×
art-punk / new wave / post-punk

En coulisse : La Sécurité nous ouvre son laboratoire DIY

par Stephan Boissonneault

Le bâtiment est vaste. L’extérieur ressemble à un bureau de poste abandonné, tandis que l’intérieur est un labyrinthe rempli de lofts d’artistes, d’entreprises indéterminées et d’espaces de répétition. Les couloirs semblent interminables, on peut facilement s’y égarer, comme ça m’est arrivé plusieurs fois. Après un tas d’essais à gauche et à droite, j’ouvre la porte d’un studio faiblement éclairé. Il y a cinq musiciens : deux guitaristes – chacune disposant de son propre ensemble de pédales –, un batteur, un bassiste et une chanteuse debout près d’un synthétiseur.

C’est La Sécurité, nouveau groupe art-punk composé de membres d’autres formations comme Chose Sauvages, Laurence-Anne (qui est l’une des guitaristes), Silver Dapple, DATES et Jesuslesfilles. J’apprendrai plus tard que le batteur, Kenny Smith, a son propre projet new-wave et post-artcore, Pressure Pin (lire notre critique ici).

La Sécurité est en train de répéter quelques chansons – des fulgurances post-punk qui sonnent un peu comme Blondie, Television et Devo – qu’ils ont écrites pendant qu’un homme vêtu d’une chemise noir et orange à manches courtes, Philippe Larocque de Mothland, court partout avec une caméra portative vieux modèle.

« Il nous filme en train de jouer, puis nous allons jouer à l’envers et ce sera la vidéo », explique le bassiste, Félix Bélisle. Il parle du nouveau clip bricolé pour Try Again, le deuxième simple qui fait suite à Suspens. Cette fois-ci, Try Again est chantée en anglais et menée une fois de plus par la chanteuse-claviériste Éliane Viens-Synnott.

La chanson a une atmosphère curieuse avec sa guitare noise-rock, sa basse mollo, sa ligne de synthé ludique, sa cloche à vache, ses wood-blocks et son rythme mécanique. Tout comme le premier simple Suspens, Try Again est plein de jeux de mots énigmatiques, une sorte de courtepointe de phrases sur l’euphorie et la paranoïa, toutes liées au thème de la conquête de l’échec. Vous pourriez l’interpréter à votre façon, mais Éliane Viens-Synnott admet que les paroles sont assez aléatoires et spontanées.

« J’ai l’habitude d’écrire d’une manière abstraite et poétique. Je dirais que des auteurs comme Jack Kerouac m’influencent, dit-elle. Finalement, tout le monde va accrocher aux chœurs, cependant. C’est l’objectif. »

La Sécurité a vu le jour lorsque Viens-Synnott et Bélisle ont commencé à faire quelques démos de basse et de synthés sur le logiciel Abelton. Ils ont recruté la guitariste Melissa Di Menna et ont dégoté Kenny, qui fréquente et fait DJ au le populaire bar punk-rock L’Escogriffe.

« C’était une sorte de lien psychique, dit Viens-Synnott. J’étais DJ à L’Esco il y a environ deux ans et nous avons commencé à discuter de musique, il m’a fait écouter son projet solo dément (Pressure Pin) et nous sommes devenus des copains. »

La Sécurité envisage d’enregistrer un album à l’automne. Pour l’instant, il semble que le groupe est prêt à essayer plein de trucs pour se faire connaître et faire entendre sa musique. Il suffit de regarder leurs stories pince-sans-rire sur Instagram, qui présentent des images de cônes orange, de panneaux de sortie, de nids-de-poule et ainsi de suite, le tout avec la légende « Restez en sécurité ».

« Nous sommes dans une période d’expérimentation globale, en ce moment, dit Viens-Synnott. Je ne suis même pas sûre de la façon dont ça se passera sur scène; c’est pourquoi nous voulions des chansons en français et en anglais. Je viens de l’Ouest, alors je veux pouvoir jouer des choses genre Sled Island (NDLR : festival de musique à Calgary) à un moment donné. »

Le premier concert de La Sécurité aura lieu à l’Entrepôt 77 lors de la deuxième série de concerts de Distorsion 2022, du 22 au 24 juillet.

Inscrivez-vous à l'infolettre