Inspiré par feu le peintre québécois Jacques Hurtubise (1939-2014), Hippie Hourrah a pondu beaucoup de musique depuis 2023: d’abord l’album Exposition individuelle, plus pop et fondé sur la forme chanson, et puis tout qui vient de nous être balancé en juin 2025: l’album instrumental Il y eut un rythme sous étiquette Simone Records dont les musiques contribuent à magnifier les six cycles de la vie créative de ce très grand artiste visuel contemporain. Ces tableaux audiovisuels sont projetés à la Satosphère dans une production immersive de 30 minutes pour dôme 360°. Voilà la fusion ces musiques de Hippie Hourrah et des concepts visuels de l’équipe créative de Normal Studio! Saisir le Chaos est présenté à la Satosphère de la SAT jusqu’au 19 juillet. Pour PAN M 360, Alain Brunet a absorbé toute cette matière et ensuite posé moult questions aux compositeurs du concept: le guitariste Gabriel Lambert et le percussionniste Miles Dupire-Gagnon, tous deux multi-instrumentistes de surcroît.

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Guérison est une œuvre de la saxophoniste, compositrice et improvisatrice Joane Hétu (paroles et musique) pour l’Ensemble SuperMusique (ESM) et la Chorale Joker. Cette création est construite en trois mouvements, l’artiste y aborde les thèmes de l’épreuve, de la douleur, de la résilience, la guérison étant l’heureuse conclusion.L’inspiration provient d’un fait bien réel: en avril 2021, la fille de Joane Hétu fut atteinte d’un cancer des seins dont elle dut subir l’ablation, le tout suivi de 18 mois de traitements intensifs avant de se trouver enfin en rémission. Cette épreuve dramatique, vécue par tant de femmes, est l’épicentre de l’œuvre, dont Joane Hétu croit la portée universelle.À quelques jours de sa création sur scène, soit les jeudi 18 et vendredi 19 juin à l’Espace Orange de l’Édifice Wilder,  Joane Hétu nous en apprend davantage sur la construction de l’œuvre et sa corrélation avec cette expérience familiale des plus douloureuses. Alain Brunet lui a posé les questions qui suivent.

PAN M 360: Y a-t-il à ajouter sur ce cycle très éprouvant de ta fille et de votre vie familiale?

Joane Hétu: L’écriture et la réalisation de cette pièce, tout en étant imprégnées par la réalité de cette expérience, étrangement, s’en détachent. Le projet a sa propre vie et devient une œuvre qui a sa propre indépendance.

PAN M 360 : À quel moment as-tu pensé en faire l’évocation musicale?

Joane Hétu: À vrai dire, depuis plus d’une dizaine d’années, je souhaitais réaliser un grand projet réunissant la Chorale Joker et l’Ensemble SuperMusique. Je rêvais d’un opéra. Mais je ne trouvais pas le sujet. Sans sujet, pas d’opéra, pas d’opéra sans sujet.

À partir du diagnostic de ma fille, j’ai commencé à tenir un « journal de bord » à caractère poétique, sans but. Comme ça, les mots venaient et m’apaisaient. Et au bout de six mois, j’ai réalisé que j’avais déjà rassemblé un bon corpus de textes et que je tenais mon sujet pour ce grand projet que je remettais d’année en année.

Pour donner vie à ces thèmes, Guérison offre une expérience sensorielle riche et immersive mêlant récit, musique, poésie et art visuel. La pièce s’ouvre sur l’angoisse des rêves brisés, puis évolue vers un clair-obscur où s’entremêlent acceptation et lutte. L’espoir, d’abord ténu, éclot progressivement jusqu’à la célébration des survivantes, une grande fête musicale clôture l’œuvre. Bien que ces sujets soient graves, la pièce est traversée par un souffle d’espoir. 

PAN M 360 : Comment peut-on associer des sons à cette trame dramatique? 

Joane Hétu: Je n’ai pas composé en associant des sons à la thématique en tant que telle. Avec le temps, l’idée de l’opéra s’est estompée et a été remplacée par la forme semblable à la Passion selon Saint-Matthieu, à savoir des récitatifs, des grandes chansons, des chorals, et des juxtaposition chansons/chorales. Comme j’avais beaucoup de texte, cette forme me convenait parfaitement. J’avais une histoire à raconter (les récitatifs) et j’avais des moments touchants à évoquer (les chansons /chorales). Donc, dans un premier temps, j’ai réécrit les textes et je les ai attribués aux différentes formes. Ça été une étape assez longue, plusieurs mois pour arriver à la cohérence du livret.

PAN M 360 : De quelle manière as-tu choisi les matériaux pour illustrer l’angoisse, l’acceptation, la lutte, la rédemption et la célébration de la victoire contre l’adversité ? 

Joane Hétu: Je ne suis pas certaine d’avoir consciemment décidé du caractère mélodique de chaque texte. Les mots étaient déjà assez puissants et la musique s’est imposée d’elle-même. C’est difficile à expliquer mais la musique a émergé de l’inconscient.

PAN M 360: : Dans un contexte tonal, les référents existent depuis les débuts de la musique écrite, mais dans un contexte contemporain, comment t’y es-tu prise? 

Joane Hétu: Au départ, je souhaitais travailler dans un contexte d’improvisation avec les participant·es en incluant la gestuelle de direction en musique improvisée que j’utilise, car l’ESM et la Chorale Joker partagent la connaissance de cette gestuelle. Toutefois, je n’ai pas reçu toutes les subventions nécessaires, en fait j’ai reçu très peu de subventions, et j’ai dû modifier mon projet. Travailler en improvisation, ça demande beaucoup de temps et je n’avais pas l’argent pour réaliser ce processus. J’ai donc composé toute la musique à l’avance. Ça sonne comme ma musique, c’est de la musique actuelle écrite.

PAN M 360 : Comment as-tu choisi l’instrumentation et les interprètes?

Joane Hétu: C’est un peu le hasard de la vie. Je suis partie à la base avec les membres de l’ESM et de la Chorale Joker. Toustes sont très occupé.e.s, car les cachets sont si faibles qu’il faut faire beaucoup de projets pour rejoindre les deux bouts. À cause du budget que j’avais, j’ai dû réduire les deux ensembles à 7 à 8 instrumentistes de ESM, (des cordes, des vents et des percussions) et à 8 participants·e.s pour la Chorale Joker. Je savais déjà que j’avais plusieurs chansons, donc j’ai cherché des chanteuses qui m’inspiraient, au total 5 chanteuses et 3 voix d’hommes pour assurer les basses. Ça été un éprouvant casse-tête pour établir les horaires. J’ai fait mes choix selon les disponibilités et en concordance avec mon plan de travail.

PAN M 360 : Quelle est la part de la structure (écriture, consignes, etc.) et la part de l’improvisation dans ce contexte? 

Joane Hétu: Au final, il n’y a presque pas d’improvisation. J’en suis étonnée moi-même. C’est un projet musical unique qui ne ressemble à rien que j’ai déjà composé. Je suis loin de ma zone de confort et en même temps, étonnamment, totalement en harmonie avec le projet. Et comme le projet devenait vraiment écrit, j’ai demandé à Jean Derome s’il voulait faire les arrangements de ces musiques. Et là encore, le projet a pris un tournant. C’est toujours ma musique mais arrangée par Jean Derome, donc il y a le savoir musical de Jean qui s’inscrit dans Guérison. C’est la première fois que Jean travaillait si intensément sur ma musique. 

PAN M 360 : Comment as-tu imaginé la part vocale de l’œuvre ?

Joane Hétu: Au début, ç’a été d’attribuer les chansons à chaque chanteuse. Et on a passé beaucoup de temps à bien structurer et maîtriser les chansons. Tranquillement, le rôle de la Chorale Joker a commencé à s’étoffer et on y ajoute encore des lignes. 

Une chose importante à mentionner, c’est que j’ai demandé à Camille Paré-Poirier d’assumer le rôle de narratrice du concert. Elle est une autrice-comédienne dans la trentaine et elle incarne ma fille.

PAN M 360 : De quelle manière le chant choral entre en relation avec la partie instrumentale de l’œuvre ? 

Joane Hétu: Au final, la Chorale Joker est bien présente. Il n’y a aucune pièce strictement instrumentale. 

PAN M 360 : Il est ici question de récit, musique, poésie et art visuel. ? De quelle manière la partie multidisciplinaire est-elle construite?  Qui a écrit le récit? Qui a conçu la partie visuelle? 

Joane Hétu: Comme j’ai dit plus tôt, le récit est écrit principalement par moi et j’ai emprunté quelques phrases et mots à d’autres écrivain·e.s. Finalement, le théâtre a été mis de côté, pas assez d’argent et de temps. C’est un concert de musique avec projection vidéo réalisé par Poli Wilhelm et Andrea Caladeron-Stephens. Un travail pictural colossal qui épouse la trame musicale. 

Pour ce qui est du récit, je tiens à dire que ce ne sont pas les mots de ma fille, c’est ma projection de ce qu’elle a ressenti. C’est un projet qui m’appartient et c’est ce qui rend ma fille à l’aise face à ce projet. Elle me soutient beaucoup dans ce projet, elle est mon totem et mon inspiration. Elle a été tellement puissante dans toute cette tourmente. J’espère vraiment lui rendre hommage.  

PAN M 360: Si j’ai bien compris, tu avais pour objectif de faire une œuvre plus ambitieuse que d’ordinaire. Pourquoi cette œuvre en particulier?  Serait-ce parce qu’elle évoque l’événement personnel le plus marquant de ton existence? Autres motivations? 

Joane Hétu: J’ai le sentiment que j’arrive dans la dernière phase de ma carrière et je souhaitais vraiment faire un grand projet avec la Chorale Joker et l’Ensemble SuperMusique. Ça s’imposait à moi. Effectivement, la thématique m’a tellement marquée qu’elle était toute désignée pour soutenir ce projet. La pièce dure environ 100 minutes. 

Et pour terminer, j’aimerais dire que la réalisation de ce projet n’a pas atténué ma peine. J’ai cru que ça pourrait m’aider, ça m’a aidé oui, mais la peine est encore là. Une création ne peut nous guérir de nos blessures, juste l’atténuer et surtout nous aider à affronter notre destin. J’ai beaucoup pleuré en composant Guérison, et il m’arrive encore parfois de pleurer un peu pendant les répétitions, d’avoir la larme à l’œil comme on dit. Je porte ce projet depuis 4 ans et de réaliser un projet qui colle autant à sa vie, c’est parfois lourd et c’est très exigeant. 

J’ai vraiment hâte de présenter ce concert. Je suis prête. Et me voilà!

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Programme

Guérison , 2024 (œuvre en trois mouvements : Elle est née – Point de bascule – Héroïne) 

 – création

Artistes – Michel F Côté s’est retiré du projet pour des raisons personnels, il y a quelques jours.

VERGIL SHARKYA’

(Voix)

DAVID CRONKITE 

(Voix)

SUSANNA HOOD 

(Voix)

KATHY KENNEDY 

(Voix)

ELIZABETH LIMA 

(Voix)

ALEXANDRA TEMPLIER 

(Voix)

FLAVIE DUFOUR 

(Voix)

GEORGES-NICOLAS TREMBLAY 

(Voix)

CAMILLE PARÉ-POIRIER 

(Narration)

JEAN DEROME 

(saxophone, flûtes, voix)

GUIDO DEL FABBRO 

(violon)

AUDRÉANNE FILION 

(violoncelle)

BERNARD FALAISE 

(guitare électrique)

BARAH HÉON-MORISSETTE 

(percussions)

MICHEL F CÔTÉ  REMPLACÉ PAR PRESTON PEEBE

(batterie, percussions)

STÉPHANE DIAMANTAKIOU 

(contrebasse)

PIERRE-YVES MARTEL 

(synthétiseur, harmonium)

JOANE HÉTU 

(saxophone alto, cheffe)

À quelques jours du concert-lancement de son album Dogue dans le cadre des Francos, nous avons pu nous entretenir avec Ariane Roy.  Avant la soirée du mercredi 18 au Club Soda, on y parle notamment de la pression d’être une artiste solo, d’une tournée en France et du plaisir à composer tout en faisant du yogourt. 

PAN M 360 : Dogue, c’est un album un peu plus sombre, synthétique, différent de medium plaisir. Était-ce une rupture consciente avec l’image un peu plus douce et chaleureuse que projette ton album précédent ?  

Ariane Roy : C’est une bonne question. Est-ce conscient ou pas? Je pense que oui, c’est conscient, j’avais envie d’aller ailleurs. Mais ce n’est pas parce que je renie le passé ou que je veux que les gens me perçoivent autrement. Je pense que quelque chose d’autre m’appelait et j’avais envie qu’on ne me colle pas nécessairement une étiquette dès mon premier album, qu’on ne m’associe pas exclusivement à quelque chose.

PAN M 360 : Dans les paroles de Dogue, on sent aussi une prise de position féministe, comme dans la chanson Tous mes hommages. Dénoncer certains comportements, ça rend plus vulnérable ou est-ce plus  libérateur ?
 

Ariane Roy : C’est vraiment plus libérateur pour moi. Ça laissait une place à la colère, à l’affirmation puis en même temps ça me permettait d’utiliser un ton moqueur, sarcastique. Je pense que ça fait un peu partie de moi: j’ai un humour noir, je suis quand même dans l’ironie, puis j’ai envie que ça se transpose dans ma musique. C’est comme si pour moi, la façon simple d’aborder des sujets plus crus, c’est utiliser  l’autodérision ou la moquerie et m’amuser avec ça. Je sais pas à quel point je me suis posée la question « ok, j’ai envie que ce soit féministe », ça venait naturellement avec la femme que je suis en général je pense. Je me positionne comme très féministe dans la vie. 

PAN M 360 : As-tu une chanson coup de cœur sur ton dernier album ? 

Ariane Roy : Tous mes hommages a été une de mes préférées pendant longtemps. J’aime beaucoup cette chanson-là parce que c’est une chanson que j’aurais vraiment aimé écouter comme public. Je trouve que c’est le fun quand tu arrives à ça, tu te dis « moi si ça sortait, je serais vraiment contente de l’écouter ». Ça correspond vraiment à ce que j’aime, il y a les ruptures de ton, j’aime la ligne de basse. Je trouve que ça vient chercher dans le ventre et je trouve ça entraînant, puis en même temps, je trouve ça tendu comme chanson. Je l’ai composée très rapidement cette toune-là, on dirait qu’elle m’est venue naturellement, alors que d’autres chansons ont été plus difficiles à écrire. Je trouvais aussi qu’elle était très différente de tout ce que j’avais fait avant. Je suis contente d’avoir sorti ça. 

PAN M 360 : Est-ce que t’as un processus de création bien établi ? 

Ariane Roy : Ben je te dirais que c ‘est sûr que des fois c’est plus facile, on le sent, faut comme que t’arrêtes tout. Mettons que t’es en train de faire la vaisselle, c’est quelque chose qui se passe, tu t’en vas pis t’écris. Je pense que quand t’es en création, faut être à l’écoute de ces moments-là, sauf que c’est important pour moi de show up to work chaque jour. C’est-à-dire que chaque jour, je m’assois à mon bureau, je teste des trucs, je vais sur Logic Pro. Il faut tout le temps que j’aie comme une phase exploratoire, même si j’ai pas nécessairement envie d’écrire ou de composer. Il y a une discipline que je dois m’imposer. J’ai besoin d’avoir l’impression qu’ il y a une structure dans mon travail pour sentir que ça sert à quelque chose, sinon j’ai beaucoup trop d’angoisse. Moi je suis facilement distraite, donc il faut que je mette les chances de mon bord. Je suis une bonne élève. 

PAN M 360 : Généralement la musique vient-elle avant les paroles ou plutôt le contraire ?

Ariane Roy : Pour cet album-là, ça a vraiment été la musique qui est venue avant, tandis que medium plaisir, c’était pas mal l’inverse. Moi je fais du yogourt quand je compose des chansons, je chante mes mélodies avec des mots semi-anglophones inventés juste pour me donner une piste, pis ça fait en sorte que ça me mène ailleurs. Après, quand j’écris des textes en français, j’essaie de trouver des phonèmes qui ressemblent à ça ou qui ont un peu le même groove sur la musique, ce qui n’est vraiment pas facile. Des fois ça m’a pris 6 mois à écrire un texte. Je ne regrette pas d’avoir fonctionné comme ça parce que je pense que je n’aurais pas composé cet album si j’avais fonctionné autrement. Mais c’est vrai que ça a été une tâche difficile par moment, mais je pense que c’est instinctif pour moi de fonctionner comme ça.

PAN M 360 : En parlant du côté musicalité, tu as travaillé avec Félix Petit pour cet album. C’était comment de joindre vos deux univers musicaux?

Ariane Roy : Ça a vraiment été le fun parce que j’ai pris le temps de composer chez nous, essayer des trucs, trouver mon son, puis on dirait que quand la vision était un peu plus claire pour moi et que je savais où je m’en allais, ça s’est comme imposé. La personne avec qui je devais travailler, c’est Félix. Je suis très admirative de son travail et de ce qu’il a fait avec des artistes avant, puis je pense que Félix, c’est un gars  brillant mais qui a aussi une sensibilité d’arrangeur. On s’était déjà rencontrés, mais on ne s’était quasiment jamais parlé avant, puis on a tout de suite commencé à faire de la musique. Je suis arrivée avec mes trucs, pis il m’a vraiment donné confiance en ma vision. Il m’a appris à avoir confiance en mes capacités. Ce que j’ai apprécié aussi, c’est qu’il a pas essayé de me dénaturer. Il a un instinct vraiment impressionnant, Félix. Avec lui, c’est des premiers jets, des premières idées qui sont vraiment hot et audacieuses et artistiquement ça a vraiment, vraiment cliqué. 

PAN M 360 : Parlant de collaboration, la semaine passée, LaF a sorti une nouvelle version de leur chanson June avec un de tes couplets. Comment cette collaboration est-elle arrivée?

Ariane Roy : En fait, ce sont eux qui m’ont écrit pour que j’ajoute un verse justement. Leur idée c’était de ressortir June, mais d’une autre façon, on savait pas trop comment encore. Ils étaient comme « explore des affaires », un peu carte blanche, donc moi je leur ai fait un verse. J’ai fait ça chez nous, de mon côté et ils ont trouvé ça nice, donc on s’est rencontrés pour enregistrer ça ensemble. C’était vraiment le fun. Pour vrai, c ‘est vraiment une belle découverte LaF. C’est un groupe que je connaissais, mais pas tant que ça, genre je leur avais jamais vraiment parlé en vrai. Je trouve ces personnes full brillantes, pis full smattes. C’est vraiment le fun de collaborer et je l’aime beaucoup cette chanson-là, fait que je suis contente qu’ils aient pensé à moi pour ça.

PAN M 360 : Et si on parle de collaboration, ça serait quoi ta collaboration de rêve? 

Ariane Roy : Ma collaboration de rêve ça serait avec Saya Gray qui est une artiste torontoise que j’ai full écoutée dans les dernières années. Elle est vraiment inspirante pour moi. Ça arrivera sans doute jamais, vu qu’elle est rendue trop big, mais on sait jamais, je le lance dans l’univers pareil.

PAN M 360 : Tu lances Dogue à Montréal cette semaine dans le cadre des Francos. Comment se sent-on à quelques jours de donner un spectacle devant un Club Soda complet ? 

Ariane Roy : J’ai vraiment hâte de faire le show et je suis contente qu’on ait eu le temps de le faire plusieurs fois avant aussi. Je suis un peu stressée, mais je suis plus dans l’excitation pour l’instant, il n ‘y a pas encore trop de stress. Ça va me faire du bien je pense d’être en contact avec la foule de Montréal, ça va être le fun ! 

PAN M 360 : Est-ce que tu as un rituel d’avant show ? 

Ariane Roy : On a un bon rituel d’avant show. C’est un peu inspiré d’un rituel qu’on faisait avant le Roy, la Rose et le Lou[p]. On se met en cercle et on fait trois respirations. Après ça, un membre de notre band fait un discours motivateur comme si on allait faire une game de hockey, c’est vraiment un discours d’athlète. Après ça on a un call et c’est « Who let the dogs out » et là, le nombre de « ouh » qu’on fait, c’est le nombre de shows qu’on a déjà fait dans la tournée. Mettons que c’est notre huitième spectacle, on fait huit « ouh ». C’est ben compliqué, mais on fait ça avant tous les shows. 

PAN M 360 : Tu reviens de Paris, j’ai vu que tu as fait un spectacle à la Cigale et tu étais déjà allée faire une petite tournée en France dans le passé. C’est comment de faire des spectacles à l’étranger? 

Ariane Roy : C’est vraiment le fun ! C’est tout le temps un peu intimidant, parce que tu ne connais pas tant la réception des gens là-bas. Je veux dire, moi  j’arrive là en étrangère, en inconnue aussi, mais pour l’instant, la réception est vraiment bonne. Ça a vraiment bien été. Je trouve que c’est le fun d’avoir tout à prouver quand les gens ne me connaissent pas. Moi j’ai comme pas d’attente quand je vais en Europe et je pense que ça m’aide beaucoup à trouver mon plaisir et à trouver ça moins stressant, parce que ça peut être intimidant quand même. Non, j’aime vraiment ça !

PAN M 360 : Finalement, qu’est-ce que ta tournée avec Le Roy, la Rose et le Lou[p] t’a appris ? Es-tu nostalgique de partir en tournée avec une grosse gang ?
Ariane Roy : Honnêtement, je ne me sens pas tant nostalgique, parce que ma tournée en ce moment, je la fais avec l’éclairagiste de Le Roy, la Rose et le Lou[p], alors qu’avant j’avais pas d’éclairagiste, donc on est plus qu’avant. On est quand même huit à partir en tournée, c’est déjà beaucoup. Mais je te dirais que ce que ça m’a appris d’être avec Le Roy, la Rose et le Lou[p], c’est que c’était extraordinaire quand même. Partir en gang en tournée avec des amis, c’est quand même un rêve. Ça prouve que c’est important d’être bien entouré, ça fait une différence. Je te dirais que ça m’a aussi montré que j’ai besoin d’avoir du monde autour de moi quand je pars en tournée, parce que je trouve que ça peut quand même être un métier qui nous fait nous sentir seule à certains moments. Moi ça m’arrive souvent de me sentir seule, parce que c’est beaucoup de pression à porter sur mes épaules. Je pense que quand tu fais le choix d’être un artiste solo, c’est normal, ça fait ça. Veut veut pas, il y a  aussi des moments où on est en entrevue et on est plus seule, donc je les apprécie vraiment les moments où je suis avec mon band et que ça devient comme une famille. On porte ça ensemble quelque part et pour moi c’est très rassurant, donc ça m’a fait du bien d’avoir ça avec Le Roy, la Rose et le Lou[p]. Se confier et vivre ça ensemble, surtout qu’on partageait un show à trois, et non seule, ça change la donne.

Du 19 au 22 juin 2025, le festival Montréal Baroque investit le Vieux-Montréal (et un peu le Quartier des Spectacles) afin de plonger les mélomanes et les curieux dans des expériences mémorables. Musiques au lever du Soleil, jams baroques gratuits dans un café ouvert tard, les Quatre saisons ‘’autrement’’, harmonie musiques et bons vins féminins, grands concerts, concerts intimes, parades, costumes, danses, etc., tout cela et plus encore est au menu. J’en parle avec le sympathique co-Directeur artistique et général du festival, Vincent Lauzer.

DÉTAILS ET BILLETS POUR LE FESTIVAL MONTRÉAL BAROQUE

Que passerait-il si Mary Travers dit La Bolduc, auteure populaire du Québec de la Grande Dépression et Lionel Daunais, chanteur lyrique et compositeur se rencontraient? Que retiendraient-ils musicalement l’un de l’autre, quelles seraient leurs influences ? C’est sur la trame de cette rencontre fictive, mais pas nécessairement improbable, que se construit le spectacle Lionel et Mary, une production de la compagnie Rigoletta co-fondée par la pianiste Laurence Lambert-Chan et la mezzo-soprano Charlotte Gagnon à laquelle s’ajoute le baryton Pierre Rancourt. Incarnant respectivement les rôles de Mademoiselle Colombe, pianiste, de La Bolduc et de Lionel Daunais, ce trio de musiciens-comédiens propose dans un mélange d’humour, de rythme et de finesse un spectacle joyeux et entraînant, destiné autant aux jeunes comme aux moins jeunes avec ses turluttes et ses refrains pétillants !

Pour parler de cette production, mais aussi de l’importance de la médiation culturelle, Alexandre Villemaire s’es entretenu avec Pierre Rancourt.

Lionel et Mary

Charlotte Gagnon, mezzo-soprano (Mary Bolduc)
Pierre Rancourt
,   baryton (Lionel Daunais)

Laurence Lambert-Chan, piano (Mlle Colombe)


Mise en scène : Alain Gauthier

Scénographie : Olivia Pia Audet

Costumes : Leilah Dufour Forget

Direction technique et conception d’éclairages : Étienne Mongrain

Textes : Pascal Blanchet 

Arrangements : Amélie Fortin

Chorégraphie : Noëlle-Émilie Desbiens

Consultant en podorythmie : Marton Maderspach

Photographie : Martin Girard

Une idée originale de Rigoletta

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Les férus de rap québécois francophone respectent au plus haut point Connaisseur Ticaso, un des plus éloquents MCs du nord-est montréalais. Autrefois un authentique bad boy, il ne l’est plus pour des raisons pragmatiques, mais reste le même libre penseur de la rue. Représentatif de la mouvance afrodescendante des quartiers Saint-Michel, Pie-IX et Montréal Nord, Ticaso mène une deuxième vie artistique depuis le début de cette décennie et récolte les fruits de sa longévité en imposant le respect pour son éloquence et la singularité de son rap. Un rap qu’il ne définit pas comme keb mais plutôt comme « franco-américain » – ce qui n’a rien à voir avec ce terme qui définissait jadis les Québécois francophones émigrés aux USA à la fin du 19e siècle. À voir et écouter impérativement ce samedi 14 juin, 19h, sur la scène Spotify.

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Si vous êtes fan ou hyperfan de l’expression francophone en chanson, rock, soul, R&B, hip-hop, pop ou hyperpop, visionnez cette interview de Camille Guitton, une des trois gestionnaires à la programmation des Francos de Montréal aux côtés de Mathieu Rousseau et Maurin Auxémery. En amont des Francos, Alain Brunet lui a posé les question essentielles à un bon survol de cette programmation 2025.

VISIONNEZ L’INTERVIEW !

TOUTE LA PROGRAMMATION ICI

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Le 14 juin aura lieu le seul concert du Festival Classica 2025 sur l’île de Montréal : les Carmina Burana de Carl Orff. Ça se passera à l’église Saint-Jean-Baptiste (DÉTAILS ET BILLETS ICI). Toujours un grand favori du public, ce morceau choral imposant sera décliné dans une version pour deux pianos et percussions, mais bien sûr avec un choeur musclé, celui de la Société philharmonique du Nouveau Monde, soit quelque 150 chanteurs et chanteuses. Pas de grand orchestre donc, mais de nouvelles couleurs, de nouvelles textures qui offrent un autre éclairage sur les textes. Avec le concours des solistes Alexandre Sylvestre, Ania Hejnar et Jeffrey Carl, l’œuvre inépuisable de Orff retentira certainement avec puissance. J’en ai parlé avec le directeur artistique Michel Brousseau.

Le 13 juin prochain, à l’occasion du Festival Classica, la harpiste Valérie Milot présentera en primeur Nebulae, un concert intimiste qui propose une réflexion philosophique sur l’existence à travers une exploration astronomique. Dans cette entrevue avec Judith Hamel, l’artiste nous ouvre les portes sur la genèse de son projet. 

PAN M 360 : Le concert Nebulae est présenté comme une réflexion philosophique sur l’existence à travers une exploration des phénomènes astronomiques. D’où vient l’inspiration de faire une production sur ce thème ? 

Valérie Milot : Pour moi, la science et la musique ne sont pas si loin. J’ai toujours eu un intérêt envers les avancées scientifiques, et s’il y a un monde où elles sont absolument fascinantes, c’est bien en astronomie! Les images qui nous sont fournies par les télescopes spatiaux modernes sont d’une beauté à couper le souffle. Cet émerveillement où on peut se laisser à rêver est aussi accessible en musique.

Il est également toujours important pour moi d’offrir une trame narrative dans mes productions, et ici, j’ai voulu offrir une réflexion basée sur ce qui nous a été légué par Carl Sagan et Hubert Reeves, de grands scientifiques, mais aussi d’admirables vulgarisateurs dont les réflexions sont intemporelles.

PAN M 360 : Sans tout nous révéler, comment va s’exprimer ce thème au fil du concert?

Valérie Milot : Il s’agit d’un concert de harpe bien sûr, mais où les textes ont une importance primordiale et nous invitent à réfléchir à travers les intermèdes musicaux. Un décor constitué de divers éléments lumineux nous expose les beautés de l’espace.

C’est un spectacle où les gens sont invités à découvrir ou redécouvrir des notions liées à l’astronomie et l’évolution, réfléchir, mais rire avec moi, aussi!

PAN M 360 : Les œuvres jouées sont très variées, allant de Gluck à Arvo Pärt en passant par Denis Gougeon (avec plusieurs de vos propres arrangements). Y a-t-il des œuvres que vous avez particulièrement hâte de présenter au public? 

Valérie Milot : Absolument, surtout les œuvres qui ont été écrites expressément pour Nebulæ, soit, Au cœur de l’étoile du compositeur québécois Denis Gougeon, et Lux d’Amélie Fortin. Ces deux compositeurs sont de grands amis, et leurs pièces ont été comme tissées sur la trame narrative du spectacle.

PAN M 360 : Qu’est-ce que la harpe vous permet d’explorer et d’exprimer dans ce programme en particulier ? 

Valérie Milot : La harpe est mon acolyte depuis maintenant 30 ans. J’ai une relation très personnelle avec elle, voire fusionnelle. Elle accompagne mes réflexions, et elle se positionne aussi comme un témoin de l’évolution humaine. Avec nos tout petits 300 000 ans d’histoire, nous, les humains, nous avons encore beaucoup à apprendre de notre univers. 

La harpe dont je joue aujourd’hui expose nos aptitudes à développer des outils complexes pour nous exprimer et explorer notre univers. De l’arc musical rudimentaire de quelques cordes à l’instrument complexe à 47 cordes et 7 pédales dont je joue ; c’est là que s’exprime tout le génie humain. Une forme d’intelligence qui peut nous mener vers de merveilleuses odyssées, mais aussi conduire à notre perte.

PAN M 360 : Le 13 juin sera la première de cette nouvelle production avec laquelle vous entamez une tournée. Y a-t-il des lieux ou des contextes auxquels vous avez particulièrement hâte de présenter ce concert ?

Valérie Milot : Je suis infiniment reconnaissante que le Festival Classica et son directeur Marc Boucher me donnent la chance, encore une fois, de présenter une de mes productions en primeur. Suite à cette représentation, nous ferons les derniers ajustements avant d’amorcer une tournée d’une vingtaine de dates pour la saison 2025-26. Nous espérons pouvoir tourner ce spectacle pour environ trois ans.

Chaque représentation est unique ; et chaque ville visitée me permet de rencontrer des personnes extraordinaires.

Un jalon important sera la rentrée montréalaise le 7 octobre, à la Salle Bourgie, qui fera aussi office de lancement d’album. 

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Connu pour ses hymnes emo-rap et rock, GreenWoodz a récemment dévoilé Malgré la tempête, son deuxième album en carrière, marquant une transition assumée vers un folk-pop teinté à la fois de new country et de rap. Un pari réussi pour l’artiste de 25 ans, qui brille par l’authenticité de ses textes, la sincérité de sa démarche et la cohérence de son projet.

Que ce soit sur 20e avenue, où il aborde la consommation, ou sur Désolé pour ça, qui traite d’une rupture amoureuse difficile, Tommy Boisvert se présente comme un véritable livre ouvert. Les gens se reconnaissent dans les hauts et les bas de sa vie; la tempête dont parle GreenWoodz est une réalité commune à plusieurs, sans doute ce qui rend sa musique aussi accessible. Écouter ses chansons, c’est un peu comme retrouver un vieil ami qui nous joue ses dernières créations autour d’un feu.

Une chose est certaine : l’art du refrain est l’un des outils les plus précieux du natif de Mandeville, petit village de Lanaudière. La formule est simple, mais efficace, donnant vie à des morceaux accrocheurs portés par la guitare, comme Hôtel Saint-Charles.

Vocalement, l’artiste de 7ième Ciel se montre plus posé et mélodique qu’à l’habitude. Cette maturité acquise s’agence à merveille aux productions délicates et minimalistes. « J’ai choisi de m’écouter et de faire la musique que j’avais envie de faire », nous a-t-il confié.

De passage aux Francos le vendredi 13 juin, GreenWoodz défendra Malgré la tempête pour la toute première fois sur scène au Studio TD. Pour acheter vos billets, c’est juste ici.

Quelques jours après la parution de l’album, Pan M 360 a jasé de son processus créatif, son changement artistique, ses influences et bien plus encore.

PAN M 360 : Il y a un peu plus d’une semaine, vous lanciez Malgré la tempête, votre deuxième album en carrière. Quel sentiment vous habite présentement?

GREENWOODZ : Je suis agréablement surpris de la bonne réaction du public concernant l’album, surtout que j’ai entrepris un changement de direction avec ce projet. C’est plus folk et pop que ce que je faisais avant. De voir que les gens sont au rendez-vous quand même, c’est vraiment le fun.
Présentement, je suis crinqué pour commencer à monter mon spectacle et défendre mon nouvel album sur scène. J’adore travailler et faire de la musique, donc je vais plancher sur mon prochain projet très bientôt.

PAN M 360 : Parlez-moi d’où vous venez et des origines de votre passion pour la musique.

GREENWOODZ : Je viens de Mandeville, un petit village en région dans Lanaudière. J’ai toujours été attiré par la musique. Quand j’étais jeune, je suivais des cours de danse. Disons simplement que je n’étais pas très bon!

J’ai commencé à consommer à un très jeune âge. Pendant mon adolescence, la musique a été un bon échappatoire pour moi. De fil en aiguille, j’ai découvert le rap, puis l’emo-rap. Je me suis rapidement identifié à ça. C’est là que j’ai commencé à créer et à sortir différents projets.

PAN M 360 : En se fiant à vos textes, vous semblez avoir un passé chargé et mouvementé. Est-ce le cas?

GREENWOODZ : Je n’ai pas la prétention de dire que j’ai vécu une vie difficile, mais disons que j’ai fait des choix de vie assez atypiques. Souvent, je dis que j’ai l’impression d’avoir vécu déjà plusieurs vies. J’ai été dans tellement de milieux différents au cours de ma vie. Je pense que ça se ressent dans mes chansons; ça permet aux gens qui ont vécu ce genre de réalité de connecter avec ma musique.

PAN M 360 : Ce vécu que vous racontez dans vos chansons, est-il chose du passé ou cela reflète-t-il votre quotidien?

GREENWOODZ : La grosse consommation, comme lorsque j’étais jeune, a quitté ma vie depuis déjà un petit moment. J’ai toujours eu des tendances dépressives, c’est quelque chose qui me suit encore. C’est un peu mon combat de tous les jours. Je te dirais que oui et non : ce que je raconte dans ma musique, ça me suit toujours.

PAN M 360 : Que signifie Malgré la tempête, le titre de votre nouveau projet?

GREENWOODZ : Malgré la tempête, ça veut dire que la tempête est en quelque sorte permanente dans la vie. J’ai réalisé que dans la vie, tu ne tombes jamais dans une zone où c’est le bonheur absolu et que tout va bien. Malgré la tempête, c’est un peu accepter les choses que l’on ne peut pas modifier et se concentrer sur ce qui est modifiable.

PAN M 360 : Vous avez parlé plus tôt d’un changement de direction pour ce deuxième album. Comment décririez-vous les sonorités de Malgré la tempête? Est-ce votre son pour le futur?

GREENWOODZ : C’est très hybride; on y retrouve du rap, du folk, du country, du rock et de la pop. Mon but, c’était de trouver un son qui m’est propre. Avec cet album-là, j’ai choisi qu’à partir de maintenant, je m’écoutais et j’allais faire la musique que j’avais envie de faire. J’ai décidé d’arrêter de plaire à un narratif où je suis censé faire un certain style de musique. 20e Avenue est un morceau qui a permis de définir la direction de l’album.

PAN M 360 : Diriez-vous que vos inspirations ont changé pour la création de ce deuxième album?

GREENWOODZ : Mes inspirations ont changé, c’est certain. Pendant la création de TPL, j’étais grandement influencé par la scène punk-rock, grunge et emo-rap. Pour Malgré la tempête, j’ai reconnecté avec le folk québécois qui jouait chez nous toute ma vie. Je parle ici des Cowboys Fringants, des Colocs, de Plume Latraverse ou même de Bernard Adamus. J’ai aussi plongé dans la scène new country et folk moderne américaine comme Morgan Wallen, Zach Bryan, Shaboozey, Noah Kahan et autres.

PAN M 360 : Il s’agissait de la deuxième fois que vous passiez à travers le processus de création d’un album. Quelle est la plus grande différence entre la conception de Malgré la tempête et TPL? Aussi, quel a été le meilleur moment de cette récente création?

GREENWOODZ : TPL était le premier album que je publiais, donc c’est certain qu’à ce moment-là, je n’étais pas habitué à œuvrer de manière professionnelle. Malgré la tempête a été beaucoup plus simple à faire; c’est un album qui s’est fait tout seul. Le plus beau moment de la création, c’est lorsque mon équipe et moi avons loué un chalet à Charlevoix. C’est là que nous avons confectionné la grande majorité du projet. Nous y sommes restés pendant une semaine; ç’a été une semaine déterminante pour cet opus.

PAN M 360 : La chanson Crash est l’un des morceaux les plus authentiques de votre plus récent projet. Racontez-moi l’histoire derrière la création de ce titre.

GREENWOODZ : Pendant la création de Malgré la tempête, j’ai vécu une relation. Je n’avais pas été en couple depuis mon premier amour, et ça datait de quatre ans. Crash, ç’a été la réalisation de tous les patterns que mon ancienne relation m’avait laissés et comment cela affectait mon quotidien. Ça m’a permis de comprendre comment cela pouvait me nuire et quoi travailler dans le futur.

PAN M 360 : À plusieurs moments dans l’album, on peut entendre des extraits sonores de fête et de dialogues entre amis. Pourquoi était-ce important pour vous de garnir votre album avec ce genre d’échantillons?

GREENWOODZ : Dans la dernière année, j’ai beaucoup reconnecté avec le village où j’ai grandi. Avant ça, j’étais un peu dans une tornade à travers mes relations et la musique. Je m’étais un peu éloigné de ceux qui étaient à mes côtés dans mes débuts. Comme l’album aborde beaucoup cette thématique, je trouvais ça intéressant de mettre des petits clins d’œil à mes amis dans le projet. Ça provient de vidéos de soirées avec mes boys que j’envoyais à mon réalisateur.

PAN M 360 : Dans le cadre des Francos, ce vendredi 13 juin, vous lancerez votre album au Studio TD. À quoi doit-on s’attendre pour cette soirée?

GREENWOODZ : Le style de Malgré la tempête est différent de mes anciens projets, mais mon show va garder la même énergie qu’avant. C’est un album plus folk, plus pop et plus doux, mais ça va être un méchant party pareil. Ça va être mon plus gros spectacle à vie, et j’ai une grande liste d’invités pour l’occasion. Je peux déjà dire qu’il y aura les rappeurs Rymz et Shreez.

Crédit photo: Disques 7ième Ciel

À l’approche des Francos et de la saison des festivals, Tire le coyote accorde cette interview vidéo à Alain Brunet pour PAN M 360. Il y est question de la matière de ses deux nouveaux albums: Dynastie, rendu public en octobre 2024 et Ventouse, un album plus folk et plus engagé en raison de la conjoncture explosive que le monde connaît actuellement à l’heure des prédateurs – pour reprendre le titre de l’excellent et court essai de Giuliano Da Empoli. Cet engagement chansonnier a d’ailleurs valu des menaces et insultes à Benoît Pinette (de son vrai nom) de la part de trolls québécois d’extrême-droite. On parle de son, de mots, d’engagement. Tire le coyote et son groupe se produiront au Gesù, le jeudi 19 juin, 19h.

AUX FRANCOS LE 19 JUIN, GESÙ, BILLETS ET INFOS ICI

VISIONNEZ LA VIDÉO DE L’INTERVIEW :

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Comment transmettre les sentiments liés au deuil périnatal en musique? En effet, c’est un sujet qui est plus que sensible, encore tabou à bien des égards pour n’importe qui, aussi bien intentionné soit-il. Avec sa création Mers intérieures, la soprano Marianne Lambert aborde cette thématique avec humanité, empathie. Ancrée dans sa propre expérience, elle se rend vulnérable et ouvre son cœur et ses émotions au public qui emplissait la moitié de la salle Jean-Louis Millette du Théâtre de la Ville à Longueuil. Une audience à la fois curieuse, et qui, pour plusieurs de ses membres, a été tout aussi touchée personnellement par la teneur du propos.

Pour raconter son histoire, et par la même occasion, l’histoire de tant d’autres mères qui ont vécu ce deuil, Lambert ainsi que ses deux acolytes musiciennes, Janie Caron au piano et Chloé Dominguez au violoncelle, puisent dans le répertoire instrumental et vocal essentiellement français et allemand des XIXe et XXe siècles pour broder une histoire musicale qui traverse les différentes étapes deuil, de la peine à l’isolement pour finir par l’acceptation. En plus de l’interprétation des différentes mélodies par Marianne Lambert, des projections vidéo sur des toiles blanches et une mise en scène signée Isabeau Proulx-Lemire venaient habiller le plateau. C’est entre autres par ces projections que la symbolique de l’eau qui jalonne le concert se manifeste. L’eau sert de toile de fond pour explorer la douleur, la guérison, la renaissance et la transformation.  Les plus marquantes et intéressantes étaient celles où Marianne Lambert est mise en scène dans des cadres naturels léché et lumineux, que ce soit en forêt, déposant une gerbe de fleurs sur une tombe imaginaire ou encore cette impressionnante prise de vue sous-marine qui peuvent symboliser à la fois, le fait de se faire emporter, de perdre sa vie, mais aussi la renaissance quand on émerge après le deuil. Bien qu’utiles pour aider le public à comprendre les paroles des pièces, les surtitres blancs se perdaient parfois dans les images projetées sur les toiles. C’est un élément didactique qui serait à peaufiner, pour comprendre le sens des mots. 

Musicalement, le programme enchaîne de manière équilibrée œuvres purement instrumentales (Spiegel im Spiegel d’Arvo Pärt; Rivière du Nord d’Amélie Fortin) et œuvres vocales. On navigue donc entre différents styles, allant du minimalisme au romantisme tardif et au modernisme. Parmi les moments les plus poignants de ce concert, l’interprétation des mélodies de Gustav Mahler a été particulièrement touchante, notamment « Ich bin der Welt abhanden gekommen », extrait du cycle Rückert-Lieder et que l’on peut traduire par « Je me suis retirée du monde ». Quand on connait l’histoire personnelle de Gustav Mahler et de sa femme Alma, qui eut aussi ont eu à vivre avec la perte d’un enfant, on ne peut qu’être saisie par cette sensibilité de la poésie allemande du XIXe siècle qui trouve écho aujourd’hui avec étonnante précision. Très beau moment aussi, l’interprétation de la pièce traditionnelle The Last Rose of Summer par Benjamin Britten où pendant que la ligne vocale demeure, les instruments tressent un accompagnement contrastant, ce qui confère à la mélodie folklorique une apparence de déphasage. La mélodie, porteuse à la fois de mélancolie et d’espoir, prend alors une dimension qui la rend encore plus complexe. 

Hormis les quelques petits ajustements techniques comme un meilleur agencement des projections de textes, Mers intérieures est un concert et un projet artistique qui laisse une trace dans la tête et dans le cœur. Fruit d’un cheminement personnel, voire même spirituel, face à la perte de deux Marianne Lambert offre un témoignage musical percutant et sensible dont le message mériterait tout à fait d’être adapté sous une forme de médiation musicale et de tournée à travers le Québec pour que tombe le tabou et la honte associée au deuil périnatal. Il est l’exemple que la musique peut communiquer et guérir et il rappelle que, malgré la perte, une mère ne cesse jamais d’être une mère.

crédit photo: Annie Bigras – Agence BigJaw

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