×

Top 20 des rééditions de 2020

par Rédaction PAN M 360

De toutes les rééditions parues cette année qui nous sont passées entre les mains, nous en avons retenu vingt couvrant un peu tous les styles et aux horizons variés. À vous maintenant de les (re)découvrir.

On ne réédite pas un album mauvais ou moyen, non, on réédite les albums magiques, classiques, mythiques, sous-estimés, les albums clés, ceux qui ont marqué leur époque pour les bonnes ou les mauvaises raisons… C’est donc pour dire qu’une réédition, c’est toujours une fête puisqu’on y retrouve presque chaque fois une version bonifiée d’un album qu’on a aimé, avec parfois des chansons (et infos et photos) inédites, différents mixes, chutes de studio, ou alors des morceaux oubliés, disparus, introuvables que des passionnés ont compilé pour notre plus grand bonheur. – Patrick Baillargeon

Beverly Glenn-Copeland – Keyboard Fantasies

Pays : Canada / États-Unis
Label :
Transgressive
Genres et styles :
électronique / folk / gospel / new age / ambient / dream pop expérimentale
Date de sortie :
25 septembre

Keyboard Fantasies est un chef-d’œuvre de 1986 écrit pour et interprété sur un Yamaha DX-7 et un Roland TR-707. Il n’avait jamais été largement diffusé et constituait une sorte de Graal à redécouvrir pour les véritables mélomanes. C’est désormais chose faite, et vous n’aurez plus aucune excuse pour ne pas connaître cette merveille de zénitude légère, bienveillante et parfois doucement pimpante. Les geeks de Glenn-Copeland qualifient souvent Keyboard Fantasies de bijou New Age. En ce qui me concerne, s’il s’agit de New Age, c’est dans sa frange expérimentale que cet album se situe. – Frédéric Cardin

Yanti Berasaudra – Yanti Berasaudra

Pays : Indonésie
Label : La Munai
Genres et styles : asiatique du Sud-Est / pop psychédélique
Date de sortie : 7 juillet

Paru en 1971 sous étiquette Polydor Singapour et ressuscité par le label La Munia de Jakarta, ce dernier album éponyme du trio vocal Sundanais des sœurs Yani, Tina et Parlina Hardjakusumah n’a rien perdu de son charme un demi-siècle plus tard. Toute impression de désorientation pouvant être ressentie par un Occidental en raison de la langue ou de l’échelle heptatonique du pelog de cette région de l’Indonésie est très vite balayée par ce mélange luxuriant de guitare, d’orgue, de vibraphone et de chant céleste qui fait se demander comment on a pu s’en passer tout ce temps. – Rupert Bottenberg


Nails – Unsilent Death (10th Anniversary Edition)

Pays : États-Unis
Label :
Southern Lord Records
Genres et styles :
grindcore / death metal / hardcore
Date de sortie :
27 novembre

Parlez-moi d’une réédition qui en met plein les oreilles ! Au premier disque du groupe grindcore ‘n’ roll californien on a ajouté les trois chansons du 45 tours Obscene Humanity (2012) et deux morceaux enregistrés en même temps qu’Unsilent Death. Ça décape, c’est dansant et ça met de bonne humeur. – Christine Fortier

Jeremiah Sand – Lift It Down

Pays : États-Unis
Label : Sacred Bones
Genres et styles : folk / alternatif / psychédélique
Date de sortie : 30 octobre

L’histoire derrière cet album est peu commune. Jeremiah Sand, pseudo prophète hippie à l’égo démesuré, décide d’élire domicile dans un studio proche de la ville de Redding pour « réaliser sa vision » avec sa communauté The Children of The New Dawn. Après plusieurs années de squat, les choses tournent évidemment mal entre la drogue et des histoires de disparition et même de meurtre, ce qui les oblige à quitter le studio sans jamais terminer l’album. Sacred Bones ressort cet artefact incongru d’un homme soi-disant éveillé, très certainement allumé, voire dérangé. – Louise Jaunet


Lil Peep Hellboy

Pays : États-Unis
Label :
AUTNMY
Genres et styles :
hip-hop / emo rap / alternatif
Date de sortie :
25 septembre

La réédition à titre posthume de Hellboy (2016) par la succession de Lil Peep permet à la première mixtape de l’artiste d’être vendue sur les plateformes numériques. Celui qui a pratiquement inventé le emo rap (du moins, il en a été l’une des icônes les plus proéminentes) est également devenu l’un des artistes les plus en vogue sur SoundCloud grâce à cette mixtape enregistrée dans un loft à Skid Row. Témoignant de ses luttes internes avec des paroles nihilistes et cyniques, elle est la plus complète de sa jeune carrière. – Roxane Labonté 

Pauline Oliveros, Stuart Dempster, Panaiotis – Deep Listening

Pays : États-Unis
Label : Important Records
Genres et styles : ambient / improvisation / contemporain
Date de sortie : 31 janvier

Enregistré dans une citerne aux propriétés acoustiques prodigieuses, ce disque propose une expérience immersive à nulle autre pareille. Imaginez, la réverbération y dure près de 45 secondes ! Les instruments à l’honneur sont l’accordéon, le trombone, le didjeridoo, la voix, le sifflement ainsi que la conque, quelques bouts de tuyau et de métal en guise de percussion et un tronçon de boyau d’arrosage. Un véritable classique du genre qui vient d’être réédité pour la première fois depuis sa parution en 1989, dans une version vinyle rematricée avec trois pièces supplémentaires, enregistrées au même endroit mais avec une clarinette en plus, tirées d’un album du Deep Listening Band de 1991. – Michel Rondeau


Edikanfo The Pace Setters

Pays : Ghana
Label :
Glitterbeat
Genres et styles :
afrobeat / disco / funk / highlife
Date de sortie :
8 mai

Parmi les explorations africaines de l’emblématique magicien du son Brian Eno au tournant des années 80 figure la production de ce premier (et malheureusement dernier) album de l’octuor ghanéen Edikanfo. L’épisode que traversait le Ghana à cette époque ajoute une note tragique à ce vestige d’une carrière écourtée. La palette panafricaine d’Edikanfo réunit le bouillonnant highlife et l’irrésistible rythmique de l’afrobeat avec un soupçon d’ethio-jazz et de disco. Entre les choix inspirés de la formation et les habiles manipulations d’Eno, The Pace Setters est une capsule témoin indispensable d’un groupe qui aurait pu connaître un très grand succès. – Rupert Bottenberg

Paul Tortelier: RIAS Recordings – Paul Tortelier, Lothar Broddack, Klaus Billing

Pays : France
Label : Audite
Genres et styles : classique / baroque / romantique
Date de sortie : 7 février


Tortelier était un violoncelliste d’exception. Cette réédition nous le présente sous son meilleur jour, bien entendu, avec de superbes lectures de chefs-d’œuvre (Bach, Fauré, Schumann, Kodaly…). Beaucoup de musique de chambre ici, avec des prises de son qui étaient déjà très bonnes à l’époque. On ne peut demander mieux. – Frédéric Cardin


Global Communication Transmissions

Pays : Royaume-Uni
Label :
Evolution
Genres et styles :
ambient / downtempo / électonique / house / IDM
Date de sortie :
20 octobre

Au début des années quatre-vingt-dix, le duo britannique Global Communication opérait une petite révolution en amalgamant l’ambient, la techno et la IDM alors naissante. Le coffret Transmissions regroupe le désormais classique 76:14, Pentamerous Metamorphosis qui est une reconstruction du Blood Music de Chapterhouse ainsi qu’une collection de simples et de pièces remixées. Un essentiel pour tout fanatique d’électro. – Steve Naud

Jon Hassell – Vernal Equinox

Pays : États-Unis
Label : Ndeya
Genres et styles : jazz / avant-garde / expérimental / râga
Date de sortie : 20 mars


Enregistré d’octobre 1976 à octobre 1977, en partie dans un studio de l’Université York à Toronto, et paru l’année suivante, Vernal Equinox est l’occasion d’entendre Hassell à ses tout débuts. Bien qu’on sente l’influence du Miles Davis des années 70, Hassell a déjà sa façon bien à lui de trafiquer le son de sa trompette et surtout de développer ses pièces méditatives à la manière des râgas indiens. C’est ce disque qui attira l’attention de Brian Eno, avec lequel il réalisera ensuite Fourth World Vol. 1 – Possible Musics.  – Michel Rondeau


Moon Duo Escape (Expanded Edition)

Pays : États-Unis
Label :
Sacred Bones
Genres et styles :
psychédélique / krautrock
Date de sortie :
12 juin

Pour souligner les dix ans du premier album de Moon Duo, Sacred Bones offre une réédition à laquelle s’ajoutent trois morceaux inédits. Le premier, Motorcycle, I Love You, résume à lui seul la discographie du groupe. Soutenu par un rythme motorique, le vaisseau spatial Moon Duo nous propulse dans ce tourbillon infernal de guitare colorée et fuzzée qui nous transporte immanquablement dans une exploration cosmique enivrante bien à eux. – Louise Jaunet

The Staple Singers – Come Go With Me: The Stax Collection

Pays : États-Unis
Label : Craft
Genres et styles : gospel / soul
Date de sortie : 21 février

La musique soul tire son inépuisable force de la collision entre le samedi soir et le dimanche matin, les anges et les démons… le blues et le gospel. Avec leurs puissantes exhortations pop-gospel de la fin des années 60, Roebuck « Pops » Staples et ses enfants (dont Mavis, qui plus tard deviendra elle-même une grande star) ont magnifiquement exprimé un sentiment pressant à cette époque tumultueuse de bouleversements sociaux, le tout tonifié par un optimisme frondeur. Comme l’étiquette sur la boîte indique « Stax », vous savez que ce qu’il y a à l’intérieur peut faire se trémousser sérieusement. Avec ce coffret de sept disques et son livret de notes détaillées et bien documentées, la famille Staple a enfin obtenu ce qui lui était dû, et en grand. – Rupert Bottenberg


Wilco – summerteeth (Deluxe Edition)

Pays : États-Unis
Label :
Rhino
Genres et styles :
pop / rock / pop de chambre / garage rock / rock baroque
Date de sortie :
6 novembre

Pour Jeff Tweedy et sa troupe post-Uncle Tupelo, summerteeth est l’album où l’alt-country céda le pas au rock néo-baroque de garage. Rappelons la contribution cruciale de feu Jay Bennett à cette réussite. Vingt et un ans plus tard, on nous en sert une foisonnante Deluxe Edition en quatre volets : 1) contenu du bon vieux CD, 2) fricassée de démos, prises de rechange et chutes de studio, puis 3) et 4), concert râpeux en diable enregistré à Boulder, Colorado, en novembre 1999 où l’on entend, outre les pièces de summerteeth, quelques-unes des reprises de Woody Guthrie de Mermaid Avenue, ainsi que des extraits d’A.M. et de Being There. Vous vous souvenez de Scanners, le film de Cronenberg où les têtes éclatent comme des pastèques gonflées de méthane ? C’est ce que craint le wilcologue confronté à tant de félicité. – Luc Marchessault

Artistes variés – The Blue Coxsone Box Set

Pays : Jamaïque / Royaume-Uni
Label : Soul Jazz
Genres et styles : ska / rocksteady / reggae
Date de sortie : 10 juillet

All Stars, C&N Productions, D Darling, Downbeat, Muzik City, N.D. Records, Supreme, Worldisc, Coxsone ou encore Studio One, de toutes les étiquettes de disques fondées par le légendaire producteur Clement « Coxsone » Dodd, la fameuse étiquette bleue (Blue Coxsone), parue à la fin de 1967, sera sûrement celle qui passionnera le plus le cercle des collectionneurs. Cette année, Studio One a fait paraître un coffret en édition limitée de six de ses 45 tours ska les plus rares et leur version CD, incluant des artistes tels Joe Higgs, Winston Jarrett, The Soul Vendors et The Melodians, avec en prime des chansons obscures et même inédites. Il est quand même incroyable que ces archives mythiques livrent encore, plus de 50 ans plus tard, autant de petits trésors inédits. Du bonbon ! – Richard Lafrance


Artistes variés – Nome Noma

Pays : Canada (Québec)
Label :
Trésor National
Genres et styles :
new wave / post-punk / power-pop / punk / synth-wave
Date de sortie :
29 août

Si la moitié de la planète a succombé à la new wave vers la fin des années 70 et début 80, le Québec n’a certes pas été en reste. Cependant, hormis le succès d’artistes tels que Men Without Hats et Rational Youth, il en est qui sont toujours demeurés dans l’ombre. Cette compilation leur rend enfin justice. Agrémenté d’un livret de 16 pages, Nome Noma présente 13 titres obscurs en anglais ou en français, aux couleurs power-pop, punk, glam, cold wave et synthpop; une compilation essentielle qui témoigne de l’originalité et surtout de l’effervescence de cette petite scène encore aujourd’hui trop méconnue. – Patrick Baillargeon

Hiroshi Yoshimura – Green

Pays : Japon
Label : Light in the Attic
Genres et styles : ambient / électronique / new age
Date de sortie : 20 mars


Grâce aux chercheurs de trésors du label Light in the Attic, le public occidental peut enfin découvrir la musique environnementale japonaise. Paru initialement en 1986, Green de Hiroshi Yoshimura (1940-2003) est l’un des albums clés du genre. Les paysages zen épurés qu’y ont dessiné les synthétiseurs du musicien apaisent les oreilles, le cœur et l’âme. – Steve Naud


Wormwood – Ghostlands: Wounds From a Bleeding Earth

Pays : Suède
Label :
Non Serviam
Genres et styles :
black metal / folk metal
Date de sortie :
28 février

Le groupe black metal mélodique suédois est sur mon écran radar depuis l’écoute de Nattarvet (2019). Black Lodge Records a eu la bonne idée de rééditer son premier album paru en 2017. Les influences folk et viking sont plus présentes et les douze chansons sont empreintes d’une mélancolie qui les rend mémorables. – Christine Fortier

Mort Garson – Music from Patch Cord Productions

Pays : États-Unis
Label : Sacred Bones
Genres et styles : expérimental / ambient
Date de sortie : 6 novembre

Pionnier de la musique électronique des années 60 et 70, Mort Garson est l’un des premiers magiciens du son à composer de la musique avec des synthétiseurs Moog. Sacred Bones lui rend hommage en rééditant ses étranges morceaux proto-new age intemporels, ludiques et hypnotisants, qui pourraient aussi bien servir de trame sonore pour un jeu vidéo Pokémon que pour un film d’animation comme La Planète sauvage. – Louise Jaunet


George Szell – The Warner Recordings 1934-1970

Pays : Hongrie
Label :
Warner Classics
Genres et styles :
classique / romantique
Date de sortie :
30 octobre

Szell est le chef d’orchestre que vous devriez connaître, encore mieux que Karajan ou Klemperer. Oui, ces derniers sont extraordinaires, mais Szell était différent. Pensez au mouvement de la musique baroque qui a ramené le goût de l’authenticité dans les interprétations. Bien avant cela, Szell faisait sonner ses orchestres comme cela, alors que les autres restaient encore fidèles au gigantisme la plupart du temps. De 1934 à 1970, il y a beaucoup de musique, dont les fameux concertos pour piano de Beethoven avec Gilels comme soliste. En prime, des perles inédites. – Frédéric Cardin

Coil – Musick to Play in the Dark

Pays : Royaume-Uni
Label : Dais Records
Genres et styles : industriel / expérimental / dark ambient
Date de sortie : 27 novembre

Sous la supervision de deux anciens membres du groupe, Drew McDowall, qui y signe ses derniers albums, ainsi que Thighpaulsandra, Dais Records a mené à bon port la réédition de cet album originellement paru en 1999. Il s’agit assurément de l’un des meilleurs du groupe, emblématique de sa période de « musique lunaire » (moon musick). Notons une panoplie de vinyles aux éditions toutes plus limitées les unes que les autres, incluant les versions complètes et inédites de chaque pièce. – Geneviève Gendreau

Inscrivez-vous à l'infolettre