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Lou Canon : Au chœur de la pluralité

Interview réalisé par Isabelle Marceau

Lou Canon nous présente son plus récent album lors de sa toute première performance virtuelle dans le cadre de Pop Montréal.

Genres et styles : électronique / indie pop

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Crédit photo : Rebecca Wood

Établie à Toronto mais très attachée à Montréal, l’autrice-compositrice torontoise Lou Canon, née Leanne Greyerbiehl, a lancé son troisième album, Audomatic Body, en juillet dernier. Le confinement ayant freiné son élan, elle accepte avec enthousiasme de participer à Pop Montréal pour y présenter son nouvel album et pour enfin connecter avec le public.  

Audomatic Body est une oeuvre sensuelle où dominent de sombres synthés et des voix chantées tels des murmures. PAN M 360 s’est entretenu avec elle afin qu’elle nous parle de ces voix qui l’ont hantées pendant la création de l’album ainsi que de la démarche de son tout premier spectacle virtuel.

PAN M 360 : Lorsqu’on écoute Audomatic Body, on a l’impression d’être invité dans un monde très intime et organique mais aussi transcendant, éthéré. Comment décririez-vous les émotions et les thèmes de l’album ?

Lou Canon : J’ai débuté cet album avec une chanson qui s’appelle The Chorus. Le nom chorus vient du théâtre grec antique. Il comportait entre dix et cinquante acteurs qui dansaient, chantaient ou parlaient à l’unisson dans le but d’aider le public à comprendre la pièce et pour influencer ses attentes. Le début de cet album était très important pour moi : j’avais besoin que ce ne soit pas que ma voix. Je pense qu’il y a cinq ou six personnes sur cette pièce. Le but de la pièce était de préparer l’auditeur à l’expérience que serait l’écoute de cet album, lui demandant de devenir plus doux, de laisser tomber les barrières et ce qui forme nos attentes quotidiennes, qu’il se recentre à l’intérieur de son corps et qu’il fasse confiance à son corps. Quand j’ai composé cet album, je sentais que c’était un projet plus grand que moi  et je souhaitais vraiment qu’il représente la pluralité pour permettre aux auditeurs d’entrer dans cet autre monde, dans cet espace intime.

Crédit photo : Rebecca Wood

PAN M 360 : Ceci est votre troisième album. Comment compareriez-vous Audomatic Body à Suspicious, lancé en 2017 ?

Lou Canon : J’ai commencé à travailler sur Suspicous à Montréal, lorsque j’y suis allée pour quelques semaines. Je me suis isolée et j’ai couru, écrit, et enregistré tandis que j’écrivais. À travers ce processus j’ai rencontré mon collaborateur, Mark Lawson, qui a travaillé avec moi sur les deux albums. Mais ce qui distingue les deux albums est que sur Audomatic Body il y a eu une transition du singulier au pluriel : tandis que je travaillais sur l’album j’ai commencé à entendre d’autres voix, et ceci a débuté lorsque j’expérimentais avec des effets sur ma voix, en l’échantillonnant, en changeant sa tonalité. À partir de ce moment-là, je suis tombée sous le charme, ou plus exactement, je suis devenue obsédée avec l’idée d’entendre d’autres voix sur cet album. Il y a finalement dix autres voix sur l’album, et selon moi c’est ce qui distingue vraiment Suspicious de Audomatic Body

PAN M 360 : Y a-t-il une ligne directrice qui détermine l’esthétique de vos vidéoclips ?

Lou Canon : En général, l’aspect visuel est une partie très importante de mon projet. D’une certaine manière, c’est aussi important que la musique. J’ai toujours été attirée par ce qui est inhabituel et étrange dans les vidéos, les photographies et dans l’art. Et par les images qui provoquent la réflexion et posent des questions au lieu d’offrir des réponses. C’est donc ce qui influence les vidéos, les images, les photographies et l’art sur lesquels je travaille, et pour moi c’est un processus tout à fait naturel. J’ai vraiment aimé le vidéoclip d’Ancient Chamber. J’ai travaillé avec un directeur qui s’appelle Christopher Mills. Je suis allée chez lui et nous avions défini les grandes lignes, mais le déroulement allait tout de même comporter des éléments de spontanéité, et c’est terrifiant, mais ça me permet aussi d’y aller en profondeur.

PAN M 360 : Vous allez offrir une performance virtuelle à Pop Montréal; comment vous êtes-vous préparée ?

Lou Canon : Je n’avais jamais fait de performance virtuelle, en partie parce qu’en tant qu’artiste, ça ne me correspond pas d’être assise au piano et de me filmer avec mon Iphone. Ce que j’apprécie de Pop Montréal, c’est qu’ils nous ont demandé de leur remettre la vidéo de la performance en avance, ce qui est formidable parce que ça enlève de la pression quant aux risques de problèmes techniques. Cela m’a aussi permis de présenter mon album dans un cadre qui ressemble plus à une scène au lieu de mon salon. Je suis vraiment chanceuse d’avoir un petit studio dans ma cour. J’ai acheté des rideaux rose puis j’ai commencé à plonger tête première dans cette performance. Cela m’a pris un certain temps pour me préparer parce que c’est également la première fois que je vais présenter l’album en spectacle. Mais ce fut vraiment agréable, et cette opportunité s’est présentée au bon moment étant donné que je me sentais découragée, venant tout juste de lancer un album et les auditeurs apparaissant sous forme de chiffres sur un écran. Il te manque tout l’aspect humain, ces interactions qui viennent avec le fait d’avoir créé une œuvre. Ce fut donc une belle opportunité et j’ai très hâte que ma prestation soit diffusée.

Ma famille m’a aidée : ce fut mon équipe technique ! Ma sœur était tout en haut d’une échelle avec une caméra, mon beau-frère Hayden, qui est également musicien, avait une caméra portative et mon mari avait une caméra fixe. Tout le monde m’a aidée à réussir ce projet tel que je le souhaitais. Et je souhaitais que ce soit une expérience spéciale, intime et semblable à celle que l’on aurait si l’on me voyait jouer dans un petit club.

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