lancé sur scène, visiblement émue par la réception chaleureuse des festivaliers.

Elle fait son entrée avec sa guitare à la main, vêtue d’une longue robe blanche lui donnant des allures d’ange. L’artiste de 25 ans a d’ailleurs immédiatement créé une ambiance féérique en entamant son set avec la chanson « Risk », issue de son dernier album The Secret of Us, sorti en juin 2024.

C’est ce dernier qui l’a propulsée vers le succès populaire qu’elle connaît aujourd’hui et qui a rassemblé une foule passionnée samedi soir au parc Jean-Drapeau. Gracie Abrams s’était d’abord fait connaître avec « 21 », titre figurant sur l’album Minor, lancé en 2020. Elle l’a interprétée devant de scintillantes étincelles projetées derrière la scène.

Un orage a malheureusement forcé l’arrêt du spectacle une dizaine de minutes avant la fin, empêchant Gracie Abrams de jouer ses deux chansons les plus populaires, « Close To You » et « That’s So True », à la grande déception de son fidèle public.

On gardera toutefois une très forte impression de l’artiste, elle qui a offert l’une des performances les plus solides de cette deuxième journée de festival. Elle a su prouver qu’elle maîtrisait aussi bien la guitare, le piano (auquel elle a joué « Cool » et « I miss you, I’m sorry ») que sa voix.Toujours authentique à souhait, la chanteuse s’est mise en scène avec autant de douceur que de fougue.

« Osheaga, je suis trop triste que nous ayons dû couper le dernier set en raison de la température, mais vous étiez incroyables ce soir. C’était fou et formidable d’être de retour après trois années », a écrit sur Instagram celle qui était venue pour la première fois à Osheaga en 2022, partageant visiblement la déception, mais aussi la joie de ses fans.

Crédit photo: Osheaga

americana / country / hip-hop

Osheaga 2025 I Shaboozey, cowboy du festival

par Sophie Mediavilla-Rivard

Dès les premières notes, Shaboozey a donné le ton du spectacle qu’il allait offrir à Osheaga samedi en fin d’après-midi. Sur des airs de banjo et devant un décor rappelant un Far West plutôt cliché, le nouveau phénomène du country a commencé son titre « I’m the Last of My Kind » avec la foule.

Malgré une certaine monotonie, le chanteur a fait vibrer le public très varié qui s’était réuni pour lui. Il a répondu aux attentes, avec ses refrains entraînants et sa voix profonde rappelant un Zach Bryan ou même un Dylan Gossett. Le moment semblait sorti tout droit du générique d’un film, alors que ses airs populaires planaient devant le coucher du soleil sublime surplombant la scène et la grande roue.

Shaboozey a lancé son premier album en 2018, mais sa carrière musicale a véritablement décollé en 2024 grâce à son titre « A Bar Song (Tipsy) », qui a connu et connaît toujours un succès retentissant. Le morceau a battu le record du plus grand nombre de semaines passées au sommet du Billboard Canadian Hot 100, en plus d’être nommée pour chanson de l’année, meilleure chanson country et meilleure performance solo country aux Grammy Awards.

Disposant de quelques minutes supplémentaires à la fin de son spectacle, celui qu’on surnomme The Boot Cut Kid en a d’ailleurs profité pour interpréter ce fameux titre deux fois de suite. N’avait-il pas autre chose à proposer? On ne lui en veut pas trop, puisque la foule a bien évidemment dansé et entonné les paroles de nouveau avec grand enthousiasme.

« Merci à vous tous d’avoir changé ma vie, chaque jour de ma vie est une bénédiction », a-t-il partagé avant la chanson « Good News ». Les Québécois semblent l’adorer – et ils n’ont pas fini de le voir performer. Après être passé au Festival d’été de Québec le mois dernier, il sera également de retour à Lasso le 15 août prochain.

Crédit photo: Tim Snow

country-folk / folk / pop / rock

Osheaga: Scène de la RIVIÈRE Bell – Naoh Kahan, Dominic Fike, Blonde Redhead et plus!

par Rédaction PAN M 360

Le festival OSHEAGA prendra son envol du 2 au 4 août prochain au Parc Jean-Drapeau. Voici les artistes sur la Scène de la RIVIÈRE Bell au cours de la fin de semaine!

The OSHEAGA festival takes off August 2-4 at Parc Jean-Drapeau. Here are the artists performing on the RIVIÈRE Bell stage this weekend!

Vendredi 2 août

  • Wild Rivers – 14h30 à 15h10
  • Blonde Redhead – 15h55 à 16h40
  • Two Door Cinema Club – 17h25 à 18h15
  • Dominic Fike – 19h00 à 19h55
  • Noah Kahan – 21h25 – 22h55

Samedi 3 août

  • New West – 14h00 à 14h45
  • Chappell Roan – 15h30 à 16h15
  • Rancid – 17h05 à 17h55
  • Reneé Rapp – 18h45 à 19h45
  • Green Day – 20h45 à 22h45

Dimanche 4 août

  • Clay and Friends – 14h40 à 15h20
  • Ayra Starr – 16h05 à 16h40
  • Stephen Sanchez – 17h35 à 18h20
  • Still Woozy – 19h10 à 20h00
  • SZA – 21h15 à 22h35

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Ce contenu provient d’OSHEAGA et est adapté par PAN M 360.

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