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Pays : Japon Label : Fangs Anal Satan Genres et styles : doom metal / punk / rock / sludge-metal Année : 2020
Boris

​NO

· par William Paulhus

Le trio japonais Boris est en quelque sorte la boîte à surprise de l’ère moderne du rock. Au cours des trois dernières décennies, la formation a effleuré une variété presque inimaginable de styles musicaux. S’amusant avec fougue et détermination entre pop, heavy metal, doom, sludge, noise, drone et une foule d’autres avatars du rock, les Nippons ont l’habitude de nous offrir des symphonies chaotiques. Il faut cependant avouer que cet album entièrement conçu de manière indépendante durant la pandémie est habité par quelque chose d’inhabituel, une indescriptible rage. 

C’est avec une écrasante introduction que Boris lance les hostilités, nous martelant avec des percussions oppressantes et une guitare rappelant le côté malsain de Sleep. Des assauts dignes des meilleurs albums de hardcore nous percutent ensuite de plein fouet. Aucun autre choix que de se laisser pétrir par les décibels, dans l’impuissance la plus totale. Les solos stridents démolissent tout sur leur passage, les refrains énergiques tourbillonnent dans une mer de distorsion et le résultat est absolument disjoncté. Il est clair que nous fonçons droit vers l’abîme, sans ambiguïté ni détour, nous enfonçant toujours plus profondément à chaque morceau.

Lorsque nous pensons respirer un semblant d’air frais, le groupe nous assomme avec un riff à la puissance démesurée, comme sur l’effroyable Zerkalo qui rivalise avec les légendaires Corrupted en matière de perversion. Cette spirale stylistique nous plonge désormais dans un dérapage thrash metal flirtant avec le volet plus rapide des Melvins ou même avec les défunts Motörhead. NO est probablement l’un des meilleurs albums récents de Boris. Ce bouillant alliage d’influences projette notre cerveau en chute libre et nous prouve une fois de plus que les Japonais ne font rien comme les autres.

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