Pays : États-Unis Label : Profound Lore Genres et styles : doom metal / sludge / sludge-metal Année : 2024

CRAWL – Damned

· par Alexander Quiquero

Imaginez un récit sisyphéen où la cruauté, la torture et l’agonie règnent en maître… Damned, le dernier album de CRAWL, peint cette vignette avec un mélange de sang et d’huile de lin.

CRAWL est le projet solo du sombre prestidigitateur de San Antonio Michael A. Engle, qui compose sa musique comme on le ferait d’un sacrifice : en canalisant l’auto-immolation par le chant, la basse, la batterie et l’échantillonnage simultanément dans l’enregistrement et la performance. L’image saisissante de son personnage vêtu d’un tissu noir, brandissant une basse construite avec des ossements, menant un rituel de magie noire avec chaque membre agité, est un spectacle à voir.

Après une série de split tapes avec Haunter et Leviathan en 2018, Damned est la neuvième sortie de CRAWL après un hiatus de trois ans, et exprime véritablement l’essence du projet de type doom ambient. À l’image de l’état de notre maestro, le maelström de cet album tisse une atmosphère à la fois physique et psychologique où règnent brutalité et désolation.

Les tambours battants inaugurent l’auditeur dans cette hallucination infernale dans un morceau comme Renaissance of Worthlessness, le début d’une cérémonie diabolique. Des cris incompréhensibles sont étouffés par des stridences et des raclements de distorsion qui persistent dans l’air comme une vapeur obscure, et un grognement sonore se révèle en contraste avec les cris d’un sujet torturé, comme si son auteur était responsable des horreurs qui vont se dérouler. On sent ici que dans cette vision, le lien n’existe qu’entre la chair et la fin d’une étoile du matin.

Ce lien est établi dans … This Lesser Form. Les cris perçants d’Engle occupent le devant de la scène, éclipsés uniquement par des percussions tonitruantes, comme si l’on réduisait en bouillie de la chair sans vie. Oui, ce morceau sonne comme si quelqu’un ou quelque chose était physiquement déchiré ou matraqué avec frénésie : une symphonie de carnage remarquablement horrifiante. Les synthés bourdonnants s’asphyxient pour provoquer un délire fou tandis que les accords réverbèrent la consternation d’être témoin d’une telle scène.

You could consider the penultimate track of Damned a reprieve from the brutality of the second, but that doesn’t mean much while ensnared in CRAWL’s twisted imagination. The most cerebral on the album, “10,000 Polehammers,” delivers a haunting soliloquy of the damned, where drones and percussive pounding reflect not physical violence, but a tearing apart of psychic threads within a being that reflects on its capacity for atrocity. Indeed, it splinters and breaks under the weight of its toll as the vocals choke and wretch in nauseating shame and mental self-mutilation.

In a transition between tracks, the snarling voice manifests once again with malice: “… soon all of you will feel my hate and suffer and I have suffered,” before a barrage of drums seemingly turn back time: returning us to bare witness once again to CRAWL’s sadism, this time with more brutality than the last. The rock rolls back down the mountain amid pleas of hysteric terror like being dragged backward by the ankle across a jagged cave floor, back into the nightmare.

In a shocking climax, the album ends in a cacophony of agony with “Poisoned and Shadowmad,” laying bare the nihilism in Damned, a haunting reminder that just as in anything, there is no end to torment, cruelty, and pain – these cycles continue to churn. Death is never the end. This record is not for the faint of heart.

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