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Lana Del Rey

Chemtrails over the Country Club

· par Isabelle Marceau

Sur Chemtrails over the Country Club, Lana Del Rey cherche à se poser et nous chante des ballades folks dignes d’un road-trip mystique, loin d’Hollywood.

Comme c’est le cas de nombreux musiciens devant leur succès en partie à ces rencontres fortuites et collaborations déterminantes, améliorant avec le temps et l’expérience la qualité de leurs performances, musique et textes, la trajectoire de Del Rey n’est pas si différente. Sur la pièce Mariners apartment complex de l’album Norman Fucking Rockwell!, elle chantait ‘’Can’t a girl just do the best she can?” … Oui ! Car, envers et contre tous, elle poursuit son élan créatif avec des collaborateurs qui la conduisent à donner le meilleur d’elle-même.

Nous aurions pu surfer longtemps sur NFR!, co-écrit et produit par Jack Antonoff. Ce partenariat se poursuivant, on s’attend initialement à un album semblable, mais Chemtrails est assez différent. Nous nous retrouvons encore dans son univers américain truffé de références religieuses et de la culture pop américaine – parmi celles-ci, Joni Mitchell et Joan Baez, qui donnent le ton à l’album.

Or, au lieu de simplement traîner, fêter et s’autodétruire avec copines et amants, elle regarde vers le ciel, se questionne sur la célébrité, l’amour et la possibilité de tout lâcher en échange d’une vie plus simple. On entend à nouveau son chant multiplié sous forme de choeur, mais alors qu’avant l’on soupçonnait sa bande espiègle, on imagine maintenant un cercle de femmes liées à elle par le sang.

Et on retrouve ce qui avait créé la magie de NFR! : Piano, guitares, et beaucoup d’espace pour que son chant soit entendu à mille lieues. Mais sur Chemtrails, les instruments soutiennent des ballades beaucoup plus folk / americana, parfois même jazz, et les orchestrations de cordes frottées sont pratiquement absentes.

Aussi, Del Rey nous dévoile un registre vocal plus élevé et soutenu qu’à l’habitude, notamment sur White Dress ainsi que Not all who wander are lost. Puis, sa signature trip hop réapparaît sur certaines pièces dont Tulsa Jesus Freak et sur Dark but just a game, où un mellotron nous transporte dans les années ’60 et le chœur nous rappelle les Beatles pendant leur période psychédélique.

En écoutant Lana Del Rey, nous sommes encore une fois partout sauf ici.

Celles et ceux qui aiment les ballades country / folk des années 60 et 70 seront ravis, et convertis s’ils ne l’étaient pas déjà. Les fans de Del Rey aimeront aussi, peut-être s’imprègneront-ils de Chemtrails pour sa luminosité – le rêve d’une vie et d’un amour simples – tout en continuant de revisiter NFR! pour ses grooves sombres et ses textes mordants. On imagine facilement ces deux albums formant un album double, car on y vit deux expériences différentes qui se rejoignent quelque part.

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