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Un artiste 2020, son choix 2020 (partie 1)

par Rédaction PAN M 360

Pour clore l’inénarrable année 2020, PAN M 360 vous propose une fois de plus l’éclectisme extrême. Pour votre plus grand plaisir, voici plus de 60 points de vue d’artistes de la musique de tous genres, de toutes générations et de toutes langues, d’origines locales, nationales et internationales.

Nous avons déployé nos antennes et lancé un appel rapide et plus d’une soixantaine d’artistes ont répondu ! Sans prétendre qu’il s’agit de leur album numéro 1 de 2020, leur choix a assurément marqué leur année. 

Est-il besoin d’ajouter que nous respectons et apprécions les goûts des artistes mis en ligne sur cette plateforme. Nous savons pertinemment que leurs fans seront ravis qu’ils les expriment sur PAN M 360, aussi sommes-nous d’autant plus honorés de cette généreuse collaboration. De surcroît, ces choix sont tout à fait complémentaires aux sélections de notre communauté !

En vous souhaitant une bonne année 2021, voici trois pavés de plaisir : un artiste 2020, son choix 2020 ! – Alain Brunet

Backxwash : Si l’année 2020 a été terrible pour bien des gens, ce ne fut pas le cas pour la rappeuse montréalaise d’origine zambienne qui a raflé le prix Polaris pour son acclamé album hip-hop noise expérimental God Has Nothing To Do With This Leave Him Out Of It.

Black Dresses – Peaceful As Hell (Blacksquares)

Le groupe Black Dresses continue d’être l’un des plus avant-gardistes. Mais pas uniquement, il y a une énorme aura d’amitié même dans les moments les plus sombres et c’est la bande sonore dont 2020 a besoin en ce moment.

Fuzz est un trio de Los Angeles, composé de Ty Segall (batterie, chant), Charles Moothart (guitare, chant) et Chad Ubovich (basse, chant). Fuzz a fait paraître III en octobre dernier sous étiquette In The Red Recording, un album qui prend les ingrédients essentiels de la « musique de guitares » et du « rock and roll power trio » et les met avec brio sur le billot. Voici ce que le leader de la formation Charles Moothart a le plus apprécié cette année.

Run the Jewels – RTJ4 (BMG/Jewel Runners/RBC)

« Cet album a été une formidable source de lumière durant cette année particulièrement sombre. J’adore tous les disques de la RTJ, mais celui-ci est une vraie bombe. Les paroles, la production, le flow… tout dans ce disque est incroyable. »

Cold Beat – Mother (DFA)

« Cet album est magnifique. J’ai toujours aimé les chansons d’Hannah (Lew), tant au plan de l’écriture que du chant. L’espace qu’on trouve dans la production est comme une grande bouffée d’air frais. Je me suis toujours senti privilégié de connaître Hannah, et ce disque me permet de poursuivre mon appréciation. » 

Gen Pop – Ppm66 (Post Present Medium)

« J’aime beaucoup la production et la qualité d’écriture des chansons de cet album. C’est agréable de voir des disques qui sont si personnels et originaux. On peut y reconnaître de nombreux styles d’écriture et diverses influences esthétiques, mais on ne sent jamais qu’il est copié. »


Eman fut de l’aventure Accrophone avec Claude Bégin, avant que les deux comparses joignent les rangs d’Alaclair Ensemble et poursuivent chacun une carrière solo de rappeur keb en parallèle du vaisseau amiral.

Larry June – Adjust to the Game

« Je place pas les albums en ordre d’importance dans ma vie, je trouve ça trop compliqué. Par contre, j’écoute plusieurs types de musique selon mes moods. Cette année, j’apprécie énormément le travail de Larry June. Commencez par Adjust to the Game. Le genre de vibe que tu veux dans ton radio cassette. »

Dominic Berthiaume de Corridor : 2020 aurait dû être l’année de Corridor (l’année de bien des gens en fait) après l’encensé Junior, paru en octobre 2019 sur Sub Pop. Le groupe art-rock montréalais a tout de même réussi à garder le momentum avec des clips, la réédition de l’album Supermercado et toutes sortes de choses reliées au groupe. Grand amateur de musique et journaliste à ses heures, Dominic Berthiaume (basse, voix) nous dévoile son coup de cœur de 2020.

Cindy Lee – What’s Tonight To Eternity (W.25th)

« What’s Tonight To Eternity n’est peut-être pas l’album que j’ai le plus écouté en 2020, mais il est certainement le plus jouissif. Chaque écoute m’amène à découvrir quelque chose de nouveau. Avec What’s Tonight To Eternity, Pat Flegel trouve le juste équilibre entre les expérimentations bruitistes et les mélodies pop/motownesques 60s qui caractérisent son travail des dernières années. Envoûtante, poignante, déroutante, introspective et parfois difficile, l’œuvre méritait, à mon avis, de se retrouver dans la courte liste du prix Polaris cette année. Du grand art ! »


Ellemetue a sorti En pays lointain il y a deux ans. On a fini par être titillé par cette poésie électro-rock et/ou krautrock d’expression française.

Jyoti (aussi connue sous son vrai nom, Georgia Anne Muldrow) – Mama, You Can Bet!

« Nous l’aimons bien pour son côté expérimental et jazz. Nous avions bien aimé aussi l’album Vweto II de cette artiste. »

Ela Minus : Attitude punk, sensibilité pop, allégeance électro, sensuelle rébellion, la jeune Colombienne a lancé en octobre dernier l’album Acts of Rebellion sous étiquette Domino. Composé, interprété en anglais ou en espagnol, arrangé, enregistré et réalisé par elle seule, cette œuvre vivifiante révèle une artiste complète.

Caribou – Suddenly

« Cet album m’a surprise à tous points de vue. Musicalement, il a repoussé les limites de mes goûts et sur le plan des paroles, à commencer par le titre, c’était on ne peut plus approprié compte tenu de la grande leçon qu’on a tirée de 2020. Nous pouvons tout perdre – ou tout gagner – en un clin d’œil. » 


Jasamine White-Gluz, alias No Joy, crée des paysages sonores à la fois mélodiques et écrasants, ponctués de grooves disco, trip-hop, trance, électro et même des charges nu-metal. Motherhood, nouvel album de la formation montréalaise, donne au shoegaze un second souffle dont il avait bien besoin.

Backxwash – God Has Nothing To Do With This Leave Him Out Of It

« Mon artiste préférée de l’année, qui a absolument tout écrasé avec cet album. Chaque fois que je l’écoute, j’entends quelque chose que je n’avais jamais entendu auparavant. J’ai très hâte d’entendre la suite, il n’y a pas de limites à ce qu’elle peut faire. » 

Jérôme Minière est un maître de la chanson post-moderne, ses textes, sa vision du monde. Ses choix référentiels l’ont mené très haut, ses réalisations de 2020 le démontrent une fois de plus.

M. Ward – Migration Stories

« M. Ward n’est pas un artiste que je suivais jusqu’ici, je suis tombé sur son album un peu par hasard et en ces temps particuliers. J’y suis revenu souvent et y ai trouvé un vrai réconfort, une chaleur, une élégance, de la délicatesse, une simplicité en surface, de la complexité en dessous. Sinon, ma découverte de l’année est l’artiste anglaise Rozi Plain, mais ses albums ne sont pas de cette année… Mes chansons préférées d’elle, sont Jogalong (2015) et Conditions (2019). Cette année, elle a justement sorti un remix de Conditions par Kieran Hebden (alias Four Tet), mais je préfère l’original ! »


Simon Angell fut un guitariste crucial pour Patrick Watson avant de fonder l’excellent groupe Thus Owls avec sa compagne Erika Angell.

Alabaster DePlume – To Cy & Lee: Instrumentals Vol.1 ; Mr. Bungle – The Raging Wrath of the Easter Bunny Demo ; Brahja – Brahja

« Impossible d’avoir un seul top album pour moi. Comment comparer Kendrick Lamar avec David Bowie ou Tim Hecker ? Alors, je te donne mon top 3… Dans aucun ordre partculier : Alabaster DePlume, To Cy & Lee : Instrumentals Vol.1 ; Mr. Bungle, The Raging Wrath of the Easter Bunny Demo ; Brahja, Brahja (pour être juste, celui-ci est sorti à l’automne 2019, mais compte tenu de cette année de merde, je pense que bien des disques qui sont sortis fin 2019 ont été perdus dans la mêlée et devraient être pris en considération). »

Laroie, c’est l’autrice-compositrice et chanteuse montréalaise Gab Godon, également connue au sein du tandem Heartstreets. Avec ses enregistrements mis au point de concert avec Robert Robert, elle propose un raffinement certain aux domaines de la synth-pop et de la soul-pop. 

Emmavie & Alfa Mist – Epoch

« Cet album m’accompagne depuis le début de la pandémie et ne m’a pas quittée depuis. J’ai découvert deux artistes que je ne connaissais pas vraiment et je suis tombée en amour avec la manière nonchalante dont Emmavie raconte ses histoires et partage son énergie. » 


Yonatan Gat : Habitué des scènes montréalaises, le guitariste hors-normes de Tel-Aviv, relocalisé depuis plusieurs années à New York, travaille sur un autre album en collaboration avec les Eastern Medicine Singers et d’autres musiciens traditionnels d’Amérique du Nord et du Sud. 

Mourning [A] BLKstar – The Cycle (Don Giovanni)

« C’est un super collectif de Cleveland. J’en ai entendu parler par Joe Steindhardt, le type qui dirige leur label, Don Giovanni. Pour moi, c’est le meilleur nouveau disque que j’ai entendu cette année. Il ressemble à de la soul music, mais il saute entre les styles d’une manière que j’aime, de façon totalement libre. Ils font vraiment leur propre truc. »

Marie-Pierre Arthur, bassiste, autrice, compositrice, réalisatrice, mène une carrière solo de plus en plus importante. Des feux pour voir, son plus récent album, sorti au début de 2020, a récolté son lot d’éloges. 

Moses Sumney – Græ

« Ce disque ne se définit pas… tout y existe. C’est un album qui n’a pas de limite ni de forme. Ça touche autant le cœur que l’esprit. C’est une musique expérimentale mais il nous y emmène par des chemins connus. Des sensations de soul ou de psychédélique pendant que la pièce est complètement éclatée. Et il peut chanter dans tous les registres. Le genre d’album où il y a tellement de choses qui se passent qu’on peut l’écouter sans cesse et y découvrir toujours du nouveau. C’est du travail de génie ! »


Marie Gold est désormais une figure de proue du rap keb, une des trop rares femmes MC à faire profiter son indéniable talent au hip-hop franco.

Doja Cat – Hot Pink

« Cette artiste qui allie chant et rap, en plus d’avoir un style complètement disjoncté et décomplexé, a vraiment illuminé mon année 2020. » 

Lance Phelps (The Spits) : Le batteur a réintégré le groupe de Kalamazoo pour la création d’un court mais intense nouvel effort. Spits VI est sans contredit l’un des meilleurs albums punk des dernières années.

Digital Leather – New Wave Gold ; King Khan – The Infinite Ones

« J’ai toujours aimé les disques de Digital Leather, qui a trouvé la clé pour créer une dance music audacieuse à base de synthés ambient. J’ai aussi beaucoup aimé le jazz de forme libre de notre ami King Khan ! »


Carla Blanc est le projet solo de Charles des Dear Criminals, un des groupes les plus intéressants de Montréal et dont chaque membre aménage son univers sonore.

Yussef Dayes & Tom Misch – What Kinda Music

« Parce que c’est l’album que j’ai le plus écouté cette année, mon choix d’instinct s’arrête sur What Kinda Music. Catégorie : aromatique et charnu. Je suis de la génération où aimer un album en entier était “cool” et je me tanne juste pas de celui-là. À chaque écoute un nouveau détail me hook et me donne le feeling de le redécouvrir, comme toujours sur le qui-vive d’une première date. Le côté collectif est perméable; le South London jazz de Dayes (et les succulentes collabs) repousse dans ses confins la pop londonienne parfois convenue de Misch (qui m’a toujours laissé un peu indifférent avant cet album), alors que lui retient habilement les excès du drummer virtuose qui, laissé à lui-même, a tendance à nous noyer vite dans un crémage indigeste. Le tout me remplit à coup sûr d’un mood sexy-élégant parce que riche mais dosé, catchy et deep, jamais consensuel. »

Nikki Belfiglio est la chanteuse de la formation art-punk new-yorkaise Bodega, dont le prochain album sera lancé fin 2021. Un film créé par Nikki et son copain et chanteur-guitariste de Bodega Ben Hozie, PVT CHAT, sortira sur la plupart des plateformes le 5 février prochain.

DEHD – Flowers of Devotion (Fire Talk)

« J’aime les paroles brutales sur fond de musique chaleureuse, un peu comme mon préféré ces dernières années, Purple Mountains. Il n’y a rien de tel que de retrouver le sourire quand on a traversé des épreuves – la joie comme acte de résistance. Écouter cet album, c’est comme flotter paresseusement sur une rivière l’été pendant que, depuis la rive, quelqu’un lance des couteaux en direction de votre radeau gonflable. Séduisant et tendu. »


Mathieu Gaudet est une autre illustration du lien qui unit musique et sciences : pianiste de haut niveau et médecin urgentologue, en plus d’être père de trois enfants. Mathieu Gaudet a une trajectoire atypique.

Quatuor Van Kuijk & Adrien La Marca (alto) – Quintettes de Mozart

« Ce sont des œuvres peu jouées et peu connues, développées et complexes, parmi les plus magistrales de Mozart, et ici superbement jouées ! »

Alan Prater: Chanteur, également trompettiste et tromboniste, le Montréalais d’adoption a fait partie de plusieurs formations d’allégeances funk, R&B et jazz, la mieux connue demeure The Brooks dont il est le frontman.

Childish Gambino – 3•15•20

« Cet album que j’ai découvert tout récemment a retenu mon attention. Childish Gambino n’a pas peur de prendre des risques (sur le plan sonore, mélodique). Et parfois, il aborde le R&B d’un angle différent. Le fait qu’il déjoue les règles est ce que j’aime le plus dans cet album et chez cet artiste. »


Georgette est le char flambant neuf de la chanteuse Emily Skahan, précédemment associée au groupe Motel Raphaël.

Peter Peter – Super Comédie ; Calamine – Boulette Proof

« Paroles sombres, musique tendre et méditative, c’est un vrai chef-d’œuvre ! Une autre belle découverte cette année pour moi, c’est la rappeuse Calamine. Son album Boulette Proof, sorti en novembre, est riche en poésie et rafraîchissant pour le rap keb. Je crois qu’on avait besoin d’elle cette année. »

Franck Camus est le batteur du groupe de métal montréalais Hybrid Chaos.

Napalm Death – Throes of Joy in the Jaws of Defeatism

 «J’ai deux coups de cœur, qui viennent en plus de la même ville, Birmingham, mais ce sera Throes of Joy in the Jaws of Defeatism de mon band fétiche Napalm Death, qui sait encore comment nous botter le cul avec un album toujours aussi brutal (l’autre groupe est Anaal Nathrakh). »


Sessa : après son départ du trio de Yonatan Gat, le bassiste brésilien a surpris tout le monde en 2019 avec Grandeza, un album de samba, bossa nova et autres douceurs brésiliennes qui contrastait totalement avec la fureur de son groupe précédent.

Kiko Dinucci – Rastilho

« Mon disque préféré cette année est Rastilho de Kiko Dinucci, sorti au début de l’année 2020, parce que ce sont de bonnes vibrations pour ces temps difficiles. »

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